Mar 12 nov 2002 21:45

PPDA à TF1 - Pris en flagrant déli de désinfo et d'absence de déontologie
Paris le 12 novembre 02 A l’attention de : Monsieur R. Namias, directeur de l’information à TF1, Madame C. Chazal, JT de 20H, Monsieur P. Poivre d’Arvor, JT de TF1, Messieurs D. Pujadas et J.F Rabillot, cellule de rédaction.

Madame, Messieurs,

Fidèle téléspectateur de votre chaîne depuis sa création, puisque né peu après la fin de seconde guerre mondiale ; cependant, baigné dans le milieu journalistique, je souhaiterais attirer votre bienveillante attention sur les limites, droits et devoirs des professionnels de l’information dans ce pays dit " démocratique ". Je représente le public, qui demande un droit de réponse sur l’expression, sur le traitement de l’information d’une chaîne, fusse t-elle privée !. Sans omettre de vous rappeler les conséquences gravissimes dues au manquement de la plus élémentaire déontologie de ce métier, surtout lorsqu’un camouflage des circonstances de la vérité, et un manque d’objectivité donnée à l’information, frôlent le risque du flagrant délit de désinformation et jette l’anathème sur votre chaîne.

Devenu l’icône du JT de 20H, P.Poivre d’Arvor est incontestablement un journaliste émérite. Pourtant, ce dimanche 11 novembre 2002, à la fin de son journal, dans la rubrique proche orient, il fera rapidement état d’un bilan de 5 morts, victimes d’un attentat samedi soir au kibboutz Metzer. Dans une communication complètement dévitalisée, aseptisée, épurée de toute substance, pour la rendre perfidement incompréhensible aux téléspectateurs candides, la banalisation du terrorisme dans ce journal, ne fera ici que commencer !

Il précisera dans un décompte funeste des victimes, qu’il y avait 2 enfants de 4 et 6 ans, puis ajoutera qu’il y avait parmi les victimes 2 femmes. Une bien curieuse description de l’information, sans aucun lien avec le terrorisme, la barbarie, la sauvagerie, la cruauté inexpiable dans l’horreur absolue de cette tragédie qui frappe des femmes et des enfants, dans leur chambre à coucher, ce soir là. Le cycle de la terreur palestinienne jamais mentionné ! Imaginez juste un seul instant que cela se produise un jour chez vous ? Cette idée ne vous incitera t-elle pas à renoncer à soutenir des thèses idéologiques d’une violence d’un autre âge ? Il semble que tous ces mots deviennent tabous de votre vocabulaire journalistique, et ne sauraient jamais être prononcés ! Mais est-ce, dans le seul but de séduire vos actionnaires ? …

Le lendemain, toutes les radios périphériques nous avaient parfaitement bien informées des circonstances dans lesquelles cet assassinat d’une sauvagerie inouïe avait été commis au kibboutz Metzer. Votre restriction volontaire de l’information est un flop, car les victimes de ce Kibboutz d’extrême gauche, tendance "Chomer Atsaïr" étaient des partisans de la paix. L’amitié avec leurs voisins arabes durait depuis des décennies ! Quelle méprise !

" Après avoir lu une histoire à ses deux petits enfants : Matham et Noham, tous deux âgés de 4 et 5 ans, ce soir là, leur jeune maman Révita les embrasse, comme font toutes les mamans du monde. Et pour les aider à trouver le sommeil elle se penche affectueusement vers eux, pour les entourer d’amour et d’affection, lorsqu’un terroriste fait irruption dans la chambre à coucher, tuant de sang froid, la mère et ses 2 enfants, qui en vainc, avait tenté de les protéger du frêle rempart de son corps, elle qui avait donné l’espoir de paix dans la vie ". Mais contre les balles mortelles d’un fusil mitrailleur que peut-on espérer, sinon la trahison et l’horreur de la mort ? De ce drame il ne restera que des images effroyables, de jouets d’enfants flottant dans une marre de sang. Souvenez-vous, il y a peu de temps, dans l’ironie d’une histoire à répétition, une semblable scène d’horreur s’était produite, dans les mêmes conditions. Fort heureusement, elle avait été condamnée par l’opinion internationale, comme d’habitude, par politesse diplomatique. Les condamnations répétées d’Arafat et l’ONU, ne feront pas couler notre rimmel.

