Ven 28 mars 2003 7:02

Observatoire pour une Lecture de l'Information sur le Proche-Orient
27 mars 2003



Voici ci-après le fax envoyé au responsable du Théma de mardi 01 avril 2003 sur Arte : "Dialogue israélo-palestinien" où le film "Jénine Jénine" sera diffusé.

Je l'ai eu longuement au téléphone lui exposant nos craintes d'importation du conflit en France et du manque de rigueur de ce film partisan et mensonger sur de nombreux points.

Il faut noter que ce film a été interdit en Israël par la Cour Suprême d'Israël pourtant peu suspecte d'être pro-Sharon (les mêmes personnes de la Cour Suprême qui avait interdit de télévision Sharon en plein milieu d'un discours ...).

Le motif d'interdiction du film avait été que, sur la base d'informations erronées, ce film incitait à la haine et à la discrimination.

Le responsable du Thèma de mardi prochain n'a pas vu le film (mais une de ses assistantes oui ...), juge pourtant qu'il est intéressant et doit avoir une conférence de rédaction vendredi matin pour une décision définitive.

Arte reçoit énormément de mails, courriers, coups de téléphone sur ce sujet ces dernières heures et semble sensible à tous ces appels surtout si ils restent calmes et mesurés.
(par mail http://faq.arte.fr/faq/contact/index_f.cfm, par fax 03 88 14 21 60, par courrier ARTE 2A rue de la Fonderie, 67080 Strasbourg). Le CSA est aussi une solution : http://www.csa.fr/outils/contact/contacteznous_formulaire.php <http://www.csa.fr/outils/contact/contacteznous_formulaire.php Conseil> , par tél/fax :01 40 58 38 00 et 01 45 79 00 06). Regardez aussi le lien vers : http://www.desinfos.com/ACO.html#Anchor-ALERTE-11481.



Les questions véritablement à poser à Arte sont :

. Pourquoi ce thème avec ce film est programmé maintenant avec tous les risques que cela comporte ? Veut-on mettre de l'huile sur le feu sur les communautés en France ? Quel est le véritable objectif d'Arte ?

. Pourquoi ce film si partisan, mensonger, condamnable et condamné pour un thème sur le "dialogue israélo-palestinien" ? Comment peut-on dialoguer quand on dénigre, diabolise et calomnie une des deux parties en présence ? Comment peut-on rester un interlocuteur et une aide au dialogue dans ces conditions ? Ne joue-t-on pas le jeu des extrémistes à ce moment-là ?



Nous espérons tous que ces arguments de modération seront entendus par la direction de Arte. Je tiens à disposition d'autres documents sur Jenine si vous le souhaitez.



Cordialement

Frédéric LELLOUCHE

O.L.I.P.O.

Observatoire pour une Lecture de l'Information sur le Proche-Orient.

Radio Chalom Nitsan





Bonjour Mr M...,



Suite à notre conversation, je vous envoie un des nombreux articles parus sur le film « Jenine Jenine ». J’ai beaucoup d’autres documents (de toutes sources) sur ce qu’il s’est passé à Jénine dont notamment un article de Amira Haas, journaliste de Haarets et le dossier de l’Arche consacré à Jénine du mois de Mai-Juin 2002.

Il ne faut pas oublier aussi le simulacre d’enterrement qui a été filmé le 28 avril 2002 à Jenine (où on voit plusieurs hommes ‘morts’ qui se relèvent miraculeusement …) et qui est facilement consultable sur Internet



Je vous rappelle que Jenine a été et reste le centre du terrorisme palestinien et que des dizaines, voire des centaines de palestiniens sont partis de Jenine pour se faire sauter et tuer des femmes et enfants.

Cette ville a été même surnommée par les palestiniens eux-mêmes (Fatah et Hamas) de « Capitale des hommes suicide » (A'simat Al-Istashidin, en arabe d’un rapport du mouvement Fatah de Jenine adressé à Marwan Barghouti le 25 September 2001)



L’opération à Jénine venait après une série d’attentats qui ont coûté la vie de plus de 100 civils en mars 2002 dont 31 personnes le soir de Pessah (la Pâques juive). Aucune mise en perspective n’est faite lors de ce film.



