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Omri Sharon : « La création d’un Etat palestinien est inéluctable » / Shalom Yeroushalmi (Maariv supplément Shavouoth, p.4) - 16 mai 2002
Interview exclusive
traduit par le service de presse de l'Ambassade de France en Israël.
A propos de son père : « Il n’a pas peur de tenir des propos non populaires, et c’est ce qui fait sa force. Si vous vous respectez, que vous n’avez qu’une seule parole, les gens qui vous entourent vous respectent. Il y en a qui font du sondage de l’après midi leur idéologie de la soirée. »

A propos de Nétanyahou : « Nétanyahou a accepté de poursuivre les accords d’Oslo et a lui-même parlé d’Etat palestinien. La différence entre les sionistes du Likoud et ceux du Mapaï (parti ouvrier, ancêtre du Parti travailliste), c’est que les premiers ont toujours parlé et les seconds toujours agi, et pour le coup, Nétanyahou appartient davantage au Mapaï. C’est lui qui a rétrocédé Hébron »

A propos des dirigeants des localités de Cisjordanie et de Gaza : C’est à cause d’eux que le Likoud perd le pouvoir à chaque reprise. Ce fut le cas en 92 et en 96. Shlomo Filber (aujourd’hui directeur de cabinet de Bibi), l’ancien directeur du Conseil des localités juives des territoires, a renversé Nétanyahou et le Likoud à cause des accords de Wye River.

Omri Sharon n’est pas un imbécile. Il est conscient que seul le peuple israélien jugera Sharon le moment venu, et non les 1100 membres du Comité central du Likoud. Il reste convaincu que son père a fait preuve d’un charisme exceptionnel. « Il aurait été facile pour mon père de déclarer devrant le Comité central qu’il avait fait fausse route en évoquant la création d’un Etat palestinien. La foule en délire l’aurait alors applaudi et il aurait été le grand vainqueur de la soirée. Mais est-ce ainsi que l’on dirige un Etat ? Sharon ne trahit pas ce en quoi il croit. Il n’a pas peur de tenir des propos impopulaires. Il s’adapte à toutes les situations. C’est ce qui fait sa force. »

Sharon est le chef d’un Parti qui a voté massivement contre la création d’un Etat palestinien.
« La création d’un Etat palestinien est inéluctable. La question est de savoir comment nous allons influer sur le caractère de cet Etat. Tout le monde est conscient aujourd’hui qu’un Etat palestinien serait reconnu massivement par les pays membres des Nations Unies. Quiconque refuse de reconnaître cette réalité se voile les yeux.

Sur quels territoires naîtra l’Etat palestinien dont parle votre père ?
Que l’on veuille ou non, les zones A ne seront plus sous notre souveraineté, même si elles abritent des Lieux saints du Judaïsme. En revanche, Sharon ne rétrocèdera aucun autre Lieu saint.

Durant la réunion du Comité central, votre père a déclaré qu’il n’avait jamais serré la main d’Arafat contrairement à Nétanyahou. De son côté, Nétanyahou a prétendu qu’il n’aurait jamais pensé envoyer son fils rencontrer le président de l’Autorité palestinienne.
C’est un argument très faible. Mon père m’a dépêché auprès d’Arafat pour sauver des vies humaines. Savez-vous quelle est la différence entre Nétanyahou et nous ?

Non.
« Nétanyahou a toujours serré la main d’Arafat après coup. Il a renforcé Arafat a Washington immédiatement après les évènements tragiques du tunnel des Asmonéens et après les accords de Wye. Il a toujours agi après coup. Nous agissons avant.

Vous avez pourtant serré la main d’Arafat, n’est-ce pas ?
Oui mais je ne suis pas un élu. Je ne suis qu’un émissaire et en tant que tel, il était important que je le fasse au nom de mon objectif qui était, je vous le rappelle, de sauver des vies humaines.

Pourquoi ne pas avoir accepté les propositions de compromis de Livnat et d’Hanegbi ?
Car elles étaient inacceptables. Il s’agit d’une situation complexe, d’un combat politique très difficile. Ce qui s’est réellement passé, c’est que les dirigeants des localités juives de Cisjordanie et de Gaza ont mené le Parti un peu trop loin. C’est à cause d’eux que le Likoud perd le pouvoir à chaque reprise. Ce fut le cas en 92 et en 96. Shlomo Filber (aujourd’hui directeur de cabinet de Bibi), l’ancien directeur du Conseil des localités juives des territoires, a renversé Nétanyahou et le Likoud à cause des accords de Wye River.

Sharon a-t-il perdu la confiance du Likoud ?
« Il a perdu un vote, pas la confiance du Parti. Si la création d’un Etat palestinien reste pertinent à l’avenir, le sujet sera soumis à un nouveau vote. Cette fois-ci le débat sera plus sérieux. Pour l’heure, le gouvernement s’apprête à participer à une conférence régionale non pas à signer un accord définitif avec les Palestiniens. »