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Le 20 juin 2001

Crimes d'« Honneur »

Pourquoi les auteurs s'en tirent facilement

Par Yotam Feldner*

Traduit de l'anglais par Pinhas Konopnicki

 

Le 31 mai 1994, Kifaya Husayn, jeune jordanienne de 16 ans, avait été attachée sur une chaise par son frère de 32 ans. Il lui donna un peu d'eau à boire et lui dit de réciter une prière islamique. Ensuite, il lui trancha la gorge. Immédiatement après, il s'était précipité dans la rue, agitant le couteau ensanglanté et pleurant : "J'ai tué ma sœur pour laver mon honneur." Le crime de Kifaya? Elle avait été violée par un autre frère, un homme de 21 ans. Le juge et les jurés? Ses propres oncles qui ont convaincu son frère aîné que Kifaya était "un trop grand déshonneur pour que la famille lui permette de vivre".[1] L'assassin a écopé de 15 ans mais la sentence a été ensuite réduite à 7 ans et demi, une peine extrêmement sévère selon les normes jordaniennes.

Aujourd'hui, les crimes d'honneur sont principalement répandus au sein des populations musulmanes. [2] Cet article analyse les circonstances sociales, légales et religieuses des crimes d'honneur dans un état musulman - la Jordanie - où selon des rapports officiels jordaniens, les crimes d'honneur conduisent à la mort de 20 à 25 femmes par an. (Le nombre réel est probablement bien plus élevé, certains assassinats étant maquillés en suicides ou en accidents; un rapport du département d'état américain de 1998 estime le nombre annuel à peu près 100.)[3] La Jordanie présente un intérêt particulier à cause d'une campagne, lancée à l'été 1999 et visant l'abolition de la réduction de peine accordée aux crimes d'honneur, laquelle rencontra une opposition féroce des forces conservatrices au parlement jordanien. La controverse fit éclater au grand jour des thèses et doctrines qui sont normalement non-dites et dont les implications concernent les musulmans partout, Occident compris. L'article intègre également des exemples des sociétés égyptienne et palestinienne.

 

Deux Types d'Honneur

La compréhension de la nature de ces crimes nécessite une mise en perspective de la notion d'honneur dans la société arabe traditionnelle qui en distingue deux genres : sharaf et 'ird.[4] Sharaf désigne l'honneur d'une unité sociale, comme la tribu arabe ou la famille, ainsi que des individus, et est sujet à fluctuation positive ou négative. L'échec d'un individu à suivre ce qui est défini comme une conduite morale adéquate affaiblit le statut social de la famille ou de l'unité tribale. D'un autre côté, le sharaf de la famille peut être rehaussé par des comportements modèles tels que l'hospitalité, la générosité, le courage au combat, etc. En résumé, sharaf correspond à peu près au concept occidental de dignité.

Par contre, 'ird ne désigne que l'honneur des femmes et sa valeur ne peut que se dégrader. Il correspond à peu près au concept occidental de "chasteté" et de "pureté". Et comme pour ces dernières, un comportement moral exemplaire ne peut renforcer l''ird d'une femme mais l'inconduite, elle, peut entraîner des dommages irréparables. En outre, 'ird l'emporte sur sharaf : l'honneur de la famille arabe ou de la tribu, le respect qu'on lui accorde, peut être gravement atteint quand la chasteté d'une de ses femmes est violée ou quand sa réputation est entachée. Par conséquent, la violation de l'honneur d'une femme requière une action drastique, comme l'explique Tarrad Fayiz, un leader tribal jordanien : "Une femme est comme un olivier. Quand des vers à bois rongent une branche, il faut l'élaguer pour que la société reste propre et pure."[5]

Les comportements qui reviennent à une violation de l'honneur familial ne sont pas précisément codifiés. Fondamentalement, il faut qu'il y ait contact non supervisé d'une femme avec un homme qui pourrait être interprété par la société comme intime. Un tel contact peut être insignifiant : une jordanienne de 15 ans a été lapidée à mort par son frère qui la repéra "marchant vers une maison où de jeunes hommes habitaient seuls".[6] En ce qui concerne le viol, la société considère la femme violée non comme une victime qui doit être protégée mais comme quelqu'un qui dégrade l'honneur de la famille, et les proches choisiront d'effacer la honte en lui ôtant la vie. A défaut de quoi, le déshonneur familial en sera encore accru.

