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Dépêche spéciale — Recherches sur le djihad et le terrorisme

Enquête et analyse — Iran

Le 31 mars 2002 N° 89

L'Armement : Un élément essentiel permettant à l’Iran de s'imposer comme superpuissance régionale

Par Ayelet Savyon*

Contexte : Les Considérations Stratégiques de l'Iran

Depuis l'époque du Shah Mohammed Reza Pahlavi, l'Iran se considère comme une superpuissance régionale. (1) Ainsi, ce pays cherche à acquérir des armes conventionnelles aussi bien que non-conventionnelles (des missiles balistiques à longue portée et des armes nucléaires), tout en niant publiquement son intention de se procurer des armes nucléaires. Les buts que l'Iran cherche à atteindre en devenant une superpuissance régionale sont :

Premièrement, asseoir une position de supériorité régionale parmi les Etats limitrophes, tels l'Irak, l'Arabie Saoudite et les républiques musulmanes d'Asie centrale ; parmi ses autres voisins tels la Turquie, l'Egypte, et Israël ; et finalement, obtenir un statut équivalent aux autres superpuissances nucléaires régionales que sont le Pakistan et l'Inde.

Deuxièmement, renforcer sa position de puissance asiatique islamique reconnue comme telle par les Etats-Unis et l'Europe, ainsi que par le Mouvement des Non-Alignés (NAM).

En outre, l'Iran désire concurrencer la Turquie et la Russie comme pôle d'influence en Afghanistan et dans les républiques d'Asie centrale et exercer une influence sur l'agenda politique du monde musulman. Pour finir, l'Iran cherche à influencer la stratégie et la politique palestiniennes.

Armes Conventionnelles : Coopération entre Iraniens et Russes

Depuis que les Américaines ont cessé de fournir des armes à l'Iran (suite à la révolution islamique) et qu'ils imposent des sanctions au commerce avec de tierces compagnies, (2) l'Iran compte essentiellement sur l'armement de fabrication soviétique et russe. (3) pour les Russes, la coopération avec l'Iran aide à la reconstruction de son industrie militaire (y compris la recherche et le développement d’armes stratégiques) qui a eu à surmonter des difficultés financières provenant de la fin de la guerre froide. Le Président russe Vladimir Putin a exprimé publiquement sa satisfaction face à la coopération des deux pays dans ce domaine. (4) Lors de leurs visites séparées à Moscou, le Président iranien Mohammed Khatami, en mars 2001, et le Ministre de la défense Ali Shamkhani, en octobre 2001, ont signé des accords de coopération militaire et des contrats d'armement avec la Russie, évalués à 7 milliards de dollars sur les années à venir. (5)

L'Iran et la Russie ont des contrats d'armement remontant aux années 90 : l'Iran avait alors reçu plus de cent tanks T-72 de Russie et avait même commencé à produire des tanks avec l’accord des Russes. L'Iran s’est également équipé d'artillerie, de systèmes de défense anti-aériens, de véhicules blindés, d'hélicoptères Mi-17 et d'autres équipements militaires. (6)

En 2000, l'Iran a pris la décision stratégique de moderniser ses structures militaires grâce à un programme s'échelonnant sur vingt-cinq ans, s'appuyant sur la technologie et l'armement russe. (7) Le programme inclut les éléments suivants :

La création d'un système de défense anti-aérien et antimissile intégré, comprenant un système de missiles anti-aérien S-300 et un système de défense aérien de missiles à moyenne et courte portée (Sa-11, et Sa-15 respectivement) ; la création d'un système de défense aérien pour la défense des équipements nucléaires et militaires ; la production autorisée d'armes (artillerie, avions, et vaisseaux de guerre) ; la modernisation d'avions et de l'équipement aéronautique et la modernisation des sous-marins de type Trois Kilos acquis en Russie. Le projet prévoit aussi la création de centres de formation, de réparation et de services pour les armées de terre, de mer, et de l'air en Iran, un programme spatial ayant pour but de lancer six satellites, la formation de centaines d'experts militaires et techniques dans les centres d'entraînement russes. (8)

Un examen attentif du programme indique que l'Iran aspire à établir un complexe industriel militaire puissant, qui serait également utilisé pour la fabrication d'armes d'exportation. (9)

