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Dépêche Spéciale - Recherches sur la djihad et le terrorisme

Le 10 février 2002

Un Lieutenant de Ben Laden Avoue les Attaques du 11 Septembre et Explique la Doctrine de Combat d'Al-Qaïda

Al-Qaïda a dernièrement lancé un magazine bi-hebdomadaire sur Internet du nom d’Al-Ansar : Pour la Lutte Contre les guerres de Croisade. (1) Le deuxième numéro comporte un article intitulé "Guerres de la Quatrième Génération", d’Abu 'Ubeid Al-Qurashi, identifié par le quotidien londonien de langue arabe Al-Qods al-Arabi comme étant "l’un des collaborateurs les plus proches d'Oussama Ben Laden." (2) Dans cet article, Al-Qurashi reconnaît que c'est Al-Qaïda qui a perpétré les attentats du 11 septembre. En voici des extraits :

"Ces temps-ci, on est stupéfait par l'ampleur du défaitisme qui pénètre jusqu’au cœur de la nation [islamique]. Stupéfaction d’autant plus grande que les premiers à avoir été atteints sont des figures religieuses (...) L’une d’entre elles a évoqué l'offensive américaine actuelle sur une chaîne satellite, expliquant la diminution [du soutien arabe et musulman porté aux] moudjahidin par une série d'affirmations sans fondement. Cette personne a déclaré notamment qu’il existe un déséquilibre entre la force des moudjahidin d’un côté et celle de l'Amérique et de ses alliés de l’autre, expliquant que le djihad n'avait donc aucun [sens] et qu'il n'était pas nécessaire de le soutenir, l’affaire ayant déjà été tranchée en faveur de l'Amérique. Ces propos attestent de l'ignorance de leurs auteurs — ignorance de la loi religieuse islamique, mais aussi de l’histoire et des analyses militaires contemporaines de l’Occident. Des précisions seront apportées au fil [de l'article] (...)".

La Doctrine de Combat d'Al-Qaïda (3)

"En 1989, certains experts militaires américains (4) ont prédit un changement fondamental des modalités de la guerre (...). Ils prévoyaient que les guerres du 21ème siècle consisteraient essentiellement en ce qu’ils appellent 'guerres de la quatrième génération.' D'autres les ont appelées 'guerres asymétriques (...).'"

"Les historiens militaires considèrent que les guerres intervenues après la révolution industrielle ont connu trois principales [phases]. Dans la première (...), la guerre était basée sur une multitude de soldats combattant avec des fusils primitifs. Dans la seconde (...), entre la guerre de sécession et la première guerre mondiale, l’objectif était d'épuiser l'économie de l'ennemi et d'endommager autant que possible les forces ennemies en utilisant l'intensité du feu et, plus tard, le tir d'armes automatiques [intensif]. La troisième génération de guerres a amené un changement tactique complet, brillamment mis en œuvre par l'armée allemande au cours de la deuxième guerre mondiale (5) : il s’agissait alors d’encercler l'ennemi en combinant tanks et avions (...), en prenant à revers les lignes ennemies au lieu de les attaquer de front, [ce qui était contraire aux] tactiques utilisées lors des batailles de tranchées de la première guerre mondiale."

"La quatrième génération de guerres, disent les experts, sera d’un type nouveau : les combats seront la plupart du temps dispersés ; ils ne viseront pas seulement à détruire des cibles militaires et les forces habituelles, mais aussi les sociétés, le soutien populaire aux combattants au sein de la société ennemie. Dans ce type de guerre, affirment les experts dans leur article, (6) 'les nouvelles télévisées pourront devenir une arme opérationnelle plus puissante que les divisions blindées'. Ils ajoutent qu’ [au cours des guerres de la quatrième génération], 'la distinction entre guerre et paix sera brouillée au point de disparaître (...)'".

"Certains stratèges occidentaux (7) ont rejeté ces analyses, affirmant que la stratégie des guerres modernes serait de se baser sur l'influence psychologique et sur l’esprit des décisionnaires de l'ennemi — non seulement sur la force militaire, comme par le passé, mais aussi sur l'utilisation de tous les médias et réseaux d'information (...), cela afin d'influencer l'opinion publique et, par elle, l’élite des dirigeants. Selon eux, les guerres de la quatrième génération auront lieu, pour des raisons tactiques, à petite échelle, émergeant dans diverses régions du globe contre un ennemi qui, tel un fantôme, apparaît et disparaît. L'objectif sera politique, social, économique et militaire. Ce sera une forme de guerre internationale, nationale, tribale, et même certains organismes pourront y participer (malgré le recours aux tactiques et technologies des générations précédentes)."

