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Moyen-Orient /Rapport économique

Le 24 septembre 2002 - N° 34

Nouvelles économiques régionales

Par le Dr Nimrod Raphaeli

I — Nouvelles économiques régionales

Déclin du PIB des pays arabes en 2001

Des données publiées par le Fonds monétaire arabe montrent que le Produit Intérieur Brut des pays arabes pris dans leur ensemble a baissé de 1.9% en 2001. Cette baisse est attribuée au déclin des revenus du pétrole qui, de 193 milliards de dollars en 2000, sont passés à 152 milliards de dollars en 2001, suite aux événements du 11 septembre.

?Au cours de la même année, les budgets gouvernementaux ont souffert d’une augmentation des dépenses et d’une baisse des revenus. Les dépenses ont atteint 211.2 milliards de dollars tandis que les revenus sont tombés à 193.8 milliards de dollars, engendrant un déficit de 17.4 milliards de dollars. (1)

L’OPEP dépasse les quotas de production

Certains membres de l’OPEP ont dépassé leurs quotas de production de 2.15 millions de barils par jour en août, soit de 10%. Il s’agit du dépassement le plus important depuis 1998, année où le prix du pétrole avait enregistré un net déclin. C’est le sixième mois consécutif de dépassement. Le système des quotas a été essentiellement enfreint par l’Algérie (30%), le Niger (9.5%) et l’Arabie Saoudite, plus gros producteur (9%). Ces augmentations, selon le journal, mettent en danger la crédibilité de l’organisation. (2)

Inquiétude aux Etats-Unis face à un éventuel retrait des investissements saoudiens

Selon une étude du Forum mondial de l’économie, une filiale de Morgan Stanley, l’inquiétude va croissant aux Etats-Unis face aux effets d’un éventuel retrait des investissements saoudiens du marché américain. On estime que les investissements saoudiens sur les marchés étrangers se montent à 750 milliards de dollars, dont 60%, soit 450 milliards de dollars, investis dans le marché américain (290 milliards de dollars le sont en biens immobiliers). Avec un déficit commercial de près de 350 milliards de dollars par an, les Etats-Unis devraient attirer 1 milliard de dollars par jour pour soulager la pression sur la valeur du dollar. L’étude attire l’attention sur le danger d’un durcissement des relations entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, susceptible de conduire à une élévation du prix du pétrole, laquelle gèlerait une croissance de l’après-récession plutôt timide aux Etats-Unis. (3)

?Parallèlement, le quotidien saoudien Al-Watan rapporte qu’en dépit de l’appréhension de l’Arabie Saoudite et d’autres investisseurs du Golf, et malgré le procès portant sur 100 trillions de dollars intenté au gouvernement saoudien, ses institutions financières et ses grands princes, il n’y a pas eu d’effort notable de la part des investisseurs saoudiens et de la région du Golf pour entreprendre un retrait de leurs investissements des marchés américains. (4)

?Un autre article rapporte que les compagnies islamiques d’investissement préfèrent investir dans des immeubles de luxe et d’autres biens immobiliers haut de gamme. Le département américain du Commerce place le Koweït parmi les dix investisseurs étrangers les plus importants sur le marché américain de l’immobilier. (5)

Opinions divergentes sur le boycott des produits américains

La campagne au Moyen-Orient pour le boycott des biens et services américains (automobiles, cigarettes, restaurants fast food et habillement), dans le but de " protester contre ce qui est perçu comme une politique pro-israélienne des Etats-Unis ", ne s’est pas calmée. Ihsan Abou Hulaïqa, économiste saoudien et membre du Conseil consultatif (organisme consultatif influent en Arabie Saoudite) s’est déclaré favorable au boycott tout en signalant les effets indésirables de ses excès. Un autre économiste saoudien, qui a souhaité garder l’anonymat, a manifesté sa vive opposition à l’encontre de la position de Hulaïqi, expliquant que les marchés américains sont trop importants pour se trouver affectés par le boycott arabe, même si ce dernier concernait l’ensemble des pays arabes. Il a ajouté que la campagne pour le boycott cause du tort aux producteurs, travailleurs et capitalistes saoudiens, alors que son impact sur l’économie des Etats-Unis serait nul. Il a accusé ceux qui encouragent le boycott au nom [de la défense] du peuple palestinien de faire preuve de démagogie, vu que les Palestiniens eux-mêmes n’ont pas émis d’intention similaire. (6)

Les finances d’Al-Qaida ne sont pas touchées

Un récent rapport rendu public par un comité des Nations unies chargé de surveiller les finances d’Al-Qaïda évalue l’aide financière en provenance des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à 30 millions de dollars, précisant qu’elle pourrait aller jusqu’à 300 millions de dollars (sur une durée non indiquée ; il semblerait que ce soit par an). De plus, les 16 millions de dollars annuels attribués à Al-Qaïda à titre " charitable " n’ont pas été affectés par la " guerre contre le terrorisme ". Cela dit, un an après le 11 septembre, et en dépit d’efforts concertés pour geler, confisquer ou déranger les importantes finances saoudiennes, les résultats obtenus sont minimes. La somme totale gelée ou confisquée est estimée à 10 millions de dollars. (7)