Coopération Nucléaire

Au milieu des années 90, l'Iran a signé un contrat sur 800 millions de dollars avec la Russie pour la construction d'un réacteur nucléaire à refroidissement par eau à Bushehr. (10) L'accord-cadre entre les deux nations mentionne la possibilité de construction de quatre réacteurs nucléaires, deux du type Vver-1000, semblables à celui actuellement en construction à Bushehr, et deux autres de type Vver-440, atteignant la somme de 3 milliards de dollars. (11) En novembre dernier, l'Iran a reçu le cœur du réacteur et d'autres composantes du premier réacteur. En février 2002, le quotidien iranien de Téhéran Iran Daily a signalé que le ministère russe de l'énergie atomique avait annoncé que le réacteur serait inauguré en septembre 2002. (12) Cependant, deux hauts responsables russes ont annoncé que l’inauguration aurait lieu bien plus tard. Le Ministre Adjoint russe à l'énergie atomique Yevgeny Reshetnikov a déclaré que la première unité de la centrale serait activée vers fin 2003 (13) et l'adjoint au ministre russe de l'énergie nucléaire Valerii Lebedev a quant à lui précisé que la Russie prévoyait d’en terminer la construction d'ici fin 2004 ou début 2005. (14) En outre, des rapports récents de médias affirment que la Russie construit un autre réacteur nucléaire en Iran. (15)

Lors de sa visite à Moscou en mars 2001, M. Khatami a exprimé son inquiétude face au retard pris dans la construction de la centrale nucléaire de Bushehr, (16 ) mais Moscou a récemment annoncé son intention de remplir entièrement sa part du contrat. (17) Kazem Jalali, membre du Majlis ainsi que du Comité pour la sécurité nationale et la politique étrangère, a dit : "Nous [l'Iran] entretenons une coopération nucléaire avec la Russie et ils ont agi positivement à cet égard." Il a ajouté que "les Russes veulent travailler avec nous et nous devrions les encourager." (18)

La Russie et l'Iran ont à plusieurs reprises déclaré que leur coopération nucléaire avait des visées pacifiques. (19) L'Iran a souligné qu'il s'armait uniquement par souci d'autodéfense et que son programme nucléaire avait des visées pacifiques, tels l'"énergie, l'agriculture, et l'environnement", (20) ce qui le légitimait. Dans les rapports et les éditoriaux de la presse iranienne, de hauts responsables iraniens soulignent que les installations nucléaires d'Iran sont sujettes à des inspections régulières et à la surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique. (21) Les porte-parole ont en outre souligné que l'Iran est signataire des diverses conventions internationales sur la limitation de l’armement et le désarmement. (22)

Coopération sur les Missiles Balistiques

L'Iran développe également des missiles à moyenne et longue portée, considérés comme armes stratégiques. En 1985, l'ancien Président iranien Hashemi Rafsandjani a signé un accord avec la Corée du Nord pour la livraison de missiles de Corée du Nord d’une valeur de 500 millions de dollars. L'Iran est également engagé dans le développement local de propulseurs et d'autres composantes du missile Shihab. (23) Le missile Shihab est considéré par l'Iran comme un moyen de dissuasion et de défense, principalement contre l'Irak. Dans une entrevue avec le quotidien londonien de langue arabe Al-Sharq al-Awsat, le ministre de la défense iranien, l’Amiral Ali Shamkhani, a indiqué que l'Iran travaillait au développement de ses capacités balistiques, particulièrement le Shihab 3, d’une portée de 800 milles (1280 km) : "Nous nous appliquons maintenant à rendre ce missile extrêmement précis et rapide dans une perspective tactique ; [nous essayons également] de réduire son temps de pré-lancement [aussi bien que] sa capacité de destruction et d’explosion conformément aux normes internationales pour les armes de défenses." (24)

Selon des rapports de scientifiques russes ayant travaillé en Iran, il semble que bon nombre d'entre eux aient été impliqués dans l'aide au développement du déploiement du missile balistique iranien et à l'industrie nucléaire. Vadim Vorobei, scientifique russe expert du missile, a travaillé en Iran pendant plusieurs années et a aidé à la formation du déploiement iranien de missiles ; il admet que les Iraniens sont "paranoïaques" : "ils voulaient que nous leur communiquions des informations sans toutefois se montrer disposés à nous dire tout ce qu'ils faisaient. Ce qui rendait l'aide difficile." (25) Alexi Krasnov, chef des relations extérieures à l'agence spatiale russe, a révélé lors d’une conférence de l'institut PIR (le centre d'études politiques en Russie) sur les affaires de sécurité, que plusieurs compagnies russes (parmi les 10 sous sanctions américaines) étaient des compagnies de "façade", qui ont en fait été établies pour exporter des technologies de pointe. Il a également invité l'Occident à étendre sa coopération avec les entreprises de production de missiles russes afin d'éloigner les experts de ces compagnies des "clients suspects". Il a ajouté que ne pas permettre à l'industrie spatiale russe de jouir de ses capacités légitimes de coopération pourrait mener à des contacts illégaux, qu’il serait difficile de surveiller. (26) Le ministre des Affaires étrangères allemand Joschka Fischer a ultérieurement mis la Russie en garde contre la vente à l'Iran de missiles balistiques à longue portée, capables de porter des têtes chimiques et biologiques. (27)

