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Dépêche Spéciale/ - Recherches sur le djihad et le terrorisme

Le 12 mars 2001

Abou Ubeid Al-Qurashi, activiste d’Al-Qaïda, compare le massacre de Munich 1972 aux attentats du 11 septembre.

Dans le 4ème numéro d’ " Al-Assar — pour la lutte contre la guerre de Croisades ", publié sur Internet, le journaliste Abou Ubeid Al-Qurashi (1) compare l’opération de Munich (le meurtre d’athlètes israéliens aux Jeux Olympiques) à celle du 11 septembre.

Les opérations du 11 septembre et de Munich 72 ont toutes deux représenté des victoires

…En apparence, l’opération [aux jeux olympiques] de Munich fut un échec dans la mesure où elle n’a pas conduit à la libération escomptée des prisonniers, et a même jeté une ombre de doute sur la justesse de la cause palestinienne dans l’opinion publique mondiale. Mais à la suite de cette opération, et en dépit de la tournure que semblait d’abord avoir pris les événements, elle s’est avérée être une très grande victoire médiatique, la première véritable déclaration au monde entier de la naissance du mouvement de résistance palestinien. (2)

?le fait est que l’opération de Munich a été un grand coup de propagande : 4000 journalistes et membres du personnel de la radio ainsi que 2000 commentateurs et techniciens télé se trouvaient là pour couvrir les Jeux olympiques. Et soudain, ils se sont vus diffuser la souffrance du peuple palestinien (3). Ainsi, 900 millions de personnes dans 100 pays ont été témoins de l’opération par le biais de leurs écrans télévisés. Cela signifie qu’au moins un quart du monde savait ce qui se passait à Munich ; après cela, ils ne pouvaient plus ignorer le drame vécu par les Palestiniens.

?Les opérations du 11 septembre ont été un plus gros coup de propagande encore. On peut dire qu’elles ont battu un record d’efficacité en matière de propagande… A quelques exceptions près, tous les habitants de la planète en ont entendu parler.

?Or il semble que l’opération de Munich et le raid de New York se ressemblent sur certains points, bien qu’ils diffèrent sur d’autres. Au point de vue international, l’opération de Munich est intervenue dans une atmosphère de guerre froide où deux puissances mondiales, l’Amérique et l’URSS, luttaient l’une contre l’autre… Le raid de New York a eu lieu dans une atmosphère internationale complètement différente. L’Amérique est devenue le dirigeant exclusif [du monde] et a, plus que jamais, usé de tyrannie, dévoilé son mépris des autres et son désir de domination sur le terrain.

Le 11 septembre a redoré le blason arabe et islamique

L’opération de Munich n’a pas conduit aux buts escomptés, contrairement au raid de New York, très bien planifié, qui s’est révélé être un succès complet. Il a représenté un défi douloureux pour les Etats-Unis, un coup sans précédent qui a eu, et aura encore, des répercussions dans le monde entier. Contrairement à l’opération de Munich, dont l’impact et les ambitions nationales étaient limités, le raid de New York avait des buts et des aspirations élevés ; il a sonné l’heure du retour de la gloire arabe et islamique… Ses auteurs n’ont pas cherché à éveiller la compassion de l’Occident ; ils ont voulu révéler la tromperie et le mensonge américains aux différents peuples du monde — et avant tout aux peuples islamiques…

?L’histoire se souviendra sans aucun doute de la résistance d’Al-Qaïda et des talibans… comme d’un modèle de guerre entre parties inégales… Al-Qaïda peut s’approprier les moyens [technologique] de l’ennemi et les utiliser contre lui, alors que l’ennemi ne peut pas en faire autant. Les moudjahidin peuvent agir ainsi parce qu’ils connaissent la mentalité de l’ennemi et le fonctionnement de la société ennemie. Par contre, l’ennemi n’a aucun moyen de dissuader ou d’influencer le croyant.