Mais le meurtre n'est pas le seul remède contre le viol ou d'autres violations de la chasteté d'une femme. Une alternative consiste à retrancher la femme dans un mariage. Le marié est censé être celui qui a violé son honneur bien que marier la femme à quelqu'un d'autre soit aussi envisageable. Par exemple, si le violeur est le frère et le mariage impossible, la famille peut trouver quelqu'un d'autre pour épouser la victime. Cette procédure de mariage est ressentie comme apte à réparer l'offense supposée avoir été commise par la victime du viol contre sa famille et en tant que telle a gagné l'approbation légale de l'état. [7] Ainsi, si le mariage d'une victime de viol a lieu en Jordanie ou dans quelqu'autre pays arabe du Moyen-Orient, l'enquête criminelle est interrompue mais le violeur encoure toujours des poursuites criminelles s'il divorce de sa femme dans les cinq ans "sans raisons légitimes."[8] Cette coutume bénéficie d'un soutien dans certains endroits inattendus; un avocat d'un groupe de défense des droits de l'homme au Caire soutient que "mettre un violeur en prison n'aide personne...mais s'il épouse la victime, alors ça aide les deux, en leur donnant une chance de recommencer à zéro et en protégeant la fille d'une stigmatisation sociale infamante."[9] Cependant, les autorités islamiques en Jordanie et en Egypte ont récemment exprimé leur opposition à cette loi, affirmant qu'une telle procédure n'est pas prescrite par l'islam et ont demandé son abolition.[10]

 

La Pression Sociale

Le meurtre des femmes pour recouvrer l'honneur de leur famille provient en grande partie de la pression sociale et psychologique ressentie par les tueurs ainsi qu'ils en témoignent dans leurs confessions. Les meurtriers avouent à de nombreuses reprises que leur cercle de relations sociales immédiates, la famille, le clan, le village ou autres, les avaient encouragés et attendaient d'eux qu'ils commettent le meurtre. Du point de vue de la société, s'abstenir de tuer la femme dégrade ses proches parents. Voici cinq exemples:

Un Palestinien de 25 ans qui avait pendu sa sœur

avec une corde : " Je ne l'ai pas tuée, mais plutôt

aidée à commettre un suicide et à exécuter la peine

de mort à laquelle elle s'est condamnée elle-même."

Un Jordanien assassine sa sœur qui avait été violée par un autre frère. La famille avait d'abord essayé de recouvrer son honneur en mariant la victime a un vieil homme mais ce nouveau mari en fit une prostituée et elle s'échappa. L'assassin confessa que si c'était à refaire il ne la tuerait pas mais plutôt tuerait son père, sa mère, ses oncles et tous les parents qui l'avaient poussé à tuer et conduit en prison. Au lieu de tuer sa sœur et d'aller en prison, il dit qu'il aurait dû "l'attacher avec une corde comme une chèvre et la laisser vivre sa vie comme ça jusqu'à ce qu'elle meure."[11]

Un Egyptien qui avait étranglé sa fille enceinte hors mariage et ensuite découpé son corps en huit morceaux pour les jeter dans les toilettes : "La honte me hantait où que j'aille [avant le meurtre]. Les gens du village n'avaient aucune pitié pour moi. Ils faisaient des blagues et se moquaient de moi. Je ne pouvais plus le supporter et j'ai décidé de mettre un terme à cette honte."[12]

Un Palestinien de 25 ans qui avait pendu sa sœur avec une corde : "Je ne l'ai pas tuée mais plutôt aidée à commettre un suicide et à exécuter la peine de mort à laquelle elle s'est condamnée elle-même. Je l'ai fait pour laver de son sang l'honneur de la famille qui avait été violé à cause d'elle et en réponse au vœu de la société qui n'aurait eu aucune pitié pour moi si je n'avais pas fait... la société nous enseigne dès l'enfance que le sang est le seul moyen de laver son honneur."[13]

Un jeune Palestinien qui avait tué sa sœur qui avait subi une agression sexuelle : "Avant l'incident, je buvais du thé et son goût était amer parce que mon honneur avait été violé. Après le meurtre, je me sentais beaucoup mieux... Je ne souhaite à personne l'état mental dans lequel je me trouvais. J'étais sous une terrible pression mentale."[14]

Un autre Palestinien qui avait assassiné sa sœur : "Je devais la tuer parce que j'étais le plus vieux[des hommes]membres de la famille. Mon seul mobile du meurtre était[mon désir] d'être débarrassé de ce que les gens disaient. Ils me reprochaient de l'encourager à forniquer... Je lui ai laissé choisir la manière dont je me débarrasserais d'elle : lui couper la gorge ou l'empoisonner. Elle a choisi le poison."[15]

Ces témoignages s'inscrivent dans l'analyse de 'Izzat Muhaysin, psychiatre au Projet pour la Santé Mentale de Gaza, qui dit que la culture de la société conçoit quelqu'un qui s'abstient de "laver la honte avec le sang" comme "un lâche qui ne mérite pas de vivre." Souvent, ajoute-t-il, une telle personne est décrite comme étant moins qu'un homme. [16]

Dans certains cas, la décision de commettre un meurtre peut être déléguée. Dans le cas de Kifaya Husayn qui introduit cet article, les oncles de la victime ont en fait chargé son frère de commettre le crime au nom de la famille. L'assassin dans le cinquième cas cité plus haut s'est senti obligé de commettre le crime en tant qu'homme le plus âgé de la famille.

Le meurtre aboutit à l'effet social escompté, permettant à la famille de recouvrer son statut social d'origine. L'assassin, dans le quatrième cas cité plus haut poursuivit en racontant que près de dix mille personnes assistèrent aux funérailles de sa sœur; une fois qu'elle fut morte, la société agréait à nouveau la famille.

