Ven 28 mars 2003 7:17
PRIMO EUROPE - L'actualité en perspective
Le 1 avril, ARTE a l'intention de diffuser le film très controversé JENINE JENINE. Primo réagit


Monsieur Jérôme Clément,
Président Directeur Général
ARTE
2A, rue de la Fonderie
67080 - STRASBOURG CEDEX

Paris, le 27 mars 2003

Monsieur le Président Directeur Général,


Monsieur le Président Directeur Général,


Considérant que l’information sur le Moyen-Orient est, dans nos médias, souvent diffusée en fonction de préjugés manichéens où le commentaire l’emporte sur le fait, Primo, association apolitique et laïque Pour la Rigueur (et la Recherche) dans l’Information sur le Moyen-Orient, a pour but de promouvoir une information rigoureuse et diversifiée sur le Moyen-Orient et les conflits qui s’y déroulent.

La façon dont le conflit israélo-palestinien est relayé chez nous a un retentissement certain sur les relations entre des communautés qui devraient se fondre dans la collectivité nationale. La violente agression d’adolescents juifs (et pour le seul motif qu&Mac182;ils l&Mac182;étaient) lors d’une manifestation contre la guerre en Irak, le 22 mars dernier, en est le dernier, mais probablement pas l’ultime témoignage.

Si ARTE a longtemps manifesté son refus d’un antisémitisme de droite en programmant, notamment, des émissions sur la Shoah, il n’en demeure pas moins que la chaîne affiche désormais des positions " antisionistes ". Or la différence entre les deux n’est ni de nature ni de degré, seulement d’époque : l’antisémitisme de droite a déjà fait six millions de morts en Europe, et Arte le condamne. L’antisionisme de gauche propose d’en faire cinq millions de plus au Moyen-Orient et Arte le promeut.

C&Mac182;est dans ce contexte qu&Mac182;au nom de PRIMO et des valeurs de la république qu’elle entend rappeler, j&Mac182;attire votre attention sur votre programmation, le 1er avril prochain lors d’un Théma consacré aux " Dialogues israélo-palestiniens ", d&Mac182;un film très controversé : " Jénine-Jénine ". Ce " documentaire " a été interdit par la Cour Suprême israélienne au motif que, sur la base d&Mac182;informations erronées, il incitait à la haine et à la discrimination.
De fait, il est centré autour d&Mac182;un pseudo " génocide ", auquel se réfèrent complaisamment les témoins interrogés et que les médias, reprenant la formulation de Yasser Arafat, nommaient à l&Mac182;époque " Jéningrad ".
Les deux parties en présence, l&Mac182;Autorité Palestinienne et Israël, se sont, depuis longtemps, accordées sur le nombre des victimes : 52 Palestiniens, 23 Israéliens. Leur différend porte encore sur la proportion de civils parmi les premiers : les Israéliens en reconnaissent trois, les Palestiniens en revendiquent 10.
Jeningrad s’est dégonflé en Jenisoara. Pourtant, Arte s’apprête à programmer un film qui reprend cette thèse du génocide, dans un contexte où la recrudescence des actes antisémites liés à la transposition du conflit israélo-palestinien dans notre pays, a conduit les autorités à prendre des mesures spécifiques et à présenter des excuses publiques.

PRIMO ne prétend aucunement intervenir dans la programmation de votre chaîne, mais insiste sur la responsabilité que vous prendriez en diffusant un manifeste partisan qui ne manquera pas d’exacerber les passions et de provoquer un regain d’actes antisémites.
Toutefois si, au lieu de jeter de l’huile sur le feu, Arte voulait s’attacher à introduire de la raison et un minimum d’équité dans le débat, PRIMO vous suggère de faire précéder la diffusion de ce film d’un débat contradictoire entre le réalisateur (ou un de ses représentants) et une personne capable de remettre ces événements en perspective.

L’agence de presse Metula News Agency, basée en Israël et faisant travailler des journalistes israéliens, palestiniens, jordaniens, libanais, etc., a déjà produit un travail d’analyse considérable prenant en compte les points de vue antagonistes dans ce conflit.

Son rédacteur en chef, Stéphane Juffa est francophone. Il représenterait une voix équilibrée et légitime qui permettrait aux téléspectateurs de regarder ensuite le film en connaissance de cause : on prévient habituellement les spectateurs que " des scènes de violence risquent de les choquer ", il n’est pas inutile d’en faire de même quand la violence est verbale et idéologique.

Vous remerciant de l’attention que vous ne manquerez pas d’accorder à cette demande de modération et d’apaisement, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président Directeur Général, mes salutations préoccupées mais courtoises.
Liliane Messika,
Porte-Parole de PRIMO-EUROPE.


Plus de détails sur le dossier ARTE THEMA DU 1° AVRIL www.revue-politique.com
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