Accueil   La liste des Infos Envoyez l'adresse du site à un ami   retour
Textes Courriers Liens Dérapages Emails rédactions Dates Presse Archives Metula News Agency

Retour vers la liste de MEMRI en français ->

 

Dépêche Spéciale — Egypte

Le 17 avril 2002 N° 368

Des directeurs de journaux gouvernementaux affirment que

l’ " enfant président " syrien ne poussera pas l’Egypte

à la guerre contre Israël

Un certain nombre de journaux gouvernementaux syriens ont dernièrement fait comprendre à la Syrie, au Liban et à d’autres Etats arabes ayant adopté une ligne dure que l’Egypte ne se laisserait pas pousser à la guerre contre Israël. Voici quelques extraits de ces articles :

La Syrie pleure toujours pour que l’Egypte l’aide

Samir Ragab, directeur du quotidien Al-Gumhuriya, proche du président Moubarak, écrit dans sa chronique journalière : " En 1967, l’année de la grave et douloureuse défaite, l’un des Etats arabes [la Syrie] a pleuré pour qu’on l’aide. Elle a demandé à l’Egypte d’affronter les forces hostiles qui, disait-elle, étaient rassemblées à la frontière du pays. Ces pleurs augmentaient de jour en jour, devenant, de pleurs de détresse, des appels à l’aide immédiate ! Le président Gamal Abd El-Nasser, aujourd’hui disparu, n’a eu d’autre choix que d’entrer en guerre, poussé par ses seuls sentiments. Puis, ce qui est arrivé est arrivé !

?La catastrophe a bien failli se reproduire en 1973, quand ce même Etat a une fois de plus appelé à l’aide. Si les analyses [des renseignements] des dirigeants politiques et militaires [égyptiens] de l’époque n’avaient été aussi efficaces, il ne serait plus rien resté de la victoire d’octobre, et il n’aurait pas été possible par la suite de libérer le territoire du Sinaï jusqu’au dernier pouce.

?Surprise : en 1997 — c’est-à-dire il y a seulement cinq ans -, l’Egypte reçoit des appels et des messages urgents de ce même Etat [la Syrie]… prétendant qu’Israël est en train de rassembler ses forces à la frontière égyptienne ! Evidemment, les dirigeants égyptiens ont pris des dispositions immédiates, sommant tous les appareils appropriés de suivre le rassemblement des troupes. A l’étonnement général, pas un seul militaire étranger [israélien] n’a été trouvé. Dans ce cas également, si les dirigeants politiques [égyptiens] n’avaient été aussi avisés, une grande catastrophe serait arrivée !

?C’est pourquoi j’ai réagi aux déclarations faites à un certain journal arabe par l’un des dirigeants libanais [Nabih Berri, président du Parlement] qui se trouve être très ‘proche’ de cet Etat [la Syrie], à qui il obéit au doigt et à l’œil. Il a défendu l’Etat en question et sa position contre l’ennemi israélien, en soutien à la résistance libanaise, et ainsi de suite.

?Mais ce qui m’a contrarié, c’est qu’en réponse à une question précise — pourquoi cet Etat arabe [la Syrie] n’ouvre pas un front [les Hauteurs du Golan] pour permettre le passage des combattants -, il a déclaré : ‘Demandez-moi d’abord pourquoi des drapeaux israéliens flottent dans certaines capitales arabes [en référence au Caire] !…

?pourquoi a-t-il refusé de préciser si l’Etat était prêt ou non à ouvrir son propre front ? Je suis persuadé qu’il ne se souvient absolument pas de l’affaire, pour deux raisons : D’abord, il est tout à fait conscient des ressources de ce pays, et sait jusqu’à quel point il peut compter dessus pour pousser les autres Etats à se battre à sa place. Deuxièmement, il a pour habitude d’être l’homme qui dit toujours oui à cet Etat. "

Les intérêts égyptiens d’abord (1)

