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LE TITRE de la UNE de LIBERATION du 16 octobre 2000: A la veille du sommet de Charm el-Cheikh, notre sondage révèle que les Français rendent majoritairement Israël responsable d’une crise qui les inquiète.

En page 6 intérieure

Il y a deux fois plus de Français pour attribuer «la plus grande responsabilité dans le conflit israélo-palestinien actuel» à Israël (31 %) plutôt qu'aux Palestiniens (15 %). Cette opinion tranchée, qui constitue le fait le plus saillant de notre sondage, doit cependant être nuancée: un tiers des questionnés choisissent de «ne pas se prononcer», tandis que 21 % répondent: «les deux» - alors même que cette réponse n'avait pas été incluse dans le questionnaire. Au total, donc, la moitié des interrogés refusent de désigner un coupable principal.

Un peu plus de sympathisants de gauche (35 %) que de droite (32 %) imputent la responsabilité du conflit à Israël, tandis que les sympathisants de droite sont sensiblement plus nombreux (19 %) à incriminer les Palestiniens que ceux de gauche (12 %). Malgré cela, la ligne de partage gauche-droite n'influe que faiblement sur l'ensemble des réponses. Toutefois, de façon très classique, les sympathisants du Parti communiste sont ceux qui incriminent le plus volontiers Israël (50 %), et ceux de Démocratie libérale, ceux qui désignent le plus souvent la responsabilité palestinienne (33 %), à égalité avec les proches du FN et de l'extrême droite.

Pessimisme. Cela se vérifie pour les autres questions, qu'elles concernent les rapports à venir entre les communautés juive et musulmane en France (pessimisme partagé à 76 % ou 73 %), les risques d'extension aux pays voisins (81 % contre 79 %) et même l'acteur susceptible de «relancer le processus de paix», même si la gauche pense plutôt à l'ONU (40 % contre 36 %) et la droite aux Etats-Unis (29 % contre 25 %). Et la méfiance envers Israël ou les Palestiniens quant à leur capacité à résoudre pacifiquement le conflit est tout aussi égale entre les deux camps politiques français.

Le détail des réponses laisse néanmoins entrevoir dans l'opinion d'autres lignes de partage que la préférence politique. Ainsi, par catégories d'âge, les moins de 35 ans sont nettement plus nombreux à pencher pour une responsabilité israélienne (35 %) que les plus âgés (29 %). Inversement, le jugement est le plus défavorable aux Palestiniens chez les plus de 60 ans (18 % contre seulement 12 % chez les 25-34 ans).

Une tendance identique se dessine quand on recoupe les réponses avec le niveau d'études: 40 % des questionnés ayant fait des études supérieures (et 46 % des cadres supérieurs) font porter la responsabilité des faits sur Israël contre environ 25 % dans les catégories moins instruites (et 18 % des artisans-commerçants). De même pour ce qui concerne le revenu: les plus riches (49 % de ceux qui déclarent plus de 300 000 francs de revenus) désignent plus fréquemment la responsabilité d'Israël que les bas revenus (seulement 28 % des moins de 108 000 francs).