L'Iran et les Conventions Internationales sur les Armes de Destruction de Masse (WMD) (28)

Le Secrétaire du Conseil Suprême Iranien pour la Sécurité Nationale, Hassan Ruwhani, haut fonctionnaire et confident du 'dirigeant suprême' Ali Khamenei, a expliqué dans l’une de ses rares interventions la position de l'Iran face aux conventions internationales sur le contrôle des armes et l'armement : "L'Iran est signataire des conventions internationales dans le but de préparer le terrain à son accès à la technologie moderne que des pays développés se sont engagés à fournir". Sur la question du transfert de technologies, M. Ruwhani s'est plaint à Hans Ulrich Klose, Président de la Commission Parlementaire Allemande pour les Affaires Etrangères, qu’ "il n'était pas compréhensible que l'Iran s'engage unilatéralement en signant des conventions internationales alors que les nations développées, dont l'Allemagne, n'observent pas leur engagement à fournir des armes de haute technologie." (29)

L'Iran est signataire du Traité nucléaire de non-prolifération (NPT, 1970), du Protocole de Genève, qui interdit l'utilisation d’armes chimiques et biologiques (1925), de la convention sur les armes chimiques (CWC, 1993), de la convention sur les armes biologiques (BWC, 1975), et est également signataire du Traité sur l’interdiction totale d'essais (CTBT), qui interdit les tests nucléaires, bien que l'Iran ne l'ait pas ratifié. (30)

L'Iran n'a toutefois pas accédé au 'Protocole Additionnel' (également connu sous le nom de '93+2'), créé après la guerre du Golfe et apportant des garanties supplémentaires permettant d’atteindre une certitude maximale quant à la non-prolifération des matériaux nucléaires dans des buts déclarés pacifiques et quant à l'absence de matériaux nucléaires et d'activités non déclarées. (31)

Il n'existe aucune convention internationale concernant les missiles balistiques. Cependant, au cours des années 80, sur une initiative américaine, le régime de contrôle des exportations de missiles, le MTCR (Régime de contrôle de la Technologie du Missile) a été créé. Ce régime est appliqué par 32 pays, y compris la Russie et les pays européens, qui ont accepté volontairement des limitations sur le transfert des technologies de missiles et des composantes à double usage pour des missiles dont la portée dépasse 170 milles et 660 livres de charge utile.

L'Iran préconise une approche juridique : il se présente comme adhérant au droit international en étant devenu signataire des conventions internationales. Il considère le développement de missiles comme faisant partie du développement d'armes conventionnelles, ce qui en fait un acte légitime. Le porte-parole du Ministère iranien de la Défense, Keivan Khosravi, a affirmé que "Les projets de missiles iraniens sont (...) son droit naturel et entrent en conformité avec le développement des capacités de l'Iran dans le domaine aérospatial." (32)

L'Iran s'oppose généralement aux 'Régimes de Contrôle des Exportations' et en particulier au MTCR, prétendant que ces régimes discriminent les pays en voie de développement et les empêchent d'acquérir le matériel et la technologie appropriés. L'Iran considère 'les Régimes de Contrôle des Exportations' comme un exemple de la suprématie occidentale sur les pays en voie de développement, et essaie de promouvoir une approche différente : une résolution de l'ONU concernant les missiles, qui inviterait le Secrétaire Général des Nations Unies à former un groupe d'experts gouvernementaux. (33 )

Bien que l'Iran affirme que les missiles balistiques à longue portée sont essentiels à sa défense et à la dissuasion face à l'Irak, la portée des missiles produits par l'Iran excède la portée nécessaire à la défense et à la dissuasion face à l'Irak et, en fait, atteint Israël et l'Europe (la portée du 'Shihab 3' est de 800 milles - 1280 km ; la portée du 'Shihab 4' est de 1200 milles - 1920 km).

Après que le Président Khatami, le ministre de la Défense (M. Shamkhani), et les commandants militaires de l'Iran se furent consultés, le quotidien londonien de langue arabe, Al-Sharq al-Awsat, notait que l'Iran avait récemment décidé d'arrêter le développement du missile 'Shihab 4', afin de ne pas être accusé de menacer l'Europe ou les États-Unis. Le développement du 'Shihab 3,'cependant, continue. (34 )

* Ayelet Savyon est directrice du projet médiatique iranien.