" Nous déclarons à qui cela intéresse, dans cet Etat [la Syrie] et d’autres Etats, que nous connaissons très bien notre devoir et que nul ne nous imposera sa loi — parce que les intérêts des Egyptiens passent avant toute autre considération. Nous prenons nos décisions politiques en fonction de leurs intérêts. "

?Le jour suivant, M. Ragab a réitéré son message en termes plus durs : " …A ceux qui veulent coincer l’Egypte, nous disons : Messieurs, l’Egypte a été le pionnier, le guide ; elle a fait preuve d’une réflexion supérieure, d’une politique sage, objective et pure ; et il continuera d’en être ainsi, que cela vous plaise ou non. C’est pourquoi nous soulignons que l’armée égyptienne n’a jamais travaillé pour qui que ce soit et ne travaillera pour personne à l’avenir : c’est une armée nationale à 100%, qui sait ce qu’elle doit faire.

?Ceux qui souhaitent se montrer condescendants à notre égard en invoquant l’Accord pour une Défense Arabe Commune ont une expérience et une connaissance limitées [en référence au président syrien Bashar Assad] et le cœur plein de mauvaises intentions à l’égard du peuple égyptien. Ils ne sont heureux que quand le peuple égyptien se trouve en proie à une crise économique et sociale. Nous leur répétons, pour que ce soit bien clair, que l’appellation ‘officielle’ de l’Accord pour une Défense Commune est ‘Défense Commune et Coopération économique entre Etats arabes’

?Les choses sont-elles claires, messieurs ? Cet accord comprend deux clauses fondamentales indissociables : pas de bataille, pas de combat et pas de guerre sans soutien économique gigantesque pour couvrir les dépenses. Qui, de tous ces pays, est prêt à sortir ne serait-ce qu’un dollar ? !… "

L’armée égyptienne ne défend que l’Egypte

" Le président Moubarak n’a cessé de répéter, et nous le soutenons, que l’armée égyptienne est là pour défendre le territoire égyptien, qu’elle se tient prête à affronter quiconque toucherait au moindre grain de son sol… Ceux qui essaient [aujourd’hui] de nous pousser à une guerre déraisonnable nous ont par le passé décrits de la pire des façons, nous accusant sans raison, oubliant, ou ignorant, nos graves ennuis économiques causés par cinq guerres consécutives subies pour eux. Tout cela alors qu’eux continuaient de ‘dormir’, de savourer les mets les plus délicats, les meilleures boissons… et les meilleures femmes !

?Cela dit, nous invitons ceux qui souhaitent se battre à nous montrer de quoi ils sont capables. Que celui qui se prétend enthousiasmé par l’Accord pour une Défense Commune donne l’exemple… Au nom de quoi exigez-vous que l’Egypte agisse alors que les autres Etats ne laissent aucunement entendre qu’ils sont prêts à soutenir ou à participer [à la guerre] ?

?En bref, nous répétons que l’armée égyptienne est capable, puissante, que ses officiers et troupes possèdent le meilleur potentiel militaire. Mais elle n’a jamais été l’instrument de propagandistes qui falsifient les faits, fabriquent de beaux slogans et se battent dans des microphones, des porte-voix et sur les écrans télévisés.

Oui, nous ferons tous les efforts politiques et diplomatiques possibles pour arriver à une solution qui sauve les Palestiniens de la situation où ils se trouvent. Quiconque veut déclarer la guerre est le bienvenu ; ce sera mieux que de passer sa vie en clameurs, cris, mensonges et hypocrisie. " (2)

?Le jour suivant, M. Ragab est de nouveau revenu sur le sujet : " Quand nous disons que la catastrophe de 1967 ne se reproduira pas, cela signifie… que nous n’accorderons à personne la possibilité de nous coincer [dans une guerre] pour le défendre, alors que lui se tient de côté à nous regarder et à manipuler nos émotions. L’époque des guerres sentimentales est révolue… " (3)

