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Enquête et Analyse 

Dépêche Spéciale — Arabie Saoudite

Le 10 mai 2002

Un diplomate arabe sur la nécessité de

remplacer le djihad par le progrès social

Dans l’article d’un " diplomate arabe qui a choisi de dévoiler son identité ", Abou Ahmed Moustafa exhorte le monde arabe à remplacer le djihad par le progrès social. L’article, intitulé " Quand donc les Arabes tireront-ils la leçon des événements ? ", a paru dans Al-Sharq al-Awsat, quotidien saoudien diffusé à Londres. En voici des extraits :

Maintenant que le brouillard commence à se dissiper dans le ciel de l’Autorité palestinienne et que la deuxième Intifada a touché à sa fin, les Arabes doivent faire l’effort de comprendre une bonne fois pour toutes la leçon qu’ils reçoivent une fois de plus…

D’abord, nous devons admettre que ceux qui ont fait participer des enfants à la deuxième Intifada n’avaient pas de but politique clairement défini, capable de profiter au peuple palestinien... Il est évident que ceux qui ont organisé cette Intifada cherchaient à contrecarrer toutes les initiatives du président Arafat. Ils voulaient en faire à la fois leur prisonnier et celui d’Israël…

Mon esprit est assailli d’une série de questions depuis que les manifestants déferlent dans les capitales arabes. Ces manifestations géantes rappellent celles organisées pour défendre l’honneur de la nation du camarade Saddam.

Combien de pays arabes ont-ils manifesté spontanément ? J’ai appris que des comités formés de membres des partis gouvernementaux comme de l’opposition ont été chargés d’organiser ces manifestations. En première ligne se trouvaient certains hauts responsables des pays arabes, cherchant à neutraliser [les éléments nationalistes] qui accusent les gouvernements d’être à la traîne. Je pose la question : " Pourquoi ne manifestent-ils pas pour protester contre le manque (ou l’absence) de services de base dans leurs pays ? Ces pays n’ont ni [service de] santé, ni éducation, et croupissent au-dessous du seuil de pauvreté… mais tous se préoccupent de la question palestinienne, et aucune voix ne s’élève au-dessus de la voix du combat. Pensez-vous vraiment que ces hauts responsables seraient prêts à participer à une manifestation de ce genre [contre l’absence de services] ?

Qui plus est, pourquoi poussent-ils les citoyens à contribuer de leur poche ? Ces hauts responsables, eux, contribuent comme bon leur semble… Je pose une deuxième question : pourquoi n’informent-ils pas leurs citoyens de la nécessité de financer l’éducation, la santé et les autres services sociaux de leurs pays ? !

Qu’en serait-il aujourd’hui si chaque pays arabe avait, depuis 1948, cherché à se construire de l’intérieur au lieu de se focaliser sur la question palestinienne ? N’aurait-ce pas été mieux que de dépenser l’argent à équiper l’armée, tout cela pour nous faire profiter de leurs marches militaires ? Quelle aurait été la situation si tous les pays arabes s’étaient occupés d’éduquer leurs citoyens et de développer leur système de santé (physique et psychologique) et la culture ? Le conflit avec Israël ne serait-il pas devenu culturel au lieu de sombrer dans le combat religieux et militaire ?

D’autre part, je suis stupéfait par l’attitude de ces dignitaires religieux qui font un tollé au nom du djihad contre Israël, qui partent en guerre et rivalisent de préceptes autorisant le suicide [attentats-suicide] — mais qui n’encouragent nullement les citoyens à la lutte spirituelle. Ne serait-elle pas plus utile à la nation [arabe], qui depuis le début de ce siècle est sujette à la Nakba [catastrophe] que lui impose sa propre armée, et qui se dirige actuellement vers une seconde Nakbam perpétrée par ses savants — je me réfère bien entendu aux savants de la religion, pas à ceux de la physique, des sciences naturelles, de la santé et de l’ingénierie. " (1)

 

  1. Al-Sharq al-Awsat (Londres), le 8 mai 2002

 

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