L'indulgence pour les assassins de parentes féminines, particulièrement les épouses, n'est pas entièrement étrangère à la société occidentale. Par exemple, en 1989, un juge de la ville de New York condamna un homme à seulement cinq ans de liberté provisoire pour le meurtre de sa femme adultère, en vertu de la "grande honte et l'humiliation" que l'homme avait ressenties d'être cocufié.[17] En 1994, un juge du Maryland condamna un homme à seulement 18 mois de prison pour le meurtre de sa femme qu'il avait surprise en adultère - et, reconnaissant le stress qu'il avait certainement enduré, le juge s'excusa de lui infliger une peine aussi dure. [18] Cependant, en Occident de tels cas sont exceptionnels; dans les pays arabes, l'indulgence vis-à-vis des meurtres liés à l'honneur familial est la norme et est, en outre, prévue par le code pénal.

 

Le Cas jordanien

Certains états arabes distinguent légalement les crimes d'honneur des autres types de meurtres. Les premiers sont traités par une clause séparée dans le code pénal qui permet au meurtrier de bénéficier de réductions de peine ou même d'éviter toute condamnation. En Jordanie, par exemple, les peines pour crimes d'honneur sont d'habitude comprises entre trois mois et deux ans d'emprisonnement.[19] Ce traitement allégé découle du code pénal jordanien dont deux articles traitent de cette question:

- Article 98 : Celui qui commet un crime à cause d'un état de colère

extrême causé par un acte illégal, et dans une certaine mesure

dangereux, commis par la , bénéficie d'une réduction de peine.

- Article 340 : (a) Celui qui découvre sa femme ou une de ses maharim

[parentes féminines d'un degré de consanguinité qui exclut le mariage]

en train de commettre l'adultère avec un autre homme et tue, blesse ou

cause un dommage à l'un ou aux deux, est dispensé de toute peine;

(b) celui qui découvre sa femme ou une de ses sœurs ou parentes

féminines avec un autre dans un lit illégitime et tue, blesse ou cause un

dommage [à l'un ou aux deux] bénéficie d'une réduction de peine.[20]

Selon l'Article 340 du code jordanien : "Celui qui découvre

sa femme...en train de commettre l'adultère avec un autre

homme et tue, blesse ou cause un dommage à l'un ou aux

deux est dispensé de toute peine."

Dans la plupart des cas, les meurtriers construisent leur défense sur l'Article 98, dont la terminologie rappelle quelque peu le concept occidental de "folie passagère". En effet, les politiciens jordaniens, comme le sénateur Muhammad Kaylani, croient qu'il en est ainsi. "Si un homme trouve sa femme au lit avec quelqu'un d'autre et qu'il la tue immédiatement" explique Kaylani, "alors il ne doit pas être puni parce qu'il était débordé par ses émotions."[21] Les cours jordaniennes utilisent la notion de folie passagère très librement ainsi qu'on peut le constater dans le cas suivant : " Un homme a assassiné sa sœur parce qu'il croyait que son comportement "immoral" avait précipité son propre divorce. Le compte rendu des audiences rapporte que le quatre octobre 1999, l'accusé s'était caché derrière des voitures en stationnement en attendant sa sœur. Quand il la vit marchant en rue avec deux hommes, il "devint enragé", sortit une arme et lui tira trois balle dans la tête. Après le meurtre - quand apparemment il n'était plus enragé - il s'assit à côté du corps de sa sœur, fuma une cigarette et attendit la police. La cour se basa sur l'Article 98 et le condamna à six mois d'emprisonnement parce qu'il avait commis son crime "dans un acte de furie."[22]

A la mi-99, des activistes jordaniens des droits de l'homme réussirent à gagner l'adhésion de la couronne et du gouvernement afin de soutenir leur campagne pour des peines plus sévères pour les crimes d'honneur. Bien que les annales juridiques jordaniennes ne fassent état que d'un seul cas dans lequel le meurtrier fut dispensé de toute peine en vertu de l'Article 340, la campagne des droits de l'homme se concentrait sur cet article parce qu'il pardonne explicitement les crimes d'honneur. Son amendement est, cependant, plus que symbolique, car l'indulgence permise par l'Article 98 est une conséquence morale de l'article 340; selon les propres mots de l'activiste des droits de l'homme 'Abd al-Hadi Kabariti, l'Article 340 est un "permis de tuer."[23] (Cela dit, la campagne visait aussi l'Article 98, que le gouvernement jordanien a aussi promis de reconsidérer.)

La proposition gouvernementale d'abolir ou d'amender l'Article 340 rencontra une résistance féroce du public tout comme de ses leaders. Clairement, les crimes d'honneur bénéficient de l'approbation de la majorité de la population jordanienne. Une étude du Jordanie Times révèle que 62% des Jordaniens s'opposent à l'amendement de l'Article 340, principalement par peur de "corruption morale de la société."[24] Pour répondre à cette peur et améliorer les chances du projet de loi, le gouvernement lui adjoignit de plus sévères peines pour l'adultère (l'Article 282 stipule déjà que l'adultère est un délit punissable de six mois à deux ans de prison.) Le sénat jordanien adopta ces changements mais la chambre basse les rejeta en novembre 1999.

