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Memorandum Secret Au President George W. Bush

p.c.c. Michel Gurfinkiel - 21 octobre 2001

Peu après le 11 septembre, le président américain, George W. Bush a sollicité la coopération des meilleurs experts politiques et militaires occidentaux dans le cadre de la guerre contre Oussama Ben Laden et le terrorisme intégriste. Un groupe d'experts israéliens, généraux de Tsahal, officiers supérieurs des services de renseignement, députés à la Knesseth, professeurs aux universités de Jérusalem, Tel-Aviv, Haifa et Beersheva, diplomates, lui a fait parvenir un mémorandum. J'ai été en mesure de me procurer ce texte. Il m'a semblé utile de vous en communiquer le texte intégral, traduit par mes soins :

" A Monsieur George W. Bush,
Président des Etats-Unis d'Amérique,
La Maison Blanche,
Washington, District de Columbia,
USA.

" Cher Monsieur le président (Dear Mr President),

" Avant toute chose, nous tenons à rappeler un principe fondamental : il n'y a pas, face au terrorisme ou à toute forme de conflit impliquant un pays de la région arabo-islamique, de solution militaire. Il n'y a que des solutions politiques. Et la solution politique par excellence, comme votre Département d'Etat et les ministères des Affaires étrangères de beaucoup d'autres pays, notamment européens, n'ont cessé de le rappeler à propos du conflit israélo-arabe ou israélo-palestinien, consiste à négocier avec l'adversaire alors même qu'il poursuit les opérations armées, et quelle que soit l'intensité de ces opérations. Nous vous recommandons donc, cher Monsieur le président (Dear Mr President), d'engager immédiatement des négociations avec Oussama Ben Laden et avec toutes les autres organisations terroristes islamiques, sans préalable d'aucune sorte et surtout sans formuler une demande aussi irréaliste qu'un arrêt momentané des actions hostiles contre les Etats-Unis d'Amérique, leurs citoyens ou leurs intérêts économiques.

" Certains de vos conseillers pourront objecter qu'Oussama Ben Laden et les autres terroristes se réclamant d'un islam extrémiste ne sont pas des interlocuteurs légitimes. Ce n'est là qu'un sophisme, comme vous nous l'avez souvent expliqué à propos de l'OLP de Yasser Arafat, du Hamas, du Dijihad islamique ou du Hezbollah. La légitimité des terroristes découle du fait même qu'ils recourent à la terreur, point à la ligne. Et ce sont au contraire les Etats ou organisations arabes ou musulmanes se refusant de recourir à la terreur ou se déclarant pour la paix et la coopération avec les Etats-Unis qui doivent être tenues pour illégitimes. Nous ne saurions trop vous presser, cher Monsieur le président (Dear Mr President) d'accorder à Oussama Ben Laden tous les signes tangibles d'une reconnaissance en droit international et de lui transférer les prérogatives que vous accordiez jusqu'ici à vos soi-disant alliés et amis de la région. Instruits par notre propre expérience, nous vous suggérons d'organiser dès maintenant des pourparlers préliminaires avec Ben-Laden en terrain neutre, peut-être dans une capitale scandinave comme Oslo, de signer avec lui une déclaration de principes, peut-être sur le perron de la résidence présidentielle d'un pays tiers, et enfin de le recevoir à la Maison Blanche en visite d'Etat. Nous sommes sûrs que l'opinion américaine, profondément éprise de paix, vous soutiendra unanimement quand vous serrerez la main de l'inspirateur des vols suicides contre le World Trade Centre et le Pentagone. Si par hasard l'opinion américaine ne vous soutenait pas, persévérez pourtant dans le processus de paix. Nous avons eu nous-même du mal à le comprendre, mais nous savons désormais, notamment grâce aux conseils amicaux de votre prédécesseur Bill Clinton, que les négociations avec les organisations totalitaires doivent primer sur tout autre considération, y compris les protestations démocratiquement exprimées d'un peuple libre.

" Notre troisième recommandation, cher Monsieur le Président (Dear Mr President) est de vous montrer honnête dans vos négociations avec Oussama Ben Laden. Votre Département d'Etat et beaucoup d'autres ministères des Affaires étrangères en Europe et dans le reste du monde nous ont souvent expliqué qu'il était vain d'engager un processus de paix avec Yasser Arafat si nous n'avions pas l'intention d'accorder à ce dernier tout ce qu'il demandait, et peut-être même plus encore : la Cisjordanie, Gaza, la moitié ou les trois quarts de Jérusalem, l'entrée en Israël de trois quatre millions de prétendus réfugiés ou descendants de réfugiés. Vous devez appliquer ce raisonnement à Ben Laden et à ses comparses. Vous savez très bien que leur but n'est pas d'arrêter les hostilités, ni d'organiser une coexistence entre le monde libre et l'islam intégriste, mais de renverser tous les régimes arabes et musulmans existants, y compris l'Arabie saoudite, d'anéantir toutes les aspirations à la paix, à la démocratie et à la liberté dans le monde arabe et musulman, de s'emparer du pétrole du golfe Persique et de créer un nouveau califat capable de lancer un djihad planétaire contre les chrétiens, les juifs, les hindous, les sikhs et les bouddhistes. Ne trichez pas. Donnez-leur tout. Accordez-leur quelques satisfactions symboliques de plus, par exemple en leur cédant l'île de Manhattan.

" Enfin, cher Monsieur le président (Dear Mr President), nous vous recommandons instamment, dans l'hypothèse infiniment regrettable où vous devriez quand même procéder à des ripostes militaires, de faire preuve de retenue et de proportionnalité. N'engagez pas des opérations prolongées en territoire ennemi. Ne procédez pas à des bombardements massifs et aveugles. Ne détruisez pas l'infrastructure des territoires que vous attaquez. N'engagez aucune opération qui pourrait se traduire par la fuite de populations civiles. N'attaquez jamais l'adversaire s'il se dissimule derrière des populations civiles prises en otages, même si vous disposez d'armes intelligentes et ultra-précises.

" Nous sommes sûrs, cher Monsieur le président (Dear Mr President) que vous tiendrez compte de nos conseils désintéressés et vous souhaitons bon courage et bonne chance. "

Fin de citation. Ici s'arrête le mémorandum secret des experts israéliens à George W. Bush. Comme vous pouvez le constater en regardant votre télévision, l'administration américaine semble avoir du mal à mettre ce texte judicieux en application. Je vous avoue que cela ne me gêne pas trop. Mais ce qui me gênerait beaucoup, et gênerait pas mal d'hommes libres à travers le monde, ce serait qu'elle persiste à exiger d'Israël, sous l'influence du secrétaire d'Etat Colin Powell, ce dont elle se dispense elle-même.

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Diffusé sur RCJ le 21 octobre 2001. © Michel Gurfinkiel, 2001.