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BARAK ET LA COMMISSION MITCHELL
Ben Caspit, MAARIV, 3.Avril.01

"Si vous n'avez pas l'intention de faire retomber la responsabilité du début des violences sur Yasser Arafat, mieux vaut que vous ne rédigiez aucun rapport", a déclaré la semaine dernière l'ancien Premier ministre, Ehud Barak, lors d'une longue rencontre avec les membres de la Commission Mitchell, chargée de l'établissement des faits sur le commencement de la nouvelle intifada palestinienne.
Barak et les membres de la commission ont eu un repas commun dans un restaurant à Jaffa. Barak a exposé à ses hôtes sa version complète sur le déclenchement des événements violents qui ont donné le signal de l'Intifada. Selon des témoins oculaires, cette rencontre a été "dramatique, émouvante, chargée d'émotions et passionnante".
Les membres de la Commission ont entendu Barak pendant plus de 2 heures. L'impression générale qu'il a laissée est celle d'un homme qui a payé tout le prix des événements, qui a été congédié de ses hautes fonctions et a vu le terme de sa carrière politique. A cette rencontre assistaient aussi des collaborateurs de Barak, comme Me Guil'ad Sher, et le général (rés.) Dany Yatom, ainsi que le Directeur général (sortant) du ministère des Affaires étrangères, Alon Liel. Ci-après, un résumé des paroles de l'ex-Premier ministre.
Au sujet d'Arafat : "Arafat a choisi la voie de la violence. Il espère en tirer bénéfice, il l'encourage et la soutient. En décidant d'emprunter le chemin de la violence, il a fait un choix stratégique, et cela dès le sommet de Camp David, quand il rejeta toutes les propositions qui avaient été faites là-bas. Il est incapable de prendre une décision courageuse. Il ne veut pas un règlement, il veut perpétuer la violence. Le monde doit le condamner parce qu'il a choisi la voie du terrorisme. Le jour où j'ai compris qu'il n'etait pas prêt à accepter les propositions faites à Camp David, j'ai su que je n'avais pas d'interlocuteur, qu'il n'y avait pas de partenaire pour conclure des affaires".
A propos de la négociation : "Les Palestiniens nous ont berné. Sur la question de Jérusalem, ils nous donnaient à chaque fois l'impression que si nous cédions encore un peu, cela les satisferait de leur point de vue. C'était comme ça pour le couloir d'accès protégé au Mont du Temple, c'était comme ça pour les quartiers palestiniens. A chaque fois que nous avancions encore un peu dans leur direction, il s'avérait que cela ne suffisait pas à leur appétit. Tout au long de la négociation, nous avons fait preuve de souplesse, nous avons fait des concessions -- alors qu'eux en restaient toujours au même point et ne consentaient pas à la moindre concession".
Au sujet d'Ariel Sharon : "Sa visite sur le Mont du Temple n'était pas dirigée contre Yasser Arafat, mais contre ma politique. Les émeutes n'ont pas éclaté à cause d'elle, mais elles avaient été planifiées longtemps à l'avance. C'est un fait : il y a eu des incidents dès avant cette visite. Arafat a pris l'initiative des affrontements à titre de stratégie. Il était à Camp David, il a négocié avec moi, mais dans le même temps, il préparait l'éruption de violence"./.