Durant les sessions de la chambre basse, il devint clair que sur l'enjeu des crimes d'honneur, les parlementaires jordaniens partageaient les sentiments du public. La plupart des parlementaires firent valoir que le projet de loi entrait en contradiction avec la nature conservatrice de la société jordanienne. Le député Mahmud al-Karabsha, parlant au nom de trente et un confrères parlementaires, averti que l'amendement porterait atteinte à la famille jordanienne et enlèverait l'élément de dissuasion sous-entendu par l'Article 340.[25] Certains politiciens exprimèrent même de la sympathie pour les assassins dont on ne peut exiger qu'ils contrôlent leurs émotions. "Un homme, par principe, ne peut tolérer des actes immoraux," explique le parlementaire 'Abd al-Majid al-Aqtash, "alors comment peut-on exiger qu'il tolère un acte immoral qui lui serait relié personnellement?"[26] "Qu'attendez-vous d'un homme qui rentre chez lui et trouve sa femme au lit avec un autre homme," se demande Kharabsha, "qu'il lui donne une rose?" En fait, Kharabsha explique aussi que les femmes sont aussi un "instrument de contrôle" parce que si elles se préservent, elles peuvent prévenir l'adultère dans la société dans son ensemble.[27] Aussi, il acceptait la logique des crimes d'honneur comme moyen alternatif pour la société de se nettoyer de sa corruption.

Dans une tentative de résoudre ses désaccords avec la chambre basse, le conseil constitutionnel du sénat jordanien mit sur le tapis la proposition suivante : appliquer la même exemption aux femmes qui tuent leur mari adultère. Etonnamment, cette proposition, qui n'est pas susceptible de sauver la moindre femme du meurtre, acquit le soutien de certains éléments dans le mouvement des droits des femmes. Néanmoins, il fut torpillé par le mouvement islamique, qui récusa une telle égalité dans le "droit de tuer." Le Cheikh 'Abd al-'Aziz al-Khayyat, ancien ministre jordanien des affaires religieuses (awqaf), a même émis une fatwa (réglementation/décision religieuse islamique) stipulant que la Shari'a ne donne pas à la femme le droit d'assassiner son mari si elle le surprend avec une autre femme. Un tel cas, explique Khayyat, ne revient pas à un délit contre l'honneur de la famille mais plutôt contre la vie conjugale du couple, et la femme est tout au plus autorisée à introduire une demande de divorce.[28] Un autre politicien islamique, 'Abd al-Baqi Qammu, du sénat jordanien, ajoute : "Que ça nous plaise où non, les femmes ne sont pas égales aux hommes dans l'Islam. Les femmes adultères sont pires que les hommes adultères parce que la femme détermine le lignage."[29] Ces déclarations furent le prélude à l'endossement sans équivoque des crimes d'honneur par le mouvement islamiste jordanien.

Un sénateur jordanien dit, "Que ça nous plaise ou non,

les femmes ne sont pas égales aux hommes dans l'Islam."

Le débat jordanien à propos de l'Article 340 montre comment les représentants de tendance modérée et consensuelle resserrent les rangs avec les islamistes sur des questions reliées aux femmes. Des quatre-vingt parlementaires de la chambre basse, cinquante cinq - principalement liés à la majorité gouvernementale - soumirent une proposition visant à instaurer la Shari'a comme loi de l'état. La proposition allait jusqu'à faire de la Shari'a la loi dans tous les domaines et pas seulement dans celui-ci. Ce fut interprété comme un signal destiné au gouvernement et à la couronne de ne pas aller trop loin en ce qui concerne l'Article 340.

Fin janvier, une deuxième tentative du gouvernement de passer un projet de loi fut à nouveau bloquée par la chambre basse après une simple discussion de trois minutes. Désormais, le sort de l'Article 340 doit être fixé dans une session conjointe du sénat et de la chambre dans un futur indéterminé. Cependant, les sessions conjointes tenues depuis ont entièrement ignoré l'Article 340, mettant un point d'interrogation à la décision gouvernementale de traiter plus avant cette patate chaude.

 

Est-ce que l'Islam Endosse les Crimes d'Honneur?

Quel est le point de vue islamique sur les crimes d'honneur? La réponse à cette question dépend de ce que l'on adopte une approche légaliste ou culturelle dans la définition de l'islam. La campagne jordanienne concernant l'Article 340 a engendré un débat révélateur au sein des autorités musulmanes concernant le rôle de l'islam dans l'évolution des crimes d'honneur. L'establishment religieux de l'état affirme que les crimes d'honneur ne sont pas liés à la religion islamique; par contre, le parti islamiste au parlement jordanien voit les crimes d'honneur comme une partie intégrante du code de l'islam.

