Accueil   Les Infos Envoyez l'adresse du site à un ami   retour
Textes Courriers Liens Dérapages Emails rédactions Dates Presse Archives Metula News Agency
La télévision palestinienne glorifie jour et nuit les "martyrs"

GAZA, 26 oct (AFP) 12h26

Cet enfant lance des pierres, on va lui briser les os", disent en sous-titres, en arabe et en anglais, deux soldats israéliens en position de
tir sur un clip de la télévision palestinienne qui passe en boucle, jour et nuit.

D'autres enfants palestiniens lancent ensuite des pierres contre eux et les soldats israéliens disent cette fois: "on va les exécuter".

La télévision palestinienne (PBC), en diffusant ce montage d'images réelles et de sous-titres inventés, montre à quel point le rajout de texte peut amplifier la force de l'image.

Depuis le début de l'Intifada, le gouvernement israélien accuse les media palestiniens --notamment la radio et la télévision, qui sont contrôlés par l'Autorité palestinienne de Yasser Arafat d'inciter les jeunes Palestiniens à la violence.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le siège de la Voix de la Palestine, la radio officielle, à Ramallah (Cisjordanie) avait figuré parmi les cibles des raids aériens israéliens du 12 octobre consécutifs au lynchage de deux soldats israéliens. La radio était toutefois parvenue à reprendre ses émissions quelques heures plus tard.

Le long clip diffusé par la télévision depuis le début des affrontements qui ont suivi la visite du leader de la droite israélienne, Ariel Sharon, le 28 septembre sur l'Esplanade des mosquées à Jérusalem glorifie avec emphase les "shahid" (martyrs) et l'Intifada contre "l'occupant israélien".

Les images véhiculent la violence de la réalité: des enfants tués par des tirs israéliens à balles réelles, dans la tête et la poitrine, de grandes funérailles et manifestations mêlant douleur et colère.

Maisons détruites, vieux qui pleurent. La mosquée Al-aqsa à Jérusalem, le Lieu saint pour lequel les "martyrs" meurent, est souvent montrée.

Le clip souligne aussi avec insistance la réelle et écrasante disproportion des moyens militaires et des techniques de combat entre des groupes désordonnés de jeunes lanceurs de pierre et de cocktails Molotov et les soldats israéliens, organisés et efficaces comme sait l'être l'une des meilleures armées du monde. Même si ces soldats ne sont visiblement pas entraînés pour contenir des manifestations de rues.

Des chants arabes s'enchaînent à des musiques de films à grand spectacle qui rajoutent avec grandiloquence au drame qui se joue quotidiennement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

"Ce film est destiné à sensibiliser la population, pas à l'inciter au soulèvement comme nous en accusent les Israéliens", se défend le directeur-général de l'Information et des programmes de la PBC, rencontré au siège de la télévision à Gaza, Maher Arayez.

Pour les journaux d'information, en arabe, en anglais et en français, "nous parlons en premier des martyrs quotidiens pour glorifier leur sacrifice", dit-il.

"Nous donnons leur nom, leur âge et nous faisons des reportages sur la douleur de leurs parents et amis", dit le directeur de la télévision.

"Après, nous donnons la parole à l'Autorité palestinienne, diffusons les déclarations d'Arafat et les communiqués. Nous faisons ensuite le tour des violences en Palestine, puis nous donnons les réactions du monde arabe et du reste de la communauté internationale", explique M. Arayez.

La presse écrite glorifie également les martyrs. Les trois principaux quotidiens palestiniens, Al Qods, Al Ayyam et Al-Hayat Al-Jadida, publient ainsi énormément de photos des violences, des affrontements aux blessures, jusqu'à la mort et aux funérailles des "martyrs".

Al Ayyam (Le Jour) publie ainsi quotidiennement et sur chacune de ses pages la photo du petit Mohamed, tué dans les bras de son père le 1er octobre à Netzarim, dans la bande de Gaza, et dont la mort, filmée par un cameraman de la chaîne France-2, a bouleversé le monde entier.
voir photo du lieu           
voir article sur le journaliste de France 2