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La Syrie et droits de l'homme
Ygal Palmor
Document d'information 13 juin 2002

Voici les derniers développements dans le domaine des violations des droits de l'homme en Syrie :


  1. Nizar Nayouf, journaliste, prisonnier politique, est arrêté en 1992 et est condamné à dix ans de prison ferme pour avoir rédigé une affiche dénonçant les atteintes aux droits de l'homme en Syrie. Nayouf est rédacteur en chef de la revue « La Voix de la Démocratie », qui est publié par le conseil de protection des libertés démocratiques de Syrie. Il gagne de nombreux prix de journalisme en Occident, y compris le prix de la « Plume d'or de la liberté » attribué par l'UNESCO. Selon Nayouf et l'organisation des Journalistes sans frontières, il a été privé, pendant neuf ans en prison, de soin médical approprié, il a de graves problèmes de santé et est atteint d'un lymphome qui n'a pas été soigné. Nayouf attribue sa libération de prison le 14 mai 2001 à « des pressions internationales sur la Syrie », suite à l'intervention du pape. Il affirme avoir été assigné à domicile et avoir été interdit de conversation avec son avocat et que sa ligne téléphonique a été coupée et n'a été rétablie qu'après qu'il s'en soit plaint sur la BBC. Il s'est plaint du fait que le verdict décidait de le priver de tous ses droits civiques pendant dix ans à compter de sa libération. Il se trouve actuellement en France, où il obtient des soins médicaux, agit en faveur des droits de l'homme en Syrie et critique le régime syrien. Sa famille en Syrie fait l'objet de harcèlement constant de la part des autorités : on leur coupe le téléphone, on retarde et on complique leurs démarches auprès des services gouvernementaux et ministériels, ils sont suivis et reçoivent des visites des forces de sécurité...


  2. Les activistes des droits de l'homme et du citoyen sont importunés :

    Mohammed Anjarini, le conseiller juridique de la « commission syrienne pour les droits de l'homme », a pris une part active dans les grèves sur le tas des syndicats en 1980 et a été arrêté par les autorités. Malgré cela, il a réussi à s'évader de Syrie et depuis avril 1980 a vécu en exil jusqu'à sa mort en novembre 2000 à Zarka en Jordanie. Le régime syrien a arrêté trois de ses fils et les a détenus en otages pour qu'Anjarini se rende. Jusqu'au jour d'aujourd'hui, on ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de ses trois fils. L'avocat Iktham Naissa, président de la « commission syrienne pour les droits de l'homme » est régulièrement importuné et on le prive de passeport, de carte d'identité, de permis conduire.


  3. Détenus libanais ; il existe différentes versions concernant le nombre de détenus politiques libanais en Syrie. La plupart des communiqués, dont les estimations des organisations internationales pour la défense des droits de l'homme, affirment qu'il y aurait 120 détenus politiques libanais en Syrie, mais l'organisation Solida, qui agit du Liban et d'Europe pour la libération des détenus politiques libanais, affirme qu'il y en aurait 1200, comme l'ont affirmé certains journaux.


  4. Détenus jordaniens ; selon un citoyen jordanien, libéré de la prison syrienne en avril 2000, il y aurait douze citoyens jordaniens qui seraient encore détenus dans la prison de Sadnaieh, accusés de coopération avec les services de renseignements jordaniens. Selon lui, ils se sont rendus en Syrie en tant que touristes et y ont été arrêtés. Les autorités syriennes veulent diminuer le nombre de détenus arabes dans leurs prisons, et c'est pourquoi 136 détenus politiques on été libérés récemment, dont des étrangers et la prison Tadmor a été fermée. Selon les estimations jordaniennes, environ 830 détenus politiques se trouveraient actuellement incarcérés dans les prisons syriennes.


  5. La minorité kurde ; Hussein Daoud est un Kurde détenu sans avoir été jugé depuis qu'il est arrivé en Syrie en provenance d'Allemagne en décembre 2000, ce cas est suivi par l'ambassade d'Allemagne à Damas ; Ibrahim Naassan Bin Abdou a été arrêté début janvier à cause de son intérêt pour la société et la culture kurde.


  6. En août 2001, le régime syrien a pris une série de mesures pour faire taire la critique de l'opposition des membres du parlement. Ainsi, début septembre, le député Maamoun Alhamsi et le président du parti communiste Riad al Tourk ont été arrêtés ; ils ont également été interdits d'action dans des forums socio-politiques dont l'existence avait été autorisée dans le cadre d'une réforme politique réduite, quelques mois auparavant. La critique croissante du régime suite à cet événement s'est exprimée également au cours de la réunion du « forum de dialogue national » sans autorisation des autorités, suite à l'arrestation d'autres activistes, dont le député Riad Sif, ancien conseiller du président Hafez el-Assad, Aref Dalila et d'autres encore au « forum de dialogue national ». Lors des procès de ces détenus, ont été arrêtés des membres de leurs familles qui étaient présents à l'audience. L'avocat de Riad Sif, Habib Issa, a été arrêté le 12 septembre 2001 (ce sujet est suivi par le parlement européen et l'union parlementaire internationale, dont les représentant s'efforcent d'assister aux procès.) Le 27 février 2002, le ministère des Finances syrien a annoncé la saisie de tous les biens de Alhamsi, et sans aucun lien avec les accusations portées contre lui il peut être arrêté. Il a été affirmé qu'il devait des sommes en vertu des bénéfices de sa société en 1992-95. Alhamsi affirme qu'il s'agit d'accusations concernant une société qui n'existe pas.