L'establishment religieux en Jordanie voit les crimes d'honneur comme un vestige du tribalisme arabe préislamique, car l'islam interdit de "rendre la justice soi-même." Le conseiller aux affaires islamiques du Roi de Jordanie, Cheikh 'Izz ad-Din at-Tamimi, déclara que si une femme est reconnue coupable d'adultère, la personne qui est en droit d'exécuter une punition est "un employé spécial" désigné par le gouvernement dans un tel but. [31] L'interdit de rendre la justice soi-même ne revient pas à une dénonciation morale des crimes d'honneur; il s'agit plutôt d'une critique de la transgression technique de l'autorité. Cette notion est classique dans le monde arabe; ainsi le conseil Ifta' de l'université Al-Azhar en Egypte, autorité religieuse majeure dans l'islam sunnite, promulgua une fatwa affirmant qu'appliquer une punition à une femme prise en flagrant délit l'adultère ou trouvée dans une telle situation "doit être laissé à l'appréciation des autorités."[32] En suivant la même logique, le mufti de Gaza, Cheikh 'Abd al-Karim Kahlut, va jusqu'à demander la mort pour les crimes d'honneur, parce qu'"ils ne sont pas autorisés à exécuter [une punition sur] les femmes."[33]

Les officiers religieux n'ont que peu de divergences concernant la punition islamique appropriée que l'Etat devrait appliquer aux adultères. Hamdi Murad, officier au ministère jordanien de l'Awqaf, explique que si un adultère, homme ou femme, est précédé d'une réputation sans tache, le châtiment islamique approprié est de cent coups de fouet, alors que si sa réputation était déjà entachée, le châtiment est la lapidation à mort.[34] Le ministre jordanien de l'Awqaf (les fondements religieux), 'Abd as-Salam 'Abadi, trouve que dans le cas d'une femme adultère non mariée, "la Shari'a est claire et elle devrait être fouettée 80 fois."[35]

Le Ministère jordanien de l'Awqaf : si un adultère est précédé

d'une réputation sans tache, le châtiment islamique approprié

est de cent coups de fouet, alors que si sa réputation était déjà

entachée le châtiment est la lapidation à mort.

Le Front d'Action Islamique jordanien est en désaccord. Dans le feu du débat jordanien, cette coalition parlementaire de plusieurs groupes islamistes, dont la plupart sont affiliés aux Frères Musulmans promulguèrent une fatwa déclarant que les crimes d'honneur sont vus comme favorables par l'islam; les parents masculins devraient punir leurs parentes féminines et ne pas laisser ce devoir à l'Etat. Ibrahim Zayd al-Kaylani, à la tête du groupe FAI du comité Ifta' , dit qu'un homme qui s'abstient de commettre un crime d'honneur, laissant ce fardeau déplaisant au gouvernement, "nie les valeurs de virilité défendues par l'islam." L'Article 340, ajoute Kaylani, est basé sur "le principe islamique qui autorise un musulman à défendre son honneur, sa propriété et son sang."[36] Muhammad 'Uwayda, doyen du collège de la Shari'a de l'Université Zarqa et membre de la chambre basse, affirma qu'alors que la Shari'a interdit aux individus de rendre la justice eux-mêmes, "des cas où un homme surprend sa femme commettant l'adultère font exception."[37] Le FAI promulgua une fatwa pour appuyer la position qu'"abroger l'Article 340 entrerait en contradiction avec la Shari'a."[38] C'est ainsi que le Mouvement Islamiste jordanien déclara soudainement que les crimes d'honneur sont partie intégrante du dogme de l'islam plutôt qu'un détestable vestige de paganisme tribal.

L'establishment islamique adopte une approche légaliste des enseignements de l'islam, soutenant que les crimes d'honneur ne sont pas prescrits dans le Coran. Les islamistes, par contre, voient les crimes d'honneur dans le contexte culturel de l'enseignement islamique et les considèrent cohérents avec "les valeurs de virilité."

 

Une Pratique Islamique?

Pour diverses raisons, le point de vue des islamistes sur les rapports entre islam et crimes d'honneur est plus lié à la réalité de l'influence religieuse sur la pratique des crimes d'honneur que celui de l'establishment religieux. En d'autres termes, l'influence de l'islam sur la conduite des musulmans n'est pas limitée à ce qui est écrit dans les textes sacrés; plutôt, elle inclut les perceptions culturelles de l'islam.

Premièrement, il y a le fait, exprimé plus haut, que le public jordanien et ses représentants élus acceptent à raison de près de deux tiers d'entre eux que les hommes châtient leurs parentes. Cette coutume est, en d'autres termes, profondément ancrée dans une société pieuse qui ne voit pas les crimes d'honneur comme une aberration par rapport aux enseignements de l'islam. En effet, il n'est pas rare d'entendre les meurtriers pour l'honneur prétendre de bonne foi qu'ils croient que ce qu'ils ont fait était partie intégrante de leur religion. [39]

Le public jordanien et ses représentants élus

acceptent à raison de près de deux tiers d'entre

eux que les hommes châtient leurs parentes.