  1. Après que les Britanniques eurent annoncé en 1968 leur retrait de la région, prévu pour 1971, l’Iran a exigé en échange du Bahreïn, considéré par l’Iran comme territoire iranien, d’être reconnu par la Grande-Bretagne comme superpuissance régionale.
  2. Le Iran Libya Sanction Act (ILSA) a été renouvelé par l’Administration Bush en août 2001.
  3. Voir les déclarations iraniennes et russes sur la question : " Ces dernières années, la Russie est devenue le premier pourvoyeur d’armes de l’Iran. " Afarinsh, le 19 février 2002 ; Norouz, le 20 février 2001 ; Tehran Times, le 17 février 2002.
  4. IRNA, le 17 octobre 2001.
  5. IRNA, le 1er et 4 octobre 2001 ; le 17 décembre 2001.
  6. Jane’s Defense Weekly, le 28 novembre 2001 ; Zeev Wolfson : " Le ‘facteur russe’ dans l’équilibre des forces au Moyen-Orient ", Centre Ariel de recherche politique, n°133, pp. 19-20.
  7. Les accords signés en 2001 ont pour ainsi dire annulé l’accord Gore-Chernomyrdin signé en 1995 par les Etats-Unis et la Russie dans le but de limiter la vente d’armes conventionnelles russes à l’Iran. Avec le changement d’Administration aux Etats-Unis comme en Russie en novembre 2000, Moscou a annoncé ne plus se trouver engagé par l’accord. M. Shamkhani a précisé que les contrats d’armes signés avec la Russie représentent une " annulation du pacte Gore-Chernomyrdin imposé ", et qu’ " ils ouvrent un nouveau chapitre dans la coopération à long terme entre les deux pays. " IRNA, le 6 octobre, le 17 décembre 2001.
  8. Voir les comptes-rendus des visites faites par des délégations de responsables de la marine et des forces de l’air, IRNA, le 4 octobre 2001 ; Shamkhani a annoncé que l’Iran construit des navires de guerre à impériale ainsi que des vedettes lance-torpilles, s’ajoutant au développement de l’industrie des missiles de la marine, IRNA, le 13 février 2002 ; Rasalat, le 14 janvier 2002 ; Tehran Times, le 17 février 2002 ; Zeev Wolfson : " Le ‘facteur russe’ dans l’équilibre russe du Moyen-Orient ", Centre Ariel de recherche politique, n° 133, pp. 20-21.
  9. L’ancien président iranien Hashemi Rafsandjani a fait des déclarations contradictoires, affirmant dans le Tehran Times que " l’Iran aujourd’hui est l’une des plus grandes puissances mondiales dans le domaine de l’industrie de l’armement ", le 8 janvier 2002 alors que dans l’IRNA, il nie le fait que l’Iran " [vende] des armes et ne s’intéresse pas à la vente d’armes ", le 6 janvier 2002.
  10. Le réacteur a été commandé au début de l’année 1994 auprès que le constructeur allemand, Siemens, se fut retiré, en raison de pressions américaines, Tehran Times, le 18 novembre 2001.
  11. Pour plus de détails, se référer à Partners in need : The Strategic Relationshiup of Russia and Iran, de Brenda Shaffer, Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient, n° 57, p. 73.
  12. Iran Daily, le 17 février 2002.
  13. IRNA, le 4 mars 2002.
  14. ITAR-TASS cite RFL/RL, le 14 février 2002.
  15. Jane’s Defense Weekly, le 28 novembre 2001 ; Norouz, le 20 février et le 28 février 2002 ; Entekhab, le 5 mars 2002 ; IRNA, le 8 mars 2001.
  16. Tehran Times, le 18 novembre 2001. L’ambassadeur iranien en Russie Gholam-Reza Shafei a annoncé que l’opération du réacteur serait retardée jusqu’à fin 2003, et que l’Iran n’est pas satisfait. Norouz, le 28 février 2002.
  17. RFE/RL, le 14 février 2002. Le vice-ministre russe de l’énergie nucléaire, M. Yevgueny Reshetnikov, a déclaré que la Russie poursuivait ses efforts pour perfectionner l’usine. IRNA, le 4 mars 2002.
  18. IRNA, le 19 février 2002. Juste avant que le ministre des Affaires étrangères iranien, M. Kharrazi, ne s’envole pour Moscou, la Russie a annoncé que la visite prévue pour le 19 février 2002 était remise à plus tard. Quelques jours plus tard, le journal perse Bonyan a annoncé que " les experts russes sont rentrés chez eux, laissant le réacteur nucléaire à Bushehr ", à la suite d’une déclaration du ministre russe de l’énergie faisant état d’un changement de politique en ce qui concerne la coopération entre Téhéran et Moscou, Bonyan tel que le site l’IRNA, le 25 février 2002. En réaction, l’Iran a nié tout changement dans la politique de la Russie à son égard, affirmant que les 180 Russes ayant quitté l’usine de Bushehr l’ont fait dans le cadre du roulement en vigueur, à la demande de Téhéran. IRNA, le 26 février, Norouz, le 28 février, IRNA, le 4 mars 2002. Victor Kouzlov, directeur de l’Institut russe pour l’exportation de l’équipement nucléaire, a promis que la Russie ne mettrait pas fin à sa coopération nucléaire avec l’Iran. IRNA, le 8 mars 2002.
