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Le Nouvel Observateur serait-il récidiviste?
Yigal Palmor - 22 Avril 2002

Dans son précédent numéro, l'hebdo de Jean Daniel publie un reportage de la plume de son correspondant en Israël. Il attribue à un médecin israélien - et pas n'importe lequel! - des propos diffamatoires sur Tsahal.

Le médecin en question demande une mise au point, en des termes très clairs et très précis.

Le Nouvel Observateur publie une petite précision la semaine suivante (mais pas sur son site web).
A-t-il agi de bonne foi? Cette nouvelle erreur est elle fortuite? A-t-elle été vraiment rectifiée?
A vous de juger.

Les élément que nous vous présentons sont:

  1. L'article original avec les propos inacceptables sur Tsahal

  2. La lettre originale de l'interessé, avec demande de publication intégrale

  3. La précision publiée par l'Obs.



Semaine du jeudi 11 avril 2002 - n°1953 - page 64

Information: Silence ! On tire !

De notre correspondant en Israël, Victor Cygielman

Outre les morts des camps de réfugiés palestiniens, l'opération Rempart fait aussi d'autres victimes, en Israël: la liberté d'expression, l'information exacte, impartiale, la conscience, la morale... Exemples. " Même en temps de guerre, il y a des règles, une morale", affirme le Pr. Raffi Walden, chef du service de chirurgie du prestigieux hôpital Tel-Hashomer, près de Tel Aviv. " Une circulaire officielle de Tsahal vient de préciser comment il faut traiter les blessés ennemis: or non seulement nous ne devons pas soigner les blessés palestiniens mais nous devons empêcher leurs médecins, leurs hôpitaux de le faire", entend-on, effaré, lors de la conférence de presse tenue à Tel Aviv par l'association israélienne Médecins pour les Droits de l'Homme... Trois mille Israéliens, juifs et arabes, manifestent aux portes de Ramallah. Ils veulent faire parvenir des médicaments et de la nourriture aux habitants de la ville. L'officier responsable du barrage militaire l'interdit. On crie, on chante, on essaie de parlementer. Plusieurs salves de gaz lacrymogène sont lancées, puis les policiers chargent les manifestants à la matraque. Des bras sont cassés, des crânes ouverts. Quelques gosses palestiniens lancent des pierres. Bulletin d'information de Kol Israel ("la Voix d'Israël"): "Au cours d'une manif violente de militants de gauche, sept policiers ont été blessés et trois manifestants arrêtés". Pas un mot sur les blessés parmi les manifestants, dont plusieurs durent être hospitalisés. Récit carrément mensonger lorsqu'il décrit la manif comme "violente". La radio n'a pas jugé utile de mentionner que sa seule source d'information était le communiqué du porte-parole de l'armée... Seize personnes faisant partie d'une délégation venue exprimer sa sympathie envers les Palestiniens - des Italiens, des Francais, Irlandais, Hollandais, Américains, etc... - viennent d'être expulsés. "Des Européens venus se solidariser avec le terrorisme ont été expulsés", annonce la radio d'Etat israélienne. On peut admettre, à la rigueur, que des étrangers se mêlant des affaires soi-disant "intérieures" d'Israël, soient considérés comme indésirables. Mais pourquoi les décrire comme des sympathisants du terrorisme? Simplement pour reprendre les termes du communiqué du ministère de l'Intérieur? Les journalistes sont interdits dans les zones palestiniennes où se déroule l'opération Rempart. Les seules images de télévision admises sont celles filmées par le porte-parole de Tsahal. Pour justifier le déploiement d'importantes forces militaires, Sharon a qualifié son opération de nettoyage de "guerre pour la défense de la maison Israël". Et dans une guerre, répète-t-il sans cesse, "le peuple doit être uni, chacun se doit d'être un patriote ...". Un patriotisme qui commence à donner des frissons... Victor Cygielman




Lettre du Professeur Walden au Nouvel Observateur:

Tel-Aviv, le 13 avril, 2002 Monsieur Laurent Joffrin, Rédacteur en chef

Monsieur, J'ai lu avec stupéfaction dans le Nouvel Observateur du 11 avril 2002, une citation de moi totalement contraire à ce que j'ai affirmé. Dans l'article intitulé: "Information: Silence ! On tire !" vous me faites dire: " Une circulaire officielle de Tsahal vient de préciser comment il faut traiter les blessés ennemis: or non seulement nous ne devons pas soigner les blessés palestiniens mais nous devons empêcher leurs médecins, leurs hôpitaux de le faire". Or, j'ai précisé que les instructions officielles sont de soigner les blessés et de venir en aide aux hôpitaux locaux, comme c'est la tradition de Tsahal. J'ai déploré que cela n'est pas suffisamment mis en pratique sur le terrain dans les circonstances du conflit actuel. Mais ce que je trouve plus grave encore, c'est que votre correspondant en Israël - Victor Cygielman - m'a dit être "surpris par cette citation" qui n'est pas de sa plume. Le conflit au moyen orient est suffisamment complexe pour ne pas ajouter, dans votre journal que je respecte, une diffamation tendencieuse. Le camp de la paix en Israël - dont je fais partie - se passerait volontiers de cette malencontrueuse désinformation. Je compte sur votre honnêteté pour publier intégralement cette mise au point.

Professeur Raphi Walden membre de la direction - Medecins pour les Droits de l'Homme



Réaction du Nouvel Observateur:


Semaine du 17 avril 2002 numéro 1954 p.72 Précision

Dans l'article de Victor Cygielman intitulé "Silence! On tire!"; paru la semaine dernière, une malencontreuse erreur a attribué au Professeur Rafi Walden, membre de la direction de l"association israélienne Medecins pour les Droits de l'Homme, une déclaration selon laquelle l'armée israélienne interdisait au personnel médical palestinien de porter secours aux blessés en vertu d'une circulaire interne. Le Prof. Walden avait , au contraire, précisé que les "instructions officielles sont de soigner les blessés et de venir en aide aux hopitaux locaux, comme c'est la tradition de Tsahal". En regrettant toutefois que "cela n'est pas suffisamment mis en pratique sur le terrain dans les circonstances du conflit actuel".