Deuxièmement, si les crimes d'honneur trouvent leur origine dans le tribalisme arabe préislamique, cette pratique a depuis longtemps été incorporée à la société islamique, en vertu de quoi elle est devenue courante à travers tout le monde musulman, en incluant l'Inde[40], le Pakistan, la Turquie et les Balkans. Au Kosovo musulman, par exemple des milliers de femmes musulmanes violées par les Serbes pendant la guerre furent abandonnées par leur mari. En effet, ainsi qu'un observateur le remarque, la plupart des victimes ne dénoncent pas le crime parce que dans la société albanaise le viol apporte la honte sur la victime. Les femmes qui eurent des enfants suite à ces viols, abandonnèrent leurs bébés et s'échappèrent de l'hôpital pour vivre "sans identité pour éviter la révélation de leur situation, qui aurait fait de leur vie un enfer."[41]

Troisièmement, les crimes d'honneur s'insèrent dans un système plus large de coutumes qui découlent de la texture de la vie musulmane sans être spécifiquement requises par l'islam, mais qui pourtant reçoivent la bénédiction des autorités musulmanes. L'excision, plus souvent connue en tant que mutilation génitale féminine, est un autre exemple : répandue principalement dans les pays musulmans africains, elle n'est pas mentionnée dans les textes sacrés musulmans et ne trouve pas son origine dans l'islam. Pourtant, dans ces pays, les autorités religieuses associent cette pratique à l'islam. En d'autres termes, les mutilations génitales féminines, une coutume clairement préislamique, a été adoptée par les autorités islamiques modernes, qui déclarent l'excision être digne d'une conduite islamique. Le mufti Sa'id al-Hijawi de Jordanie, se référant à la pratique de l'excision dans une tribu du village de Rahma dans le sud de la Jordanie, décréta que l'excision était "un trait noble accepté par l'islam bien que ce ne soit pas une nécessité."[42] Cette fatwa est dans la même ligne que des décrets de nombreuses autorités supérieures islamiques égyptiennes ces dernières décennies. L'ex Cheikh d'Al-Azhar, Jadd al-Haq 'Ali Jadd al-Haq, par exemple, décréta en 1983 qu'il est impossible d'abandonner les leçons du Prophète Muhammad en faveur des enseignements d'autres, même médecins, parce que la science médicale évolue et ne reste pas constante. La responsabilité de l'excision incombe aux parents et à ceux qui ont la charge de bien-être de la fille. Ceux qui ne s'y conforment pas ne remplissent pas leur obligation. [43] Il est important de remarquer que le Cheikh Muhammad Sayyid at-Tantawi, lorsqu'il était grand mufti d'Egypte, promulgua une fatwa contradictoire affirmant que la décision de l'excision devrait être suspendue à l'opinion des docteurs de la loi. [44] Cheikh Tantawi adhère toujours à cette fatwa en tant que Cheikh actuel de l'université Al-Azhar.

Quatrièmement, il faut noter que la politique de "ne pas rendre la justice soi-même", qui domine les cercles des autorités islamiques, est moins qu'un interdit moral et religieux non équivoque des crimes d'honneur. Le refus des autorités islamiques de dénoncer sans ambiguïté les crimes d'honneur signale au public que cette pratique n'entre pas nécessairement en contradiction avec l'islam.

Cinquièmement, l'objection islamique aux crimes d'honneur déjà ambiguë devient encore moins efficace quand on considère la manière dont les érudits musulmans dominants interprètent le verset coranique (4:34) qui légitime les violences conjugales. Ce verset dit : "Les hommes sont responsables pour les femmes... Ainsi les femmes vertueuses obéissent[à leur mari]... Admoneste celles dont tu appréhende la désobéissance, laisse les en dehors de ton lit et bats-les." Différents décideurs islamiques ont envisagé ce verset dans la tentative de réguler les violences conjugales. Cheikh Yussuf al-Qaradawi, doyen de la Shari'a de l'Université du Qatar et un des leaders des Frères Musulmans, se fait l'avocat de corrections non douloureuses :


Si le mari sent monter les sentiments de désobéissance et de rébellion

contre lui chez sa femme, il devrait faire de son mieux pour rectifier son

attitude par des mots aimables, une persuasion délicate et essayer de

la raisonner. Si cela n'est d'aucune aide, il devrait essayer de dormir

séparément, afin d'éveiller sa nature féminine agréable de telle sorte que

la sérénité puisse être restaurée, et qu'elle puisse lui répondre de façon

harmonieuse. Si cette approche échoue, il lui est permis de la battre

légèrement à l'aide des mains, en évitant son visage et autres parties

sensibles. En aucun cas il ne devrait avoir recours à l'usage de bâtons

ou de tout autre instrument qui puisse causer douleur ou blessure.  [45]


D'autres érudits islamiques ont avancé leurs propres recommandations sur ce sujet. Certains excluent formellement les fractures osseuses et insistent qu'en aucun cas les coups ne devraient s'accompagner d'"agression verbale."[46] La rubrique de réglementation islamique du quotidien de l'Autorité Palestinienne interdit les coups de couteaux. [47] Il y a consensus sur le fait que le mari doive éviter de laisser des ecchymoses sur le corps de sa femme, et tous les érudits s'accordent sur ceci que donner des coups à sa femme est le dernier recours du mari. Toutefois, c'est recommandé quand un couple se trouve au bord du divorce : "Il est meilleur pour un mari de battre sa femme un peu, de lui faire sentir qu'elle a tort que de détruire la famille par le divorce."[48]

La religion, en résumé, ne peut être confinée aux frontières étroites du Coran et autres premières sources. Ces dernières incluent des développements et interprétations qui apparurent après les textes sacrés. Si cette lecture culturelle des enseignements de l'islam est acceptée, alors le rôle de l'establishment islamique dominant lui-même se révèle cultiver les "valeurs de virilité" qui conduisent aux crimes d'honneur.