Dans une barbarie inouïe survenue d’un autre âge, l’horreur et la lâcheté, se sont concentrées dans cet acte immonde, inhumain. Un acte ignoblement répété, et qui curieusement, ne vous aura guère inspiré, plus grand développement ? Dans l’expression de l’objectivité de l’info dans ce conflit israélo-palestinien, votre chaîne semble dévoiler une complicité notable. Quelques instants auparavant, ce terroriste avait tué une femme et un homme.

Votre décompte macabre est exact, bravo tout n’est donc pas faux ! L’information dans ce pays est à l’heure des louanges, elle a de beaux jours devant elle surtout lorsqu’elle nous mène tout droit dans l’univers orwellien de1984, et dans le mûr de notre destiné, la votre y compris !

La veille, sur cette même chaîne, dans son JT de 20H, votre consoeur Claire Chazal, nous montre à l’image de gentils palestiniens, un vieux et un jeune, sans défense, victimisés par la terreur absolue de " colons " juifs du Ychouv de la colline d’en face, qui les empêches de cueillir paisiblement leurs olives au delà d’une certaine ligne. Alors pourquoi, le réalisateur de ce document d’archives, par souci d’objectivité, n’a pas eu l’initiative d’aller recueillir le point de vue de cette querelle territoriale, auprès des dits " colons " d’en face ? Sont-ils si impénétrables, si infréquentables au point de vous refuser une interview ? Pourquoi avez—vous exclus leur point de vue, sur cette querelle dans votre reportage ? Dans le droit et la justice française, le juge n’écoute t-il pas le plaignant et l’accusé ? Mais j’ai du faire erreur en confondant le jugement de Salomon proche de la justice napoléonienne avec celui de votre chaîne TF1. Nous n’avons pas les mêmes valeurs. Cette adhésion morale, ce soutien partisan à l’idéologie de cette internationale du terrorisme ne peut que desservir votre déontologie de professionnel de l’information. Le besoin de justice et d’équité des peuples dans l’histoire du monde, a toujours réussi à briser la porte du temple des pouvoirs occultes et absolus. Les pouvoirs passent et les journalistes aussi ! Nous sommes nombreux à ne pas être atteint de paranoïa pour avoir analyser vos récidives au dénigrement. Sachez que nous sommes prêts, au yeux du monde, à dénoncer cette lente conspiration larvée, progressiste, tournante d’un média à l’autre, instrumentalisée dans une seule finalité : celle de l’exclusion du peuple d’Israël de sa terre. L’idéologie dominatrice, dans sa quête de refondation du monde, qui vous fascine, est enfin démystifiée ! Sachez qu’à ce petit jeu de duplicité, vous perdrez votre honneur, et un jour, votre identité tiers-mondiste. A vous limiter à décompter froidement les morts dans toute cette guerre existentielle, semble vous autoriser à focaliser l’attention de vos candides spectateurs sur des chiffres qui amalgament sans distinction soldats et victimes civiles. Celles de 1914-1918, en ce jour anniversaire de l’armistice, que vous rappeliez dans votre JT de 20H, n’auront pas échappé à cette règle avec ses 1.400.000 morts. Mais eux, étaient de pauvres soldats, morts au champ d’honneur. Ils faisaient une horrible grande guerre de conquête et de domination à l’Allemagne, par généraux interposés. Ils sont morts pour la France avec 36.000 juifs ne l’oubliez pas !

Si pour éviter de choquer la conscience morale du public qui fait votre audimat au 20H, et si se donner bonne conscience, c’est dépouiller l’information au point de la rendre désuète, vide, et incompréhensible à toute analyse, à toute compréhension de la situation, alors veillez me considérer comme un boycotteur de votre chaîne. Cet audimat là est non instrumentalisable. Si vous avez délibérément décidé de vous ranger dans le camp de la banalisation des actes terroristes- qui ne vous épargneront pas un jour prochain-, au point de retirer tout sens moral et humain aux graves événements de ce monde, alors vous pourrez vous féliciter de faire le lit de la dictature de demain, de préparer et cautionner les violences ethniques à venir !

Permettez moi aussi de vous rappeler que l’expression de notre judaïsme résulte des strates d’une éducation à la démocratie, à la culture des lumières que vous rejetez. Ce choix identitaire ne me permettra pas de vous suivre sur votre terrain, sauf de me rallier à vos adversaires.

Joseph Hattab. Rédacteur en chef adjoint au journal MIGDAL MAG.

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