"Ce nouveau type de guerre présente des difficultés importantes pour la machine de guerre occidentale, et l’on peut prévoir un changement fondamental des armées [occidentales]. Ces prévisions ne sont pas nées de rien - si seulement les lâches [parmi les personnalités religieuses musulmanes] savaient qu’il y a déjà eu des guerres de la quatrième génération et que la supériorité de la partie la plus faible théoriquement a déjà été prouvée : bien souvent, des Etats-nations ont été vaincus par des nations sans Etat."

Les Victoires de la Nation Islamique

"(...) La nation islamique a remporté son plus grand nombre de victoires en un court laps de temps, fait sans précédent depuis l'ascension de l'empire ottoman. Ces victoires ont été remportées durant les vingt dernières années, sur les armées les mieux équipées, les plus qualifiées et les plus expérimentées du monde (l'Union soviétique en Afghanistan, les Etats-Unis en Somalie, la Russie en Tchéchènie, et l'entité sioniste au Sud-Liban) et ce dans divers théâtres d'opérations (montagnes, déserts, collines, villes). En Afghanistan, les moudjahidin ont alors triomphé de la deuxième plus grande puissance du monde (...). De même, une simple tribu somalienne humiliait l'Amérique, la contraignant à retirer ses troupes de Somalie. Peu de temps après, les moudjahidin tchétchènes humiliaient et battaient l'ours russe. Suite à quoi, la résistance libanaise [le Hezbollah] expulsait l'armée sioniste du Sud-Liban."

"Il est vrai que toutes les victoires du passé n'ont pas conduit à la création d’un régime des vainqueurs. Mais ce n'est pas le sujet de notre étude. Cet article entend étudier la confrontation purement militaire, en réponse aux affirmations concernant le déséquilibre existant entre l'Amérique et les moudjahidin - qui rendrait, selon ces défaitistes, le djihad et la victoire impossibles."

"La technologie n'a pas aidé ces grandes armées, alors que [cette technologie] est suffisante pour détruire des centaines de fois la planète si l’on a recours à l'arsenal des armes nucléaires, chimiques et biologiques. Les moudjahidin ont prouvé leur supériorité dans le domaine des guerres de la quatrième génération, se contentant d’un armement léger. Ils font partie du peuple et se cachent parmi les foules (...) Ainsi, Michael Pickers déclare : (8) 'Beaucoup de nos moyens sont inadaptés à ce type de guerre.'"

"Et en ce qui concerne l’ordre de la bataille, il y a beaucoup à dire (...) [Al-Qurashi s'étend sur l'infériorité numérique des forces islamiques en Afghanistan, Tchétchènie, et Somalie]. Ainsi, il s'avère que les puissances mondiales et les grands pays ont déjà été vaincus par [de petites] unités de moudjahidin ces deux dernières décennies, en dépit de la grande différence existant entre les deux camps. Par conséquent, les doutes émis par ce lâche [religieux] sont balayés."

S’attribuant le " mérite " des attentats du 11 Septembre

"Certains peuvent objecter [à cette analyse] que toutes ces guerres impliquaient la confrontation entre une nation homogène et des armées d'invasion - et donc qu'elles ne peuvent servir d'exemples de référence à Al-Qaïda, qui combat en dehors de sa terre, parfois dans un environnement hostile."

"Je répondrai que tout d'abord, Al-Qaïda combat aux côtés des talibans, des gens du pays. En second lieu, les moudjahidin d'Al-Qaïda ont prouvé dès le début qu'ils se hissaient au-dessus des conflits [internes] traditionnels (...)"

"Al-Qaïda est fier d'avoir, en ce 11 septembre, détruit les éléments stratégiques de la défense de l'Amérique, que ni l'ancienne URSS, ni aucun autre Etat hostile n'avait réussi endommager. Ces éléments sont : la détection précoce, la frappe préventive et le principe de dissuasion. (9)"

"La détection précoce : avec les attentats du 11 septembre, Al-Qaïda est entré dans les annales des attaques surprises réussies, qui sont peu nombreuses dans l'histoire - l'attaque japonaise de Pearl Harbor en 1941, l'attaque surprise des Nazis contre l'U.R.S.S. en 1941, l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968, et la traversée de la ligne sioniste Bar-Lev en 1973. D'ailleurs, dans la douleur infligée, [Al-Qaïda] a surpassé ces attaques surprises, vu qu'elle a placé chaque individu de la société américaine en [constant] état d'alerte, que ce soit au plan émotionnel ou pratique. Cela entraîne un coût économique et psychologique extrêmement élevé, d’autant plus que cette société n'a pas été affectée par la guerre depuis la guerre de sécession. Si l'incident de l'USS Cole a pu toucher l'armée américaine, qui est censée être préparée à toute éventualité, préparer toute une société aux attaques 'terroristes' semble être une tâche difficile."