 

Le Monde Extérieur

Bien que le mouvement qui mettra un terme aux crimes d'honneur doive venir de l'intérieur des sociétés musulmanes, ces dernières peuvent être aidées par le monde extérieur. La communauté internationale devrait, d'abord et avant tout, prendre position sur le sujet. Un rapport des Nations Unies émis en janvier 2000 traitant des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, échoua de peu à établir les crimes d'honneur comme violation des droits de l'homme fondamentaux. Le Rapporteur Spécial, Asma Jahangir, condamna les crimes d'honneur en tant que "pratique portant atteinte au droit à la vie."[49] Son rapport condamna spécialement les gouvernements qui maintiennent l'exemption et les peines symboliques pour les crimes d'honneur; elle loua le gouvernement jordanien et la couronne pour leur initiative d'amender le code pénal jordanien afin de se conformer aux normes internationales.

Mais un tribunal de l'immigration américain en décembre 1997 n'accepta pas l'argument que l'existence de crimes d'honneur constitue une raison de garantir l'asile. Une femme jordanienne qui avait eu des rapports sexuels avant le mariage s'enfuit aux USA par peur d'être tuée. Les minutes du procès indiquent que son père avait demandé à son frère de la tuer et elle demanda l'asile sur cette base.[50] Pour avoir droit à l'asile, elle devait démontrer que les crimes d'honneur sont un système général de persécution d'un groupe social défini en partie par le sexe, et que le persécuteur est soit le gouvernement lui-même, soit un groupe que le gouvernement est incapable ou non désireux de contrôler. Le juge n'accepta pas que cette situation lui soit reconnue. En août 1999, le Bureau des Demandes d'Immigration confirma la décision du juge et maintint que la peur de la femme d'être tuée était spéculative et résultait d'"une dispute personnelle familiale," plutôt que de persécution officielle ou semi-officielle. Ainsi, le Bureau nota "que le gouvernement jordanien tente de fournir un certain degré de protection à ses sujets féminins et de punir ceux qui blessent les femmes pour violation de normes sociales," même s'il ne le fait pas dans la mesure où il le devrait. (Par contre, Fauziya Kasinga, africaine fuyant son pays par peur de l'excision, reçut l'asile américain en 1996.)[51]

En dépit du succès du cas Kasinga, il semble que les autorités de l'immigration américaines soient encore et toujours rendues perplexes par les demandes d'asile non-politiques. Légitimes, bien que pas toujours nécessairement justifiées, la peur d'une émigration de masse entre en conflit avec l'inclination naturelle à aider un individu en détresse. Dans le cas Kasinga, les autorités jordaniennes ont mis l'accent sur une solution morale; dans le cas de la femme jordanienne, ils ont mis l'accent sur la lettre de la loi. Cette différence provient de l'extérieur du tribunal. La campagne contre les mutilations génitales féminines a gagné une place de choix au sein des médias ces dernières années grâce à des femmes témoignant d'expériences personnelles terribles.[52] L'absence d'une telle tribune médiatique concernant les crimes d'honneur a pu compromettre le cas de la femme jordanienne.

 

Conclusion

Le phénomène des crimes d'honneur est devenu une plaie sociale dans beaucoup de sociétés musulmanes dans le monde. En dépit de ses origines clairement païennes préislamiques, les autorités islamiques contemporaines s'abstiennent habituellement de les condamner sans ambiguïté. Des érudits islamiques importants en Jordanie sont même allés plus loin en déclarant les crimes d'honneur un impératif islamique qui dérive des "valeurs de virilité défendues par l'islam." Ce développement non souhaité n'est pas surprenant quand on considère l'approbation presque consensuelle et du public musulman et du leadership. Il faudra peut-être du temps avant que les réductions de peine pour crimes d'honneur soient abolies des lois des pays arabes. Toutefois la campagne contre l'article 340 du code pénal jordanien s'est déjà révélée un succès sur au moins un aspect important : il a bouleversé le silence qui faisait écran à ces atrocités. ~

 

*Yotam Feldner est chercheur au Middle East Media Research Institute (Institut de Recherche sur les Media au Moyen-Orient) basé à Washington.

 

Remarque : Les crimes d'honneur aux USA ne sont pas toujours sévèrement punis. A Cleveland, Ohio, deux cousins masculins de Methal Dayem furent accusés d'avoir tué de 7 balles une femme de 21 ans parce qu'elle vivait trop comme une américaine. Mais l'un d'entre eux vit son affaire classée par manque de preuve et l'autre fut acquitté (Chicago Tribune, 26 juillet, 2000)

 



[1] Chicago Tribune, 3 mai, 1998.