2-3 avril 2002: Les troupes de Tsahal entrent dans Jénine après une mobilisation de réservistes. Les organisations terroristes ont transformé le camp en champs de mines disséminés dans les rues et les maisons et des tireurs sont embusqués parmi les civils palestiniens. Ce sont des hommes qui entrent sur le terrain, sans bombardement ou « nettoyage » préalable et qui avancent progressivement.

Le combat dure 10 jours, il est extrêmement difficile. Il se tient sur une partie très délimitée du camp, faite de petites rues imbriquées. Le camp s’est en majeure partie vidé de sa population, une centaine de combattants en armes se sont rendus et une centaine d’autres demeurent parmi des civils restés sur place et mêlés aux combats.

23 soldats israéliens sont tués, essentiellement par des engins explosifs disséminés sur l’ensemble du camp. Ces hommes ont de toute évidence trouvé la mort parce qu’ils ont procédé de manière à limiter au maximum les pertes civiles du coté palestinien en ne pilonnant pas de façon systématique l’adversaire.



Les pertes parmi les Palestiniens sont évaluées de la façon suivante par la mission des Nations-Unies dans le Camp, l’ONG Human Rights Watch et l’Hôpital de Jénine : entre 50 et 55 morts et parmi eux entre 27 et 35 combattants, selon les sources. Amnesty International a conclu : « il n’y a pas eu de massacre ».

Il faut ajouter que parmi les hommes non combattants, les femmes et les enfants palestiniens décédés, certains n’ont pas été touchés par des tirs israéliens mais par les charges explosives et les mines cachées par les terroristes palestiniens.


Aussi, il me semble extrêmement dangereux de mettre un film aussi partisan et polémique actuellement à l’antenne surtout si l’objectif est de réunir les communautés. Ce ne sera évidemment pas le résultat obtenu, bien au contraire hélas puisqu’il semble que ce soit de l’huile qui soit jetée bien involontairement sur le feu.

Il existe tellement d’autres films pouvant prôner la tolérance entre les communautés et entre les peuples et qui seront acceptés par toutes les parties.



Je reste à votre disposition si vous souhaitez d’autres informations et espérons pouvoir vous interviewer dans les jours à venir sur Radio Chalom Nitsan pour pouvoir discuter sereinement de ce film et de sa programmation sur Arte.



Cordialement

Frédéric LELLOUCHE

O.L.I.P.O.

Radio Chalom Nitsan



PJ : Article du Docteur David Tsangen dans Maariv sur le film :



Sept mensonges sur « Jénine Jénine »
Dr David Tsangen/
paru dans le journal Maariv le 8 novembre 2002
David Tsangen a assisté à la projection du film “Jénine Jénine” et est revenu choqué.

J’ai vu le film “ Jénine Jénine” de Mohammed Bakri dans un forum restreint avec la directrice de la cinémathèque de Jérusalem Lia Van Leer et quelques journalistes. Au terme de la projection privée de ce film, j’ai réagi et ai dénoncé les mensonges un par un ainsi que le manque d’exactitude.
Une des participantes est intervenue avec colère “Si vous n’acceptez pas les faits de ce film, apparemment vous ne comprenez rien et comment est-il possible que vous soyez un médecin?”
Durant un court instant, j’oubliais que je me trouvais à Jénine au mois d’avril dernier. Je servais alors en tant que médecin de la division régionale et cette honorable spectatrice se nourrissait tout au plus de rumeurs.
Bakri tisse en même temps des mensonges et des demi vérités avec une main d’expert telle qu’il est très difficile de ne pas se laisser séduire par l’image déformée qu’il produit.

Je n’ai pas réussi à convaincre la direction de la cinémathèque d’annuler la projection. On m’a dit que les images des maisons détruites étaient authentiques, c’est pourquoi il y a une part de vérité dans le film et puis de toute façon le film sera projeté dans le monde entier.
J’ai été invité a la première du film a Jérusalem et j’y ai participé afin d’exposer ma position.
Voici quelques points que j’ai voulu présenter au public.

1) Aile ouest de l’Höpital détruite ?

