Lun 11 nov 2002 22:42

L'unilatéralisme d'Amnesty
Par Pierluigi Battista

LA STAMPA, le 8 octobre 2002



Il faut sauver Amnesty International. Le sauver de lui-même. L'histoire de cette recommandable association internationale, fondée pour protéger les droits de l'homme en tout lieu, est riche en gloire et courage.Partout ou sévit l'injustice, Amnesty l'expose immédiatement, trop souvent seul a le faire, considéré comme ingérant par des gouvernements.


En Orient comme en Occident, chez les régimes militaires des guérilleros d'Amérique du Sud et dans les pays de l'Europe communiste, dans le tiers monde mais aussi en Occident libéral, partout ou les prisons, les magistrats et les interrogateurs ont franchi la ligne rouge des sévices contre les faibles, Amnesty International était présent, avec force dossiers et données. Merci Amnesty.


Sauf que cette organisation a subi ces dernières années une mutation génétique aussi imperceptible que dévastatrice, qui a modifie son identité. La direction de l'association semble dominée par une obsession anti israélienne qui la dénature et qui mine ce qui a été a la base de son succès: l'absence de vision tendencieuse, l'équanimité généreuse, la mise a l'écart de tout soupçon d'unilatéralisme.


Ces derniers jours Amnesty s'est mis à porter des coups a Israël sur l'affaire de Jenine. Ce qui s'est passe a Jenine n'est pas clair, et ce fut d'ailleurs l'ONU qui a remis a sa place l'image du "massacre" tel qu'il a été véhicule dans un premier temps par la presse.


Mais est-il possible que le seul coupable du sort des civils soit la démocratie israélienne? Est-il possible qu'Amnesty n'ait pas une seule parole à prononcer a propos des centaines de civils israéliens assassines par les terroristes suicidaires?


Est-il possible qu'il ne se trouve pas un seul mot d'indignation ou d'horreur lorsque ceux que l'on qualifie de "collaborateurs" palestiniens sont lynches, puis leurs cadavres soumis a la foule dechaînée en présence de la complaisante Autorité Palestinienne de Yasser Arafat?

En 2001, a Durban en Afrique du Sud, dans le cadre d'une conférence internationale parrainée par l'ONU, on a distribué en guise de démarche anti israélienne les textes les plus obscènes de l'antisémitisme, a commencer par les "Protocoles des Sages de Sion". Choquee, la délégation israélienne avait demande aux représentants d'Amnesty de prendre la défense des juifs (je dis bien des juifs, pas seulement d'Israël) face a cette agression abominable. Mais Amnesty avait détourne son regard, assujetti qu'il est par le nouveau "politiquement correct", qui requiert la condamnation rituelle d'Israël et la justification idéologique de la terreur intégriste. Ce jour la, Amnesty n'était plus lui-même. Rendez nous Amnesty tant qu'il est encore temps.


(Traduction: Yigal Palmor)
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