Accueil   Les Infos Envoyez l'adresse du site à un ami   retour
Textes Courriers Liens Dérapages Emails rédactions Dates Presse Archives Metula News Agency
On attend un miracle
Alex Fishman (Yédioth Aharonoth )
17 juillet 2001
Le sable du sablier de la retenue a disparu depuis longtemps. Mais chez nous, on essaye quand même de faire revivre de force le cadavre du "cessez-le-feu". Des tentatives dont le but unique consiste à gagner du temps. Peut-être va-t-il se passer quelque chose, peut-être les Américains vont-ils se réveiller, peut-être les Palestiniens vont-ils se ressaisir ou au moins commettre une erreur grossière qui soit à l'avantage des Israéliens. En somme, on attend un miracle.
Mais le miracle ne vient pas. Selon les estimations des services de sécurité israéliens , après une pause de près d'un mois et demi, le Hamas, ainsi que d'autres organisations de moindre envergure, ont décidé de mettre fin à la politique de "retenue" à l'intérieur de la ligne verte. L'époque où les groupes armés respectaient les recommandations d'Arafat, leur interdisant de perpétrer des attentats à l'intérieur de la ligne verte, est désormais révolue, et ils reviennent au mode de fonctionnement d'avant l'attentat au Dolphinarium. Cela vaut à la fois pour le nombre d'actions et pour les méthodes employées, mais également pour le choix de cibles à l'intérieur de la ligne verte.
C'est exactement ce qui s'est produit cette semaine: un militant du Djihad originaire de Jénine a été intercepté à Afula parce qu'il a eu un problème technique avec la ceinture d'explosifs qu'il portait. Deux membres du Tanzim sont morts dans une explosion à Jérusalem alors qu'ils étaient en train de poser une bombe dans un extincteur. Et hier , à Binyamina, un terroriste kamikaze, membre du Djihad originaire de Jénine, apparemment de la même branche que le terroriste d'Afula, a cette fois réussi. Deux miracles et une réussite, en quatre jours, à l'intérieur de la ligne verte. C'était à peu près le rythme des attentats avant celui du Dolphinarium.
Les enquêteurs qui sont venus hier à Binyamina ont pu remarquer la similitude entre cet attentat et l'attentat dévastateur du Dolphinarium : le terroriste arrive à un lieu connu de ceux qui l'ont envoyé, et il recherche sur la route un point particulièrement peuplé. Il a peut-être vu les policiers et les gardes frontières près de la gare , décidant par conséquent de déclencher la ceinture explosive près de la station d'autobus.
Selon des sources de sécurité, il n'y aurait pas forcément de lien entre le changement de politique du Djihad ou du Hamas et les Maccabiades. Les Maccabiades renforcent peut-être la motivation, mais il s'agit d'une décision interne, liée aux rapports entre l'Autorité palestinienne et les organisations islamistes. Ce qui est clair, c'est que les organisations islamistes n'auraient pas modifié leur politique s'ils n'avaient pas senti qu'ils étaient libres de le faire, car personne au sein de l'Autorité palestinienne ne les en empêcherait.
Les Maccabiades ne sont certainement pas le moment idéal pour annoncer un changement de politique israélienne qui se traduirait par la fin de la retenue. La réaction israélienne à l'attentat d'hier sera probablement identique aux réactions précédentes. C'est-à-dire une réaction ponctuelle, peut-être un peu plus douloureuse-mais aucune véritable réaction militaire face au terrorisme.