Le directeur de l’hôpital de Jénine, Docteur Abou Ralli affirme dans le film que l’aile ouest de l’hôpital a été bombardée et détruite et que Tsahal (l‘armée israélienne) a intentionnellement touché l’alimentation en eau et électricité de l’hôpital.
Non seulement il n’existe pas mais il n’a jamais existé d’aile ouest de l’hôpital. Et de toute manière aucune partie de l’hôpital n’a été bombardée et encore moins été la cible de tirs.
Les soldats de Tsahal ont justement veillé à ne pas pénétrer dans cette zone bien qu’elle servait d’abri à des terroristes recherchés.
Nous avons fait en sorte que l’hôpital ne manque pas d’eau, d’électricité et d’oxygène pendant tout le temps des combats. Nous avons même aidé à l’installation d’un générateur d’urgence lorsque le système électrique de la ville fut détérioré. Bakri lui même apparaît dans le film dans les couloirs entretenus et propres de l’hôpital mais pas dans le secteur soi-disant bombardé. Je lui ai demandé s’il avait visité l’aile ouest de l’hôpital. Au début il m’a répondu que non et tout de suite après il s’est repris: “attendez, vous souvenez vous de la vitre qui s’est brisée dans le film? Elle vient de là-bas.”
Il est important de préciser qu’Abou Ralli fait office de source autorisée en ce qui concerne le fondement de la thèse du massacre. Au début de l’opération il avait été interviewé à la station de télévision “Al Jazira” et avait fait état de “milliers de morts”.

2) Un autre extrait impressionnant du film rapporte l’interview d’un habitant de Jénine âgé de 75 ans qui pleure amèrement et raconte qu’il a été extrait de son lit en pleine nuit, qu’on lui a tiré dans la main, et qu’après n’avoir pas réussi à obéir aux ordres des soldats lui intimant de se lever, a été blessé à son pied par balle.
J'ai rencontré cette vieille personne. On me l’a amené après l’opération de désinfection d’une des maisons du Hamas dans le camp des réfugiés. Il était en effet légèrement blessé à la main et souffrait d’une égratignure à son pied qui ne provenait en aucun cas d’un tir de balle. Les soldats de Tsahal l’ont transporté à un poste protégé et sûr pour s’occuper de ses blessures et il a été soigné en partie par moi. Un des médecins militaires a diagnostiqué chez lui une insuffisance cardiaque.
Nous avons tout de suite proposé de le transporter à l’hôpital d’Emek Afula. Il a demandé à être pris en charge à hôpital de Jénine pour la raison qu’il ne connaissait pas bien l’hébreu. Après que l’hôpital de Jénine ait refusé de le prendre, nous l’avons transporté à Afula. Il est resté trois jours dans le service interne de hôpital pour des soins relatifs à son problème cardiaque et une anémie dont il souffrait suite à une autre maladie chronique.

3) Une autre personne interviewée dans le film fait mention d’un bébé qu’une balle de fusil a atteint à la poitrine, a traversé son corps et a laissé un trou dans son dos.
Toujours d’après le film, le bébé est décédé suite à l’empêchement des soldats à le transporter à hôpital.
Le corps d’un tel bébé n’a jamais été trouvé. De plus, si une telle blessure s’était produite, il est évident qu’elle aurait été mortelle et par conséquent son transport à hôpital n’aurait pas sauvé sa vie.
Quel est le nom de ce bébé? Où a disparu son corps?

4) Cette même personne interviewée rapporte aussi qu’avec son doigt il a ouvert un conduit d’air dans le cou chez un enfant blessé lui permettant de respirer.
De nouveau fabulation absolue: ce type d’action est impossible a l’aide d’un doigt.
Ce même “témoin” raconte que des tanks ont écrasé des gens vivants, allant et venant sur les corps jusqu’à compression totale. Pur et simple mensonge!

5) Le film fait mention de fosses communes que Tsahal a creusés aux morts palestiniens.
Toutes les instances internationales qui ont enquêté a ce sujet sont d’accord pour affirmer qu’à Jénine il y a eu 52 morts palestiniens et que tous les corps ont été remis aux palestiniens afin d’être enterrés.
Bakri ne se donne pas la peine de montrer l’emplacement des dites fosses.