  19. La question de l’armement de l’Iran, et principalement de l’armement nucléaire, a fait les gros titres, surtout après l’affirmation de Rafsandjani sur " l’élimination du problème israélien grâce à l’usage de la bombe atomique " : " Si un jour le monde musulman se trouve équipé des armes dont dispose aujourd’hui Israël, ce jour-là, l’arrogance du monde se trouvera dans une impasse. Alors que l’utilisation d’une bombe atomique contre Israël ne laisserait rien à la surface du sol, un usage équivalent dans le monde islamique ne ferait que causer des dégâts. ", Kayhan (en perse), Al-Wifak (en arabe) ; Iran News (en anglais), le 15 décembre 2001.
  20. Tehran Times, le 17 janvier 2002.
  21. La presse iranienne s’est penchée de près sur la question, à la suite de la déclaration faite par M. Rafsandjani du 14 décembre 2001. Voir notamment : Tehran Times (affilié au ministère iranien des Affaires étrangères), le 11 décembre 2001, le 8 janvier 2002 et le 17 janvier 2002.
  22. Cette position permet à l’Iran d’attaquer les Etats-Unis, vu que les Etats-Unis n’ont pas ratifié le CTBT (Comprehensive Test Ban Treaty, qui interdit les essais nucléaires), et vu que les Etats-Unis n’ont pas les mêmes exigences avec Israël, lui permettant de s’armer de WMD et de ne pas participer à certaines conventions. Tehran Times, le 8 janvier et le 6 février 2002. Quant au ministre russe de la Défense, M. Sergey Ivanov, il a laissé entendre que l’Iran pourrait se retirer unilatéralement du NPT et promouvoir indépendamment ses projets nucléaires et ses projets de missiles ; Interfax, le 18 décembre 2001, Nezavisimaya Gazeta (en russe), le 19 décembre 2001.
  23. Washington Post, le 13 janvier 2002. " Les missiles Shihab 3 sont fabriqués d’après le modèle des missiles No Dong de Corée du Nord et se basent sur la technologie des Scuds soviétiques.
  24. Al-Sharq al-Awsat, le 5 février 2002.
  25. Washington Post, le 13 janvier 2002.
  26. AP, le 15 février 2002.
  27. IRNA, le 20 février 2002, citant l’AFP, le 19 février 2002. Le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a ensuite nié les faits qui y sont rapportés. IRNA, le 20 février 2002.
  28. En plus des conventions internationales sur les WMD, l’Iran n’est pas signataire de la Convention des CCW(Certain Conventional Weapons), qui se rapporte à certaines armes conventionnelles susceptibles d’être jugées extrêmement dévastatrices. L’Iran n’a pas signé la Convention d’Ottawa sur les mines.
  29. L’IRNA, le 16 janvier 2002.
  30. Les Etats participant aux conventions internationales remplissent les deux conditions suivantes : 1 - la signature, qui représente l’engagement à remplir ses objectifs politiques, ; 2 - la ratification, qui permet l’accès à la convention et l’incorporation totale des dispositions prises aux lois du pays. Il est important de noter que si un pays décide d’acquérir des WMD, il le fera sans tenir compte de la convention internationale. L’Iraq, par exemple, a signé le NPT, le Protocole de Genève et le BWC, et ne s’est pourtant pas montré enclin à remplir ses obligations.
  31. United Nations Disarmement Yearbook, vol. 25, 2000, pp. 51-54
  32. Tehran Times, le 10 juillet 2001.
  33. L’initiative iranienne présentée dans la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies : A/RES/56/24, 68ème réunion plénière, le 29 novembre 2001. Le groupe a en fait été créé en août 2001.
  34. Les modèles du " Shihab 4 " et du " Shihab 5 " (d’une portée de 5000 kilomètres) étaient en cours de développement, Al-Sharq al-Awsat, le 22 février 2002.

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