[2] Rapport des Nations Unies du Rapporteur Spécial, Mme Asam Jahangir, sur les Droits Civil et Politiques, Comprenant les Questions de Disparitions et d'Exécutions Sommaires (New York : United Nations, janvier 2000), p. 27.

[3] The Washington Post, 2 février, 2000.

[4] Joseph Gina, Bloody Revenir : Family Honor, Mediation, and Outcasting (Brighton, England : Sussex Academic Press, 1997), pp.129-130.

[5] The Jordan Times (Amman), 15 février, 2000.

[6] The Jordan Times, 15 juin, 2000.

[7] De telles procédures légales sont apparemment fréquentes dans les sociétés traditionnelles dans d'autres parties du monde, Amérique latine comprise : voir The New York Times , 8 mars, 1997.

[8] 'Ad al-Luzi, directeur général du Ministère de la Justice de Jordanie, Al-Ayyam (Ramallah), 7 octobre, 1998.

[9] The New York Times, 20 juin, 1999.

[10] Al-Hayat al-Jadida (Ramallah), 5 avril, 1999; aussi le Mufti de Gaza, Cheikh 'Abd al-Karim Kahlut, Al-hayat al-Jadida, 22 avril, 1999.

[11] Ash-Sh'ab (Ramallah), 24 juillet, 2000.

[12] Al-Hayat al-Jadida, 6 mai, 2000.

[13] Al-Ayyam, 1er juin, 2000.

[14] Al-Hayat al-Jadida, 12 juin, 1999.

[15] Ar-Risala (Gaza), 11 juin, 1998.

[16] Al-Ayyam, 1er juin, 2000.

[17] Newsday, 1er avril, 1989.

[18] The New York Times, 21 octobre, 1994.

[19] The Jordan Times, 22 juillet, 1999.

[20] Selon The Star (Amman), 30 novembre, 1999, des lois similaires existent dans l'Autorité Palestinienne, en Egypte (l'Article 237 du code pénal), en Syrie (l'Article 548), et au Liban (l'Article 562).

[21] The Jordan Times, 11 novembre, 1999.

[22] The Jordan Times, 15 février, 2000.

[23] The Jordan Times, 10 mars, 2000.

[24] The Jordan Times, 9 novembre, 1999.

[25] Ad-Dustur (Amman), 30 novembre, 1999.

[26] Ad-Dustur, 30 novembre, 1999.

[27] The Jordan Times, 18 mai, 2000.

[28] Ad-Dustur, 30 novembre, 1999.

[29] The Jordan Times, 30 novembre, 1999.

[30] Al-Ayyam, 25 février, 2000.

[31] The Jordan Times, 9 novembre, 1999.

[32] The Jordan Times, 24 février, 2000.

[33] Ar-Risala, 11 juillet, 1998.

[34] The Jordan Times, 14 mars, 2000.

[35] The Jordan Times, 30 novembre, 1999.

[36] Al-Quds (Jérusalem), 23 février, 2000.

[37] The Jordan Times, 25 février, 2000.

[38] The Jordan Times, 24 février, 2000.

[39] Al-Hayat al-Jadida, 12 juin, 1999.

[40] The Hindu, 25 avril, 1999.

[41] Al-Quds, 17 janvier, 2000.

[42] The Jordan Times, 2 décembre, 1999.

[43] Gad al-Haq, Gad al-Haq 'Ali: Khitan al-banat, Al-fatawi al-islamiyyah min dar al-'ifta al-masriyyah, Wazarat al-awqaf, Le Caire, 9 (1983) : 3119-3125, cité dans Sami A.ad-Deeb Abu Sahlieh, "Mutiler au nom de Jéhovah ou Allah : Légitimation de la circoncision masculine et féminine," juillet 1994, http://www.cirp.org/library/cultural/aldeeb1/.

[44] "Egypte : la cour affirme le droit des docteurs de pratiquer les Mutilations Génitales Féminines (MGF)," juillet 1997, http://www.equalitynow.org./action_eng_8_3.html

[45] Yussef al-Karadhawi, The Lawful and the Prohibited in Islam (Beirut : The Holy Koran Publishing House, 1985), p. 205.

[46] Ar-Risala (Gaza), 1er octobre, 1998.

[47] Al-Hayat al-Jadida, 2 octobre, 1998.

[48] Ar-Risala, 1er octobre, 1998.

[49] Rapport des Nations Unies sur les Droits Civils et Politiques, pp. 27-29.

[50] The Washington Post, 2 février, 2000.

[51] The Washington Post, 2 février, 2000; Bureau des Demandes d'Immigration à http://www.uchastings.edu/cgrs/law/bia/a-_bia.pdf

[52] Waris Dirie and Cathleen Miller, Desert Flower : The Extraordinary Journey of a Desert Nomad (New York : William Morrow & Co, 1999).

           

 

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