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J’ACCUSE

Raphi Israëli, Professeur à l’ Université Hébraïque de Jérusalem
(traduit de l’anglais)
18 avril 2002

Dans le droit fil de la sinistre histoire millénaire de l’antisémitisme en Europe, le parlement européen a décidé de prendre des sanctions contre Israël qui a osé se défendre et l’Union européenne a affiché son soutien au terroriste patenté qu’est Arafat. Il y a plus d’un siècle, le monde au-delà de l’Europe était ébranlé par l’Affaire Dreyfus fabriquée par des responsables français contre ce capitaine juif de leur propre armée et, il y a plus d’un demi-siècle, la plupart des Européens avaient collaboré avec les Allemands pour arrêter, torturer et envoyer dans les camps de la mort plusieurs millions de Juifs. Aujourd’hui, l’Europe récidive.

Le président Bush a précisé la définition d’un terroriste : quiconque attaque sans discernement des civils dans un but politique ; et ceux qui soutiennent, financent ou abritent des terroristes sont eux-mêmes des terroristes. Il ne fait aucun doute qu’Arafat, dirigeant corrompu et autocratique (certes, il a été " élu " mais pas à vie et, après les " élections " de 1995, aucun autre vote n’a été autorisé) poursuit la voie du terrorisme (que même les Européens et l’ONU lui ont demandé d’abandonner), mais les pays européens eux-mêmes font tout ce qu’il faut pour tomber dans cette catégorie. En conséquence :

J’accuse les Européens de soutenir politiquement et diplomatiquement les terroristes par excellence que sont Arafat et sa bande et de vouloir perpétuer leur régime corrompu, la liste de leurs actes de destruction, d’abord en Jordanie (1970), puis au Liban (1982) et aujourd’hui en Israël (2002). Inversement, je les accuse de condamner le courageux et démocratique État d’Israël qui fait preuve de retenue depuis plusieurs années, alors qu’il compte plusieurs centaines de victimes du terrorisme (un millier depuis Oslo et 450 depuis l’Intifada), a consenti, au nom de la paix, à des concessions d’une portée considérable et accepté les plans Mitchell et Tenet pour tenter de mettre fin aux hostilités. Ce n’est que lorsque le massacre de Pâque et les attentats suivants ont porté le nombre de civils tués à 40 en une semaine et 100 en un mois qu’Israël a entrepris d’éradiquer l’infrastructure du terrorisme. Or, au lieu d’apporter un soutien maximum à cette démarche qui n’a que trop tardé, les Européens ont décidé à nouveau de se ranger aux côtés des terroristes et des tyrans et de brader la démocratie en ignorant le droit à l’autodéfense (se souvient-on de Munich ?)

J’accuse les Européens de financer le terrorisme. Ils ont inondé d’euros les Palestiniens qui, au lieu d’élever leur niveau de vie et d’investir dans une infrastructure plus que déficiente, ont éduqué leurs enfants dans la haine, ont fabriqué ou introduit frauduleusement des armes illégales, ont entretenu une force armée deux fois plus importante que celle prévue par les accords d’Oslo et ont accoutumé les Palestiniens à vivre de distributions gratuites au lieu de promouvoir la production, la créativité et la paix. En fait, depuis que l’Union européenne a pris l’Autorité palestinienne sous son aile, le revenu par habitant a été divisé par deux, le chômage a doublé et le sang a coulé à flot comparé à l’époque de " l’occupation " israélienne, conséquence d’une agression arabe en 1967 et non sa cause.

J’accuse les Européens de donner asile au terrorisme, non seulement en protégeant Arafat mais en fermant les yeux sur les populations arabes et musulmanes qui, parmi eux, se livrent à des voies de fait contre les Juifs, saccageant leurs lieux saints, attaquant les écoliers et les fidèles, profanant les cimetières et faisant régner la terreur au sein de toute une population juive sans défense. On imagine la réaction de tous ces champions des droits de l’homme si une église – sans parler d’une mosquée – avait été brûlée, à la place des centaines de sites juifs attaqués. Alors que des foules de musulmans fanatisés ont détruit, calomnié, hurlé, mis à sac, attaqué et brûlé, la population juive respectueuse de la loi s’est comportée avec dignité et réserve, attendant en vain l’action des autorités. Et, tout comme ils ont abandonné l’État juif qui, selon eux, nuit à leurs intérêts dans le monde arabe, les Européens sacrifient les populations juives au profit de l’électorat musulman bien plus nombreux. Mais cela ne durera guère, parce que ceux que les Européens laissent s’en prendre à d’autres finiront par se retourner contre eux.

J’accuse les Européens non seulement d’aider le terrorisme tout en souscrivant, en paroles seulement, avec cynisme et hypocrisie, à la " lutte contre le terrorisme ", dans laquelle seul le monde anglo-saxon s’est engagé, mais également de calomnier l’État juif, comme ils avaient jadis diffamé leurs Juifs, encourageant ainsi l’antisémitisme dans leurs propres pays sous le masque de l’" antisionisme ". Ils accusent les Juifs victimes d’assassinat d’être des " assassins ", " comprennent " et justifient les véritables meurtriers présentés comme de pauvres victimes " démunies, occupées et frustrées ", condamnent les opérations israéliennes modérées et fondamentalement dissuasives en les qualifiant d’" agression " et d’" usage excessif de la force ", et appellent Israël à cesser de détruire le terrorisme pour qu’il puisse se perpétuer sans entraves. On se demande ce que diraient les Européens si les Israéliens agissaient exactement comme les Palestiniens et faisaient sauter des autobus civils, des restaurants bondés et des rues animées.

Les Juifs en général et le peuple d’Israël en particulier, notamment en ces jours de commémoration de la Shoah dans le monde entier, revivent ce sentiment millénaire de persécution, mais aujourd’hui, ils ont un État pour défendre leur cause et en fait leur vie. Devrait-il être condamné injustement, vilipendé et calomnié, l’Israël d’aujourd’hui défendra son existence et la vie de ses habitants (ce dont personne ne s’est préoccupé au cours de l’histoire européenne) plutôt que d’être " splendide et abandonné " (pour reprendre l’expression de Churchill à propos de la Pologne laissée à la merci des Nazis par ces mêmes Européens). En dépit de ses détracteurs, Israël a choisi de vivre.