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Dépêche Spéciale / Egypte

Le 20 août 2002 - N° 414

La métamorphose du Secrétaire de l’Association

des psychiatres arabes

Le Dr Adel Sadeq, Secrétaire de l’Association des psychiatres arabes, également à la tête du département psychiatrique de l’université Ein Shams au Caire, est renommé pour ses opinions extrémistes. En avril 2002, dans un article et une interview télévisée, (1) il a loué les attentats suicides, déclarant que l’objectif des Arabes est de " jeter les Juifs à la mer ". Il a en outre apporté un avis professionnel sur le président Bush, qu’il a qualifié de " stupide ".

?Il semblerait que le tumulte suscité par ses propos ait profondément affecté le Dr Sadeq. Un récent article publié par le quotidien égyptien Hadith Al-Madina témoigne du changement radical de sa position :

" Premièrement, nous devons demander à la jeunesse palestinienne de mettre fin aux opérations suicides. Nous, psychiatres, sommes opposés au suicide ; le fait est que nous traitons des suicidaires et protégeons nos malades [mentaux] contre les pensées suicidaires.

?Les politiciens affirment que c’est [le suicide] la seule méthode dont disposent les hommes de combat. Mais je ne suis pas de cet avis. Il existe mille autres façons [d’agir], et il est inadmissible que le meurtre de soi devienne un moyen de combat. Les responsables religieux le qualifient de martyre, soulignant qu’Allah nous a ordonné de mourir pour défendre notre patrie, mais je dis non : le martyre ne consiste pas à se tuer de façon préméditée, mais à partir en guerre en tant que moudjahid, pour l’amour d’Allah et pour combattre l’ennemi, tout en se préservant soi-même de la mort. Si le moudjahid meurt par inadvertance, il devient un martyr, mais il ne doit pas décider a priori de mourir dynamité.

?Deuxièmement, nous devons condamner le fait de verser le sang innocent, celui des enfants, des femmes, des personnes âgées et des malades, aussi bien du côté palestinien qu’israélien. Nous ne devons pas nous réjouir du meurtre d’une enfant israélien ou d’une adolescente israélienne. La guerre ne doit être menée qu’entre combattants. Le jeu inquiétant actuellement en cours — où un jeune Palestinien se fait sauter dans un bus israélien, causant la mort d’innocents, et où Israël envoie en représailles des missiles sur les habitations palestiniennes, provoquant la mort d’innocents -, ce jeu doit cesser, parce que c’est [entrer dans] un cycle de folie infernale.

?Troisièmement, les psychiatres arabes doivent rencontrer les psychiatres israéliens pour discuter des façons d’appeler à la paix. Nous devons soutenir les mouvements pacifiques en Israël comme dans les pays arabes. Je suis convaincu que les peuples israélien et palestinien ne veulent pas la guerre. Tous aspirent à la paix. Nous, psychiatres, savons comment nous adresser aux gens. Nous pouvons les exhorter à s’opposer aux ennemis de la paix des deux côtés.

?Quatrièmement, nous, psychiatres arabes, devons nous adresser aux personnes au moyen des médias pour réclamer la cessation des suicides et du meurtre d’innocents. Nous devons appeler à la paix et former l’opinion publique pour qu’elle fasse pression sur les dirigeants gouvernementaux et les persuade de se soumettre à la paix. J’appelle aussi les psychiatres israéliens à agir dans ce sens pour protéger le sang israélien et palestinien. "

?

L’ancien journaliste Hassaneyn Kuroum, chargé de la revue de presse égyptienne pour le quotidien Al-Qods al-Arabi, édité en arabe à Londres, a évoqué l’article d’Adel Sadeq. Kuroum a pour habitude d’appeler les partisans de la normalisation des relations avec Israël " les misérables " et d’encenser tout chroniqueur égyptien favorable aux attentats suicides. Il a, par le passé, cité certains articles extrémistes du Dr Sadeq. Cette fois-ci, il ne put en croire ses yeux :

" Voilà un fait surprenant, un sacré coup que nous assène le directeur du département de psychiatrie de l’université Ein Shams ", écrit Kuroum. " C’est une position entièrement nouvelle qu’a adopté Adel Sadeq, qui entre en contradiction totale avec ce qu’il a écrit par le passé, en tant que psychiatre et politicien. Je regrette de voir dans ce changement - et seul le temps nous dira si j’ai tort ou raison — le début de la participation [de Sadeq] à une nouvelle initiative gouvernementale visant à établir des contacts avec les Israéliens et à répéter la farce du ‘déblocage mental’, farce à laquelle ont pris part des Egyptiens, comme le Dr Mahmoud Mahfouz, Abd El-Azim Ramadhan et Mohammed Shalan à Camp David en 1978 — obéissant alors aussi à un ordre du gouvernement. Cela correspond à la tendance égyptienne, qui pourrait aussi être jordanienne et américaine, consistant à encourager et soutenir le parti travailliste [israélien] pour renverser le Likoud et recouvrer le soutien des groupes pacifiques en se servant de nouvelles personnes, lesquelles seront brûlées comme ces misérables favorables à la normalisation avec Israël. Tous ces misérables et leurs groupes sont un produit du gouvernement et ne sont en rien indépendants. Le seul qui profite de ce jeu est Israël, qui a ainsi pu présenter ses positions aux différents médias, alors que nous n’avons pu en faire autant… " (2)

 

  1. Voir la Dépêche Spéciale n° 373 de MEMRI
  2. Al-Qods al-Arabi (Londres), le 18 août 2002

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