?"La frappe préventive : également ébranlée le 11 septembre. Cet élément est subordonné au premier (...) Même en supposant qu'il y ait eu détection précoce, il est très difficile de lancer une frappe préventive réussie contre une organisation qui manœuvre et se déplace rapidement, sans aucune base permanente."

"La dissuasion : elle se fonde sur le principe de l’existence de deux camps [qui se combattent], chacun cherchant à survivre et à défendre ses intérêts - mais son impact devient nul en présence de personnes qui ne se soucient pas de rester en vie et ont soif de martyr. Tandis que le principe de dissuasion fonctionne bien [dans la guerre] entre pays, il ne fonctionne pas du tout contre une organisation sans bases permanentes et sans capitaux dans les banques occidentales, qui ne dépend pas de l'aide de pays particuliers. En conséquence, cette organisation peut prendre ses décisions indépendamment et opter d’emblée pour le conflit. Comment de telles personnes, qui recherchent la mort plus que tout, seraient-elles jamais dissuadées ?"

"En plus de la destruction de ces trois éléments, Al-Qaïda a assené aux Américains le plus gros coup jamais porté à leur moral : l'une des stratégies (10) occidentales veut que le meilleur moyen de provoquer une défaite psychologique soit d'attaquer là où l'ennemi se sent protégé et en sécurité. C'est exactement ce que les moudjahidin ont fait à New York."

"Il apparaît donc que ce déséquilibre entre l'Amérique et les moudjahidin, dont parlent les lâches [figures religieuses] est parfaitement approprié à l’affrontement avec la machine de guerre occidentale, en particulier [la machine] américaine. [L'Amérique] est déconcertée par la quatrième génération de guerres, qui sied si bien à l'avant-garde du djihad — d’autant plus que les peuples islamiques ont ré-adopté le djihad parce qu'ils n'avaient plus rien à perdre, vu l'humiliation qu’ils endurent quotidiennement."

"Les Américains et l'Occident comprennent la nature de ce nouveau défi et sont conscients de la difficulté de la tâche qui les attend (...)"

"Le moment est venu pour les mouvements islamiques faisant face à une offensive générale de Croisés d'intérioriser les règles de la quatrième génération des guerres. Ils doivent développer une pensée stratégique appropriée et s’affairer aux préparatifs militaires nécessaires. Ils doivent accroître l'intérêt pour la Da'wa [le prosélytisme] et s’octroyer le soutien public et politique des peuples. C’est non seulement un devoir religieux, mais aussi l’une des clés du succès de cette guerre de la quatrième génération. D’anciens stratèges, tels [von] Clausewitz et Mao Zedong, l’avaient déjà noté. Le meilleur exemple est peut-être le phénomène de l'Intifada, qui a balayé la supériorité de la puissance militaire sioniste sur le peuple palestinien musulman."

"(...) L'Amérique veut employer l'action militaire pour réduire à néant les succès psychologiques des moudjahidin ainsi que les résonances et les ramifications positives de [leurs] actes héroïques, qui attirent le soutien et la sympathie dans le monde islamique."

"Nous prions Allah qu'Il fasse taire ces lâches appels de corbeaux et qu'il apporte à cette nation [islamique] une nouvelle génération de prédicateurs et d’autorités religieuses, capables de relever les défis posés par la quatrième génération de guerres."

(1) www.geocities.com/al_anssar/index.html.

(2) Al-Qods-al-Arabi (Londres), 9 février 2002.

(3) Tous les sous-titres ont été ajoutés à la traduction.

(4) William S. Lind, Col. Keith Nightenagle (Etats-Unis), Capitaine John F. Schmitt (USMC), Col. Joseph W. Sutton (Etats-Unis), et Lt.-Col. Gary I Wilson (USMCR), "Le Visage Changeant de la Guerre : Entrée dans la Quatrième Génération", Gazette du Corps des Marines, octobre 1989 (source de l’original en arabe).

(5) Blitzkrieg.

(6) Lind, Nightenagle, et autres.

(7) Lt.-Col. Thomas X. Hammes, "L'Evolution de la Guerre : La Quatrième Génération", Gazette du Corps des Marines, septembre 1994 (source de l'article original en arabe).

(8) Centre des Estimations Stratégiques et Budgétaires, Washington, D.C. Cette citation est traduite de l'arabe.

(9) Steven Simpson et Daniel Benjamin, "La Terreur," Survival, numéro 4, note de vol. 43 de janvier 2002 (source de l'article original en Arabe) Il convient de noter que cet article a été publié récemment.

(10)Vincent J. Goulding Jr., "Retour Vers le Futur avec la Guerre Asymétrique", Parameters, hiver 2000-2001(source de l'article original en Arabe).

 

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