Ibrahim Nafi, directeur du quotidien gouvernemental Al-Ahram, s’est aussi exprimé sur la question : " …La décision de partir en guerre est la plus difficile à prendre et la plus onéreuse qui soit pour une nation. Personne ne peut se montrer condescendant envers l’Egypte à ce sujet, car l’Egypte a sacrifié ses fils les plus brillants entre 1967 et 1973. L’Egypte a ré-équipé son armée, perdue par des aventuriers…, assenant au bon moment [1973] le coup de grâce… A la suite de quoi, l’Egypte a achevé son opération par une offensive de paix… récupérant ainsi le Sinaï dans son intégralité… L’Egypte n’hésitera pas à entrer en guerre, si un jour elle ne peut faire autrement pour défendre ses intérêts, son honneur, sa terre et ses fils.

?Mais il existe une différence énorme entre prendre des décisions responsables et mener une guerre de microphones et de condescendance. " (4)

Attaques contre " l’enfant président " (Bashar Assad) et le " sergent " (Ali Abdallah Saleh, président du Yémen)

Quelques jours plus tôt, le directeur du quotidien gouvernemental Akhbar Al-Yaum, M. Ibrahim Sadeh, a durement attaqué le président syrien Bashar Assad : " …L’Egypte, qui a la chance d’avoir un président patriotique et courageux comme Hosni Moubarak, n’a aucune raison d’être poussée dans les pas du shawish [sergent, en référence au président yéménite Ali Abdallah Saleh] qui a obtenu la présidence de son pays dans un moment d’inattention et qui, malgré sa grande simplicité d’esprit, se cherche un rôle lui permettant de concurrencer les grands dirigeants du passé, du présent et du futur !

?La grande Egypte ne doit pas être conduite par un enfant président [Bashar Assad] qui cherche à faire ses preuves au poste qu’il a obtenu par un coup du destin [le décès de son père] ; il s’est soudain retrouvé à la tête d’un peuple aux racines profondes, impuissant face à cette situation.

?Combien nous espérions que cet enfant président suivrait le chemin du peuple libanais héroïque, qu’il trouverait le temps de libérer son pays des griffes de l’occupation israélienne, en place depuis un quart de siècle… Mais malheureusement, l’enfant président n’en a pas fait sa priorité, plaçant la libération en dernier sur sa liste. …

?Nous avons été surpris par les propos qu’il a tenus contre l’Egypte, le plus grand et le plus puissant des Etats arabes. Il [Assad] a invité le shawish dans le but d’exploiter sa simplicité, tel un chat prêt à griffer l’Egypte, injurier sa position politique et l’accuser d’être incapable d’aider le peuple palestinien...

?Que le shawish [le président du Yémen] nous accuse à tort est une véritable farce ! J’aurais bien aimé révéler son ignorance, son manque de réflexion, son opportunisme, mais je ne pense pas qu’il vaille la peine qu’on l’écoute ou qu’on lui accorde la moindre attention. La catastrophe qui attend le peuple palestinien est un million de fois trop importante pour perdre ne serait-ce qu’un instant à montrer qui est ce shawish… "

?Gala Dwidar, directeur du quotidien gouvernemental Al-Akhbar, a aussi attaqué le président yéménite dans deux articles consécutifs la semaine dernière. (5) ~

 

  1. Al-Gumhuriya (Egypte), le 10 avril 2002
  2. Al-Gumhuriya (Egypte), le 11 avril 2002
  3. Al-Gumhuriya (Egypte), le 12 avril 2002
  4. Al-Ahram (Egypte), le 12 avril 2002
  5. Akhbar Al-Yaum (Egypte), le 6 avril 2002

L'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif mettant à disposition des traductions de la presse du Moyen-Orient, une analyse originale des faits ainsi que le résultat de recherches sur le développement de la situation dans la région. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d'ordre général, sont disponibles sur simple demande.

Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient

BP 27837, 20038-7837 Washington DC.

Tel: (202) 955-9070 Fax : (202)955-9077 E-Mail : memri@erols.com

Trouvez les précédentes publications de MEMRI sur notre site Internet : www.memri.org