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Ne vous précipitez pas pour faire l'éloge funèbre de Sharon

Source: Jerusalem Post du 20/02/02

Auteur: Ouri Dan
, journaliste vétéran, écrit notamment dans le Jerusalem Post; il a couvert la guerre d'octobre 1973, en particulier la phase avec Sharon et semble bien connaître ce dernier. Étant jeune journaliste, Ouri Dan s'est distingué par un bain de mer peu commun. En vue d'un article sur la vie en sous-marin, un commandant ami l'a embarqué, lui promettant de le lâcher à l'escale suivante, soit Naples, afin qu'il puisse rejoindre sa bien aimée, à Londres par le train. Le sous-marin en question était en exercice en duo avec un autre. Voilà que la tension au Moyen Orient oblige le commandant à faire demi-tour au détroit de Messine, l'autre sous-marin pouvant continuer sa route vers Naples. Seule solution pour rejoindre la bien-aimée: sortir du premier sous-marin en pleine tempête, couvrir à la nage les 500 m séparant les deux sous-marins et, s'il y arrive, se faire récupérer par le second sous-marin. Ce que Ouri Dan fit au péril de sa vie…pressé de rejoindre sa belle.



Traduction: Albert Soued, www.chez.com/soued <http://www.chez.com/soued> , le site des symboles dans la Bible.



Ne vous précipitez pas pour faire l'éloge funèbre de Sharon, comme premier ministre d'Israël. Vous allez en avoir besoin plus que jamais. Vous! Qui l'avez diffamé pendant de nombreuses années, pour l'empêcher de devenir votre leader! Et quand il fut élu malgré vous, après quelques mois de calme et même de flatteries, vous avez repris vos vieux démons!

Vous êtes impatients d'annoncer "la fin du règne de Sharon" ou sa chute, au point que vous oubliez que votre propre maison est au bord des flammes! Aucun d'entre vous, ô politiciens assoiffés de pouvoir, accompagnés de votre chœur de médias déprimants, au milieu d'une guerre. Aucun d'entre vous, dis-je, ne peut mettre fin à l'embrasement d'une terreur que certains d'entre vous ont contribué à allumer dans notre maison, accueillant les milliers d'assassins d'Arafat, chef de l'Autorité Palestinienne.

Ô prétendants au trône gouvernemental, chacun de vous ne pourra mener cette guerre que d'une façon cent fois moins efficace, et certains d'entre vous sont même prêts à vous rendre à Arafat…Aucun d'entre vous n'est capable de gérer cette bataille amère, difficile et sanglante, comme l'a fait Sharon depuis un an.

En préservant l'unité nationale, si vitale en temps de guerre, Sharon a empêché la détérioration de la situation en conflit régional, ce que souhaitait Arafat. Sharon a réussi à ranimer nos systèmes vitaux de sécurité, dont certains étaient moisis depuis des années. Il a réussi à mener des offensives contre la terreur, en réduisant les pertes (1) et des opérations préventives, sans victimes innocentes. Sharon a réussi à enlever toute légitimité à Arafat en l'assiégeant à Ramallah, alors que nos propres juifs avaient réussi à transformer un criminel en leader respectable dans l'arène internationale. Encore aujourd'hui ce qui reste de ces mêmes juifs se précipite à Ramallah pour le sauver!

Sharon a maintenu et même accru l'amitié et l'appui des Etats-Unis, notamment après ces moments historiques et sanglants. Sa dernière visite au président Bush, a été un succès jamais égalé auparavant. Mais Sharon ne s'est pas précipité pour dire à chacun "Condoleeza Rice m'a dit ceci ou cela…". Les affaires d'Etat, surtout en temps de guerre, sont trop sérieuses pour être partagées avec des correspondants ou des analystes qui ne voient pas plus loin que leur nez.

Sharon a compris depuis longtemps, et il a prévenu avant qu'il ne soit premier ministre, que la guerre contre la terreur et la fin du conflit avec les palestiniens sont deux affaires complètement différentes. La fin du conflit que refuse Arafat doit être atteinte par la voie diplomatique. Arafat a lancé une offensive de terreur pour obtenir ce que Barak ne voulait pas lui donner lors de négociations.

Le terrorisme doit être combattu essentiellement par la voie militaire, comme les Etats-Unis l'ont fait en Afghanistan.

En lançant sa guerre, Arafat nous a dit clairement qu'il veut déstabiliser notre société, puis détruire notre Etat. A travers cette guerre, Arafat nous oblige à choisir entre notre survie et celle des Palestiniens. Celui qui refuse de comprendre cela, ne peut pas comprendre la situation actuelle.

Quand toute sortes de charlatans juifs -- qui ont provoqué d'une certaine manière cette guerre – continuent à se bercer de faux espoirs diplomatiques, Sharon a réussi à promouvoir la sécurité du pays (1). Ainsi malgré les pertes douloureuses et inévitables que nous subissons, en fin de compte, Sharon est le seul dirigeant israélien capable de restaurer la sécurité du pays; pour le jour où enfin les palestiniens commenceront à se conduire comme une nation et non comme des animaux suicidaires et seraient prêts à négocier sérieusement.

L'histoire a assigné à Sharon le poids de la guerre du Liban contre le terrorisme palestinien en 1982 – une des guerres les plus justifiées d'Israël – et celui de la guerre imposée par le même terrorisme, au sein de notre propre patrie, vingt ans après.

Comme Sharon n'a jamais trompé M Begin, même une seule fois, aujourd'hui il n'est pas en train de se leurrer. Il sait combien cette guerre est douloureuse et complexe, mais elle finira par restaurer la sécurité du pays? C'est pourquoi les oraisons funèbres sont pour le moins prématurées pour Sharon.



Ouri Dan, journaliste



(1) note du traducteur: les pertes actuelles qui sont multipliées par 7 sont à comparer au nombre de tentatives d'attentats qui ont été multipliées, elles, par un chiffre beaucoup plus important, entre 15 et 20. Inévitable, l'escalade actuelle est contrôlée et vise à terme la cessation des attentats terroristes.