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Binyamin Netanyahou : "Sharon se trompe sur le fond et au plan tactique, quand il accepte un Etat palestinien"
interview avec Dan Shilon (Maariv) - 26 octobre 2001 - cet article a été traduit par le service de presse de l'Ambassade de France en Israël.

Question :?Auriez-vous limogé le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres ?

Rép.:"J'aurai défini une politique uniforme. Si le ministre des A.E. est prêt à l'endosser, tant mieux; mais dans le cas contraire, je lui aurai évidemment demandé d'en tirer les conséquences".

Qu. :Le chef d'état-major Shaoul Mofaz est-il un chef d'état-major politisé ?

Rép. : "Absolument pas".

Qu. :Avez-vous l'intention de vous allier avec lui quand il aura quitté l'uniforme ?

Rép. : "Je pense que tous ces bavardages sont irresponsables. C'est un chef d'état-major professionnel, qui fait son travail au mieux".

(...)

Qu. : Si je résume ce que vous avez dit jusqu'à présent, j'en déduis que vous n'avez pas de réel programme politique, et que c'est la raison pour laquelle vous dites qu'il est impossible de parvenir à un accord, et que par conséquent l'avenir ne promet que la guerre .

Rép. : Nous pourrons parvenir à un accord avec les Palestiniens que lorsqu'ils auront renoncé à nous détruire.

Qu. : En imaginant qu'ils aient renoncé, quel est votre programme ?

Rép. J'ai un programme. Lorsqu'il y aura en face de nous un véritable partenaire et non pas un ennemi, nous donnerons aux Palestiniens le droit de s'autogérer, sans qu'ils jouissent pour autant des pouvoirs souverains qui menacent de détruire l'Etat d'Israël.

Qu. :Vous n'êtes plus dans le coup. Même Ariel Sharon accepte aujourd'hui la création d'un Etat palestinien et l'évacuation de la bande de Gaza.

Rép. Je pense que c'est une erreur, tant sur le plan de la signification que sur le plan tactique.

Qu. : Une erreur de Sharon ?

Rép. C'est une erreur de proposer la création d'un Etat palestinien

Qu. : Une erreur de Sharon ?

Rép. Quiconque accepte cette idée, y compris le Premier ministre, fait erreur. Lorsqu'on est victime du terrorisme, la dernière chose à faire est de récompenser les terroristes en leur offrant un Etat. Pour la même raison, les Etats-Unis font également erreur en annonçant que la fin du processus se soldera par la création d'un Etat palestinien. Concrètement, en créant un Etat palestinien indépendant, on sous-entend qu'il bénéficiera de prérogatives qu'aucun citoyen israélien ne peut accepter dans le cadre d'un accord de paix.

Qu. : Vous dites donc non à un Etat palestinien indépendant ?

Rép. En effet je dis non à la création d'un Etat palestinien, mais je dis oui à un pouvoir palestinien dépourvu d'une souveraineté capable de mettre en péril l'Etat d'Israël. Mais je veux parler de l'essentiel. En admettant que l'on parvienne un jour à un arrangement politique, il faudra faire exactement le contraire de ce que préconisait Oslo. La logique d'Oslo était de d'abord évacuer Gaza et Jéricho , puis de discuter des problèmes épineux.

Qu. : Qu'entendez-vous par "exactement le contraire" ?

Rép. Cela signifie que nous devrons avant tout régler les problèmes épineux, tel que la question des réfugiés. Il nous faudra obtenir des Palestiniens qu'ils renoncent à tout jamais au retour des réfugiés.

Qu. : Cela revient à rester au point mort...

Rép. Nous devons faire comprendre aux Palestiniens qu'ils doivent impérativement renoncer à noyer Israël à l'aide de millions de réfugiés palestiniens. Nous leur ferons également comprendre que nous ne renoncerons jamais à Jérusalem.

Qu. : Vous êtes un très bon commercial, mais vous n'avez rien à vendre. Vous n'avez pas de programme politique.

Rép. J'ai vu où ont mené les autres programmes politiques, à la catastrophe.

Qu. : Mais vous n'en avez aucun.

Rép. Ce que je propose, c'est une paix froide obtenue par le pouvoir de dissuasion d'Israël, qu'il faut d'ailleurs rétablir. Il est impossible de parvenir à un accord dans un avenir proche. Arafat a tué cette possibilité.

Qu. : Pourquoi tenez-vous tant à talonner Sharon de si près?

Rép. Ce qui m'intéresse, c'est la politique au sens strict du terme. Si seul l'intérêt personnel me poussait à faire de la politique, j'aurais été depuis longtemps Premier ministre.

Qu. : Pourquoi effectuer votre retour en politique ? Regardez donc ce à quoi vous renoncez : un contexte international qui vous est bénéfique, vous êtes un des conférenciers les plus demandés au monde, et votre livre est un best-seller.

Rép. J'ai le sentiment que l'expérience que j'ai accumulée et que le discours que je prêche font que même certains de mes adversaires politiques, voire même certains de vos collégues dans les médias, me regardent autrement. Avec du recul, tous admettent aujourd'hui que ma politique a amené des changements bénéfiques à Israël.

Qu : Binyamin Nétanyahou, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi vous souhaitez tant redevenir Premier ministre ?

Rép. Pour tirer Israël de l'impasse et pour garantir l'avenir du peuple juif.