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Changement du scénario

Traduction de l'analyse de Herb Keinon - Jerusalem Post

( Le 11 mai) - Pendant les cinq premiers mois de l'intifada, personne n'a parlé des implantations

Le récit palestinien était que " l'intifada Al Aksa " était une réaction spontanée à la visite de septembre du Premier Ministre Ariel Sharon sur le Mont de Temple.

Le récit d'Israël était que tout cela est non-sens et que l'intifada n'a eu aucun rapport avec le Mont de Temple ou avec Sharon. Le porte-parole du gouvernement l'a expliqué, quand le Président de l'Autorité Palestinienne Yasser Arafat a vu qu'il ne pouvait pas obtenir tout ce qu'il a voulu autour de la table de négociations à Camp David, il a pris la décision stratégique d'obtenir le reste par la violence.

Bien que pendant les cinq premiers mois de l'intifada, appelons-les " la période Barak", Israël a pris une raclée dans la guerre des images - si Israël est à un désavantage net dans la bataille d'images avec les Palestiniens - c'est en grande partie le récit d'Israël qui a été accepté. Beaucoup ont pensé que les Palestiniens avaient rejeté une offre qu'ils n'auraient pas dû refuser, provoquant ainsi la violence.

Quand les Palestiniens ont vu que leur premier scénario ne fonctionnait pas, ils l'ont abandonné et en ont sorti un autre. Mais cette fois ce n'était pas Sharon qui avait causé l'intifada, mais plutôt la colère et la déception à propos des implantions c'est qui devaient être revendiqué

Dans le colportage de ce scénario, deux facteurs ont facilité les Palestiniens. Le premier est le peu d'estime que le monde a des implantations et de leurs habitants et le deuxième est qu'il est facile de relier Sharon aux implantations.

Cela aurait été difficile pour les Palestiniens d'accuser Barak d'essayer de torpiller l'accord en construisant dans les implantations, parce que dans son plan pour une solution de statut final, il était évident que la majorité énorme des implantations ou serait démontée ou transférée à la souveraineté palestinienne.

Mais rien de cela n'est évident avec Sharon. Tout d'abord, il n'a jamais dit qu'une quelconque implantation seraient enlevées et deuxièmement, chacun sait qu'il est le grand-père de l'entreprise d'implantation.

Ce qui est étonnant, cependant, c'est de voir comment rapidement l'accent a changé, comment rapidement les Palestiniens ont été capables de convaincre le monde que le problème n'est pas la violence, mais les implantations. Il est en effet étonnant de voir comment si vite le monde a acheté l'argument que c'est les implantations qui ont causé la violence.

Considérez, par exemple, les mots de l'Ambassadeur français Jacques Huntzinger, qui dans une interview au Jerusalem Post cette semaine, a dit : "dans l'analyse européenne, en permettant la croissance d'implantations dans les années qui ont suivi Oslo, on a créé une nouvelle présence provocatrice dans les territoires occupées et on a créé une frustration à l'intérieur de la population palestinienne. Cette frustration - pas d'état, pas d'indépendance et des implantations en extension - fut l'un des facteurs principaux derrière l'intifada."

Et ce n'est pas une analyse particulière à Huntzinger ou aux français. Le rapport d'enquête de Mitchell fait allusion à une symétrie semblable entre la terrorisme et les implantations dans le chapitre" comment reconstruire la confiance entre les deux côtés".

Selon le rapport, l'Autorité Palestinienne doit faire comprendre par une action concrète que le terrorisme est inacceptable et dans la clause suivante du rapport - évidemment pour faire l'équilibre et pour être pratique - on dit que le gouvernement d'Israël doit geler toute l'activité d'implantation, y compris "la croissance naturelle" des implantations existantes.

Pendant les dernières quelques semaines, il est devenu clair que la formule sur laquelle le gouvernement avait pensé travailler quant aux implantations qui est - que rien de nouveau ne serait construit et que l'on ne permettrait que la construction tenant seulement compte de la croissance naturelle - n'a pas trouvé d'oreilles réceptives en Amérique ou en Europe.

Une partie du problème est que, après des années de construction et d'expansion de implantations sous des aspects artificiels divers, des installations militaires, des sites archéologiques, ou des yeshivot, le discours d'Israël, particulièrement le discours du Likoud, sur ses intentions à propos de la Ligne Verte n'est pas universellement accepté.

Les Palestiniens ont réussi à placer l'argument disant que construire 500 maisons à Ma'aleh Adumim et 200 dans Alfei Menashe est d'une façon ou d'une autre l'équivalent du fracassement du crane de deux adolescents avec des pierres. Si vous arrêtez de construire, l'argument marche, nous arrêterons de fracasser les cranes.

Ce qui place le gouvernement de Sharon dans une position éminemment difficile. Même si, comme le sondage le dernier week-end de Yediot Aharonot indiqué que 62 pour cent d'Israéliens sont en faveur d'un cessez-le-feu qu'en échange du gel des implantations, Sharon va subir une forte pression pour donner n'importe quel prix aux Palestiniens contre la violence.

"C'est comme si les Palestiniens avaient placé une arme à feu sur la tempe d'Israël, avec le doigt sur la détente et disaient : si vous n'arrêtez pas toute construction dans les territoires, nous tirerons "a dit un fonctionnaire de la Présidence. "Cela ressemble vraiment au paiement de l'argent du racket. Sharon ne l'acceptera pas."

Et encore, comme la violence continuent à faire des victimes, de plus en plus des pays et de plus en plus de voix aux États Unis, pousseront Israël à accepter la proposition.

Puisque " croissance naturelle" est une formule qui ne marche pas, le gouvernement cherchera inévitablement d'autres formules "créatrices". Parmi les idées possibles, définir quantitativement la croissance naturelle, ou dire que les constructions tiendront compte des impératifs de sécurité, comme la construction d'abris de sécurité.

Déjà avec les mortiers qui tombent sur les implantations de la Bande de Gaza et les rapports sur la contrebande de mortiers que font les Palestiniens sur la rive occidentale et qui pourraient y frapper les implantations, cela facilement - au moins - est le type de construction dans les implantations que le monde aurait de la difficulté à refuser.

 © 1995-2001, The Jerusalem Post