Accueil   Les Infos Envoyez l'adresse du site à un ami   retour
Textes Courriers Liens Dérapages Emails rédactions Dates Presse Archives Metula News Agency
INTERVIEW : Sharon déclare qu'Israël annexera des zones de sécurité si l'Autorité palestinnienne proclame un état indépendant

Par Ari Shavit, Ha'aretz Correspondant - 10 avril 2001

Le Premier Ministre Ariel Sharon a dit dans un interview à Ha'aretz qu'il n'a aucune intention, "absolument aucune," d'évacuer des implantations, même comme contrepartie d'un accord de cesser le feu avec les Palestiniens.

"Je ne vois pas de raison pour évacuer la moindre localité. En effet, tant qu'il n'y aura pas la paix, nous resterons dans ces localités. Et si à l'avenir, avec l'aide de Dieu, la paix est instaurée, rien n'empêchera à l'évidence d'y demeurer."

Sharon croit que la présence des implantations juives dans les territoires a une double importance - historique et stratégique. "Peut-on renoncer à une nappe phréatique qui fournit le tiers de nos ressources en eau ? Peut-on renoncer à la zone de démarcation qu'est la vallée du Jourdain ? En tout cas, ce n'est pas une coïncidence si les implantations sont là où elles sont. Elles gardent le lieu de naissance des Juifs et nous accordent aussi la profondeur stratégique essentielle protéger notre existence."

Quant à la nature d'une entente future sur Jérusalem, Sharon déclare que "nous n'avons aucun droit de faire des concessions sur Jérusalem. Nous n'avons simplement aucun droit."

Quant à un accord avec les Syriens, Sharon a dit, "Nous ne pouvons pas redescendre du Plateau du Golan." Se retirer du Golan ou de la Vallée du Jourdain serait "une menace existentielle réelle," a-t-il dit.

Comment Sharon répondra-t-il si le Président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat proclame unilatéralement un état indépendant ?

"D'abord, je lui conseille de ne pas le faire - ce serait une erreur majeure de sa part. Le gouvernement précédent [de Benjamin Netanyahu] dont je faisait partie et aussi le gouvernement de [Ehud] Barak, ont tenu une position claire sur cette question. Cela exigerait que nous prenions une série de mesure pour tenir en nos mains des secteurs essentiels pour nous."

Dans un tel cas, annexerez-vous les implantations et des zones de sécurité ?

"Certainement. Tout ce qui est nécessaire. Donc, je leur conseille de ne pas le faire. Ce serait une erreur.

" Sharon croit que "il y a un besoin pour chacun de faire un effort pour atteindre une solution au conflit sans mettre en danger Israël. Mais dire que la paix frappe à notre porte - ce n'est pas vrai. Je ne crois pas possible, sur un simple coup, de terminer un conflit qui a duré 120 ans. Et je ne pense pas qu'il faille s'imposer de but ambitieux, comme la signature immédiate d'un traité de paix. Sur ce qui est appelé fin du conflit - la fin du conflit sera réalisée seulement quand le monde arabe reconnaîtra le droit des Juifs à une patrie, à exister dans un état Juif indépendant dans le Moyen-Orient. Et une telle reconnaissance n'est toujours pas arrivée. Ainsi dans les accords qui ont déjà été signés et auxquels j'attribue une grande importance, cette reconnaissance était simplement formelle. Ils ne sont pas vraiment parvenus à ce stade avec le droit des Juifs à avoir un état ici."

Y-a-t-il un nouveau Sharon, en termes idéologiques ?

"Je n'ai pas changé mon point de vue du monde. La seule chose qui ai changé est ma vision de la Jordanie comme Palestine - et cela seulement parce que c'est une réalité [sur le terrain] ici. Je n'ai jamais cru qu'il doit y avoir deux états palestiniens. C'est le changement unique qui a eu lieu dans mes positions."