?Après l’opération de Munich, les pays occidentaux ont su calmer la fureur des Palestiniens, au moins temporairement : ils ont ouvert des forums internationaux diplomatiques à l’attention des leaders de la résistance. La meilleure preuve en est la visite d’Arafat aux Nations Unies et son discours à l’Assemblée nationale, à peine 18 mois après l’opération de Munich. Le courant de reconnaissance de l’OLP n’a cessé de s’élargir : à la fin des années 70, 86 pays reconnaissaient l’OLP, comparé à 72 seulement qui reconnaissaient Israël. Mais aujourd’hui, il est difficile de calmer la rage islamique, considéré le niveau élevé des buts à atteindre : éliminer complètement le colonialisme occidental dans la région islamique et éloigner une bonne fois pour toutes l’Occident des affaires régionales…

?Certains pensent peut-être que l’absence de soutien régional et international au djihad (la résistance [palestinienne], elle, était soutenue) constitue un point faible [pour le mouvement du djihad]. Mais c’est l’inverse qui est vrai : grâce à cette situation, les moudjahidin ne sont amenés à faire aucune concession, ni à continuellement revoir leurs exigences à la baisse - ce qui les ferait chuter - comme l’ont fait de nombreuses organisations de résistance qui ont succombé aux pièges de la traîtrise et de la soumission, y perdant leurs principes…

Le 11 septembre prouve la supériorité de l’islam sur l’Occident

Certains commentateurs soutiennent que le but direct du raid de New York était de briser les idoles dans l’esprit des peuples et de les sortir de leur torpeur. C’est effectivement ce qui est arrivé. Voilà les conclusions que nous pouvons tirer du raid de New York :

  • Les Américains sont complètement incapables de vendre leur guerre. Ils n’ont même pas réussi à trouver un nom acceptable à leur campagne. Ni " Guerre de Croisade ", ni " Justice Absolue ", ni " Justice Infinie " n’ont permis à la propagande américaine d’avoir raison de la haine de l’Amérique. Ils n’ont même pas réussi à supprimer les doutes internes à l’Amérique.
  • La nation islamique se bat contre la mondialisation, et continue dans cette voie avec son attitude négative envers les discours et les explications de l’Occident. La fureur des Occidentaux s’est accrue quand il est devenu clair que [les musulmans] pouvaient user des mêmes ordinateurs qu’eux sans pour autant épouser les mêmes valeurs. Contre toute attente, la culture [islamique] ne peut être brisée par la technologie.
  • L’Occident ignore le pouvoir de la foi. La civilisation occidentale, qui se base sur la révolution de l’information, ne peut éloigner les musulmans du Coran. Le livre d’Allah apporte aux cœurs des musulmans une foi plus profonde que toutes les descriptions utopiques et les [mensonges] de la tyrannique machine de propagande occidentale.
  • Les symboles ne perdent jamais leur sens. Le cheik Oussama Ben Laden est devenu le symbole des réprimés aux quatre coins de la terre — même chez les non-musulmans.
  • La taille de la machine de propagande occidentale n’a pas empêché le cheik Oussama de la vaincre dans ce qui ressemblait à un mouvement de judo. Les Occidentaux agressifs se sont habitués à contempler les tragédies des autres — mais le 11 septembre c’est l’inverse qui s’est produit…
  • L’histoire prouvera le bien fondé des événements du 11 septembre

    Certaines données témoignent de l’importance de l’opération de Munich dans l’histoire du mouvement de résistance [palestinien] et de son influence dans le monde entier. C’est un fait connu que l’une des conséquences directes de cette opération fut que des milliers de jeunes Palestiniens ont décidé de se joindre aux organisations de fedayin… Le nombre d’organisations engagées dans la " terreur " internationale est passé de 11 en 1968 à 55 en 1978. 54% de ces nouvelles organisations ont cherché à imiter le succès de l’organisation palestinienne — et plus particulièrement à bénéficier de la même publicité.

    ?L’augmentation des activités " terroristes " après Munich est un phénomène qui va sans doute se reproduire, d’autant plus que le raid de New York a été un désastre politique, économique et militaire pour l’Amérique 10 fois plus grand que celui de l’opération de Munich. Il va progressivement mener à une guerre généralisée contre les croisées américaines et, s’il continue de s’étendre, frappera au cœur de l’Amérique. (4)

    1. D’Après Al-Qods al-Arabi, quotidien en arabe diffusé à Londres, Al-Qurashi est un activiste dépendant de Ben Laden, et Al-Anssar est publié par Al-Qaïda. Le quotidien londonien Al-Sharq al-Awsat a aussi qualifié Al-Qurashi de l’un des principaux assistants de Ben Laden.
    2. Abou Iyad, en collaboration avec Eric Rouleau : Ma maison et ma terre, récit du combat palestinien (New York : Times Books, 1981). La note provient de l’article original.
    3. John K. Cooley : Septembre noir, histoire des Arabes palestiniens (Londres : Frank Cass). La note provient de l’article original.
    4. Al-Anssar, le 27 février 2002.

     

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