II - Le problème de l’eau

Bagdad cherche un arrangement avec la Turquie et la Syrie sur la question de l’eau

Rassoul Abd El-Hussein Saouadi a dit que son pays cherchait encore à reprendre les meetings de la commission tripartite pour l’eau (entre la Turquie, la Syrie et l’Irak), par des moyens diplomatiques. L’Irak accuse la Turquie de construire sur l’Euphrate des barrages qui ont considérablement réduit le flux des eaux en aval vers la Syrie et l’Irak, eaux destinées à l’agriculture comme à la boisson. La Turquie s’est retirée de la commission tripartite il y a quelques années, refusant dès lors de participer aux délibérations. (8)

Egypte : Aucune modification des accords sur le bassin du Nil

Dr Mahmoud Abou Zaïd, ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation a déclaré que le lac Nasser (Assouan Dam) était rempli à ras bord, avec 123 milliards de mètres cubes d’eau. Il a ajouté que les accords entre les 10 pays ayant accès au bassin du Nil ont été respectés mais que la construction de barrages sur le Nil supérieur réduirait la quantité d’eau s’écoulant vers le Soudan et l’Egypte. Il a déclaré que les institutions internationales ne financeraient aucun projet sur le bassin du Nil susceptible d’affecter l’un de ces 10 pays. (9) [L’Egypte s’inquiète de l’intention de l’Ethiopie de construire un important barrage sur son territoire, et suspecte une participation israélienne]

La Syrie projette de réduire ses dépenses d’eau

Le gouvernement syrien a lancé une campagne pour réduire ses dépenses d’eau dans le domaine de l’agriculture. L’utilisation de méthodes d’irrigation traditionnelles fait que 90% des ressources syriennes en eau vont à l’agriculture. Si un système d’irrigation moderne constitué d’arroseurs était introduit dans les champs de blé, le rendement augmenterait de 23% (soit une augmentation de 819 000 tonnes) tandis que les dépenses d’eau seraient réduites de 43%, soit 6.1 milliards de mètres cubes. De même, l’utilisation d’arroseurs dans les champs de coton, sur une superficie de 250 000 hectares, augmenterait le rendement de 19% et réduirait les dépenses d’eau de 27%. Le gouvernement accordera des prêts à taux référentiels aux agriculteurs qui choisiront de passer aux méthodes d’irrigation modernes. (10)

Israël s’engage à s’approvisionner en eau auprès de la Turquie

Israël s’est engagé à respecter l’accord conclu il y a deux ans, stipulant l’achat par Israël de 50 millions de mètres cubes d’eau à la Turquie pour chacune des 20 années à venir. L’exécution de cet engagement a été retardée par l’inquiétude du ministère des Finances face à une augmentation trop forte du coût de l’eau. Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que la question du coût devait être ignorée au profit du maintien des excellentes relations avec la Turquie. (11)

La Jordanie annonce l’élaboration d’un plan pour créer un canal entre la mer rouge et la mer morte

Hazim Al-Nasser, ministre jordanien de l’Eau, a décidé, au sommet des Nations unies sur le Développement durable (tenu à Johannesburg), de l’élaboration d’un plan de construction d’un canal reliant la mer rouge et la mer morte, afin de contrecarrer le déclin des eaux de la mer morte causé par une réduction des arrivées d’eau et l’extraction importante de ses ressources minérales par la Jordanie et Israël. Ces quarante dernières années, le niveau de l’eau de la mer morte est tombé de 392 mètres à 412 mètres au-dessous du niveau de la mer. Des problèmes d’ordre politique, écologique et financier font toutefois encore obstacle à la construction du canal. (12)

?Ce projet a essentiellement critiqué par le professeur Dan Zaslavski, ancien commissaire des eaux en Israël. M. Zaslavski explique qu’en plus du coût élevé du projet, le transfert des eaux de la mer rouge à la mer morte réduirait la salinité de cette dernière, et donc la qualité de ses ressources et propriétés naturelles. Il pourrait en outre occasionner de mauvaises odeurs susceptibles d’éloigner les touristes de la région. (13)

 

  1. Al-Hayat, le 29 août 2002
  2. Al-Qods al-Arabi, le 4 septembre 2002
  3. Al-Hayat, le 28 août 2002
  4. Al-Watan, le 5 septembre 2002
  5. Al-Hayat, le 30 août 2002
  6. Al-Sharq al-Awsat, le 18 août 2002
  7. Al-Hayat, le 4 septembre 2002
  8. Al-Iqtissadi (Bagdad), le 4 septembre 2002
  9. Al-Sharq al-Awsat, le 18 août 2002
  10. Techrine, le 26 août 2002
  11. Al-Hayat, le 8 août 2002
  12. Al-Qods al-Arabi, le 8 août 2002
  13. Al-Sharq al-Awsat, le 30 août 2002

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