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Négationnisme subliminal

Copie d'un message envoyé à Libération et Le Monde, 21/05/02.


Elie M.
Jérusalem

Mesdames et Messieurs les journalistes,


Je voudrais vous remercier de l'aide précieuse que vous m'avez apportée la semaine dernière.

En effet, je me demandais depuis longtemps, et plus particulièrement depuis le début de la nouvelle vague de terrorisme en Israël, pourquoi la plupart des médias et politiques français soutenaient plus ou moins ouvertement la cause palestinienne. J'avais émis plusieurs hypothèses, parmi lesquelles soumission à la force électorale (10% de la population française serait arabe ou musulmane), soumission à la force économique (médias tenus par des groupes ayant des intérêts dans les pays arabes ; pétrole, etc…), soumission à la terreur (et si des "jeunes" se mettaient à se faire sauter dans le métro parisien ??), soumission à la "politique arabe" du Quai d'Orsay, voire même soumission au "politiquement correct" de la gauche rouge-verte-rose et aux tendances anti-globalisation et anti-américain.

Mais quel naïf j'ai pu être !

Ce parti pris ne se traduit pas seulement par une déformation ou occultation systématiques des faits (il est vrai que l'AFP n'y est pas pour rien !), mais aussi par l'utilisation d'un vocabulaire qui, à lui seul, discrédite Israël. Je n'avais guerre prêté attention à cette terminologie tant les médias ont réussi à la banaliser, comme par exemple :

Depuis la fameuse bataille de Jénine s'est encore plus intensifiée l'utilisation de notions faisant référence à la Seconde Guerre Mondiale :

Cette semaine le parallélisme entre la Shoah et ce que "subissent" les Palestiniens est devenu encore plus flagrant avec l'apparition du terme "déporté", utilisé encore très parcimonieusement pour que les lecteurs s'y habituent doucement. "déportés" - les Palestiniens sont "déportés" par Israël - quel symbole ! Le peuple qui a tant souffert il y a seulement 60 ans, pratique aujourd'hui les même méthodes que ses bourreaux !

A l'instar de l'analogie entre le ghetto de Varsovie et la bataille de Jénine (caricature apparue dans Le Monde), on "regrette" l'erreur - mais le mal est déjà fait - puis on recommence un peu plus tard sur le même registre.


La conclusion est évidente : les pires atrocités commis au 20ème siècle l'ont été par des Européens, et parmi eux un certain nombre de Français. Comme on ne peut malheureusement pas effacer ces crimes, on essaye de les minimiser en falsifiant l'histoire qui est en train de s'écrire aujourd'hui afin que les générations futures ne se sentent plus coupables de leur passé et se disent ce que disent actuellement à voix haute de nombreux dirigeants arabes : si les Allemands avaient fini leur travail, les pauvres Palestiniens n'auraient pas souffert.

Par ces abus de langage la presse française, en comparant implicitement la Shoah et le conflit israélo-arabe, en plus de la désinformation flagrante, ne fait rien d'autre que du négationnisme subliminal.