6) Le film prétend que des avions israéliens ont bombardé la ville.
C’est faux. Afin d’empêcher au maximum des victimes civiles, l’armée s’est servie d’hélicoptères au tir précis.

7) Bakri n’était pas présent à Jénine au moment de l’opération “Mur de Protection”. Il est arrivé à Jénine seulement deux semaines après la fin de opération.
Dans les photographies qu’il a prises, il montre un terrain détruit du centre de la ville de telle manière qu’il semble beaucoup plus grand que ce qu’il n’est en réalité. De plus on ne voit pas les photos des shahids et les slogans du Djihad qui remplissaient les murs au moment de opération.
Le film fait encore et toujours une manipulation des images de tanks qui ont été photographiés dans d’autres endroits et les racole de façon artificielle à des photos d’enfants palestiniens.
De façon générale il s’agit d’une manipulation grossière même si elle est bien faite.

A la fin de la projection du film des centaines de spectateurs ont applaudi longuement Bakri et le monteur du film. Bakri s’est tourné vers l’auditoire et a demandé s’il y avait des questions. Je me suis présenté, je suis monté sur l’estrade et j’ai commencé à recenser de façon systématique les mensonges et les inexactitudes du film.
Au départ il y avait des murmures dans le public et puis ont commencé des insultes. On me traita d’assassin, de criminel de guerre etc.…
Je n’avais pas encore terminé d’exposer le deuxième point qu’une personne de l’auditoire est montée sur l’estrade. Elle était très agressive et a essayé de m’arracher le microphone de la main. J’ai décidé de ne pas céder à la violence; je l’ai laissé prendre le microphone et suis descendu de l’estrade. J’étais surpris de constater qu’une faible poignée de gens se sont élevés contre cette atteinte au droit à la parole et à la liberté d’expression.
J’étais choqué de voir que le public n’était pas prêt à écouter les faits rapportés par une personne qui était présente au moment de l’opération.
J’ai dit que je n’ai assassiné personne mais les appels se sont enflammés et une haine indescriptible fut dirigée contre moi.Une sensation dure m’accompagne et ne me quitte pas depuis. Je ne regrette pas d’être venu à la cinémathèque ce même soir. Je suis convaincu qu’il y a eu des gens qui m’ont entendu et à qui j’ai changé le sentiment par rapport aux “faits” contenus dans le film.
Je suis sûr qu’il y a eu d’autres gens qui étaient consternés du manque de tolérance qu’a montré le public et malgré cela il m’est dur de constater qu’ils étaient une minorité silencieuse.
Permettez moi d’exprimer ce que je n’ai pas réussi a dire ce même soir a ces personnes insufflées de haine.
Je suis fier d’avoir fait partie des forces excellentes et morales qui ont opéré à Jénine; des soldats en service et des réservistes plein de motivation et d’esprit de combat qui sont allés détruire l’infrastructure du terrorisme dans son fief.
De Jénine sont sortis beaucoup de kamikazes qui ont tué dans les rues de nos villes: des hommes des femmes et des enfants. Je suis fier que nous ayons été là-bas et que nous ayons combattu. Je suis fier aussi de notre conduite morale tout au long des combats. Le camp n’a pas été bombardé par les avions pour empêcher la tuerie de civils innocents. Nous n’avons pas utilisé non plus l’artillerie bien que connaissant les zones exactes du camp où se barricadaient les terroristes. Les soldats se sont battus contre les terroristes et uniquement contre eux.
Précédant la démolition d’une maison de laquelle provenaient des tirs dirigés contre nos soldats, nous lancions plusieurs avertissements et donnions aux terroristes la possibilité de sortir indemne.
L’équipe médicale a porté de l’aide à tous les blessés même s’ils portaient des tatouages du Hamas sur les mains.
A aucun moment n’a été empêché le secours médical.
Ce combat a la fois héroïque et moral nous a fait payer un prix très cher car nous avons perdu parmi les meilleurs de nos combattants! Nous qui étions là-bas, ceux qui sont tombés au combat, leurs familles et Tsahal ne méritons pas que Mohammed Bakri incite le monde au meurtre et la haine.
Fermer la fenêtre