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Dépêche Spéciale — Arabie Saoudite / Recherches sur le djihad et le terrorisme

Le 16 mai 2002

Un quotidien saoudien officiel : Vous [les Etats-Unis] aurez disparu que nous serons encore là.

Le Dr Muhammad T. Al-Rashid, chroniqueur au Saudi Gazette, quotidien saoudien en anglais, a réagi au propos du président Bush exhortant les responsables arabes à cesser de qualifier de " martyrs " les auteurs d’attentats-suicide. Dans un article intitulé " Que Dieu bénisse nos martyrs ", le Dr Al-Rashid critique les Etats-Unis. Voici quelques extraits de l’article :

Le président qui dit " NAN ! " est allé trop loin

" Eh bien si : ceux que l’on ratisse en Palestine sont bien des martyrs [sic], morts pour leur cause, leur honneur, leur dignité, leur terre et leur religion, malgré [ce qu’en pensent] ces idiots de Washington. Nous avons eu droit à suffisamment de double jeu, de double langage, de doubles poids et mesures ainsi que d’actions à double tranchant… Le président qui dit " NAN ! " est allé trop loin : il a donné le feu vert à un massacre devant être conduit par le plus brutal des criminels, pire encore que Caligula.

Il y a quelques semaines, un couple de San Francisco a été déclaré coupable parce que ses deux chiens ont lacéré leur voisin à mort. La même loi peut être appliquée à Bush et Sharon : le chien et son maître. Nous n’avons pas besoin d’un Cicéron qui fasse l’important devant un tribunal pour obtenir un verdict. Les choses sont claires. Pas besoin d’argumentations philosophiques : le chien et son maître ne s’y connaissent pas assez bien [en philosophie]. Mais essayons quand même d’être suffisamment simplistes pour faire comprendre au maître que le monde n’est pas contre les chiens en tant que tels, mais contre son chien en particulier...

Les Américains prétendaient autrefois qu’ils n’étaient pas en mesure de faire plier les Israéliens ou d’influer sur leurs décisions, mais à chaque fois qu’ils leur demandent quelque chose, ces derniers s’exécutent… Comment résoudre cette contradiction  Le monde assiste au spectacle, horrifié ; les Européens rouspètent contre les Etats-Unis pour les pousser à faire preuve d’un minimum de décence. Les Européens ne sont pas franchement arabophiles, mais ils ont quand même conservé un semblant d’humanité.

Il y a mille quatre cent ans, le second calife, Omar, est entré à Jérusalem où il a été invité par l’archevêque à prier à l’église de la Nativité ; il a refusé de le faire, non parce qu’il considérait que ce serait inapproprié, mais parce que, comme il l’a dit : " les musulmans voudront construire une mosquée à cet endroit. " Il a donc prié sur un morceau de terre adjacent, là où se trouve actuellement la mosquée d’Omar. Celle-là aussi a été bombardée et désacralisée par les Huns d’aujourd’hui.

Le progrès semble bien incapable de changer la nature de l’homme. Ou peut-être est-ce plus simple que cela : peut-être sommes-nous ignorants des autres et manquons-nous de respect envers l’autre et, plus tragiquement, envers nous-mêmes. "

Un milliard de musulmans sont en passe de se transformer en autant de volcans déchaînés.

" Un milliard de musulmans sont en passe de se transformer en autant de volcans déchaînés à cause de ce manque de respect : de paisibles rats de bibliothèque, des bureaucrates superflus, des femmes enceintes ordinairement focalisées sur leurs maux, des médecins occupés à sectionner l’humanité pour la remettre en état, et d’innombrables autres habituellement pris par la vie, écument. Les décisionnaires politiques de ce monde sont-ils bien raisonnables La folie de Caligula ne s’est jamais vraiment propagée en dehors de Rome pour des raisons évidentes. Maintenant, la CNN peut rapporter les événements de façon tordue.

Mieux encore, d’autres ont acquis le mode d’emploi. L’ironie veut que Caligula se soit risqué trop loin en Palestine, où [même] les anges craignaient de se montrer à lui. Il voulait que les Juifs l’adorent dans leur temple. Et chacun sait comment cela s’est terminé. Peut-on pousser ‘monsieur NAN’ à lire une partie de cette histoire  Condomachin Rice devrait lui amener à lire certains de ces livres magnifiques publiés par Stanford. Personnellement, j’ai honte aujourd’hui de dire que j’ai fréquenté la même université.

Disons-le une bonne fois pour toutes : nous n’avons rien contre les Juifs. C’est un fait. Nous n’avons rien contre aucun peuple, leurs croyances ou leurs façons de croire. Ceux qui ont ce genre de griefs interprètent les écritures musulmanes comme les fondamentalistes américains interprètent les écritures chrétiennes. Il est difficile de croire que le pape, représentant le Vatican en tant qu’institution, sanctionne Jerry Falwell, pour ne donner qu’un exemple. Mais, tout comme les Français pendant l’occupation nazie, les Russes face à l’occupation française et les Américains face à l’occupation britannique, nous nous insurgeons contre l’occupant. C’est de là que vient notre sens du martyre. "

Le président Bush devrait lire l’histoire arabe.

" Nous nous demandons aussi ces derniers temps si nous devons faire confiance à nos sens quand nous voyons Bush dire au monde qu’Arafat a " trahi son peuple ". Qui êtes-vous pour faire pareille déclaration, monsieur le président  Qui vous a permis de parler au nom des Palestiniens, ou de tout autre peuple que le peuple américain  Ils [les Palestiniens] l’ont élu, ils le soutiennent, et maintenant ils meurent pour lui. Cela, je pense, représente plus que ce que votre peuple est prêt à faire pour vous. Votre père, en son temps, demandait à son peuple de lire sur ses lèvres. Puisque la lecture est une tradition familiale chez vous, pourrions-nous vous demander de lire notre histoire avant d’essayer de nous diriger  "

Vous [les Etats-Unis] aurez disparu que nous serons encore là.

" Pour le cas où vous n’auriez ni le temps ni la force de le faire, laissez-moi vous dire ceci : nous sommes aussi anciens que la pierre sur laquelle Jésus a marché, aussi purs que l’eau utilisée par Mahomet avant la prière, aussi strictes que les lois que Moïse a ramenées du mont [Sinaï]. Vous disparaîtrez, mais nous demeurerons… Le monde sombrera dans l’oubli, mais nos dattiers et nos oliviers survivront à vos bombes atomiques. Et, d’une manière ou d’une autre, il restera quelque chose de nous. C’est écrit chez vous, pas dans les écritures saintes, mais sur le dos des [billets] verts que vous chérissez tant, surtout à la veille de Noël : In God we trust. " (1)

  1. The Saudi Gazette, le 8 avril 2002

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