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MARCHE DE DUPES

Par Sophie Kulbach

 

Ces derniers jours, la cessation de l'implantation juive en Judée Samarie et à Gaza est souvent présentée comme la condition de l'arrêt des violences palestiniennes. Ainsi, Leila Chahid, sur l'antenne de LCI, justifiait très récemment l'Intifada par le refus d'Israël de geler le processus d'implantation (appelé en langage politiquement correct colonisation). De la même manière, le rapport Mitchell, s'il élude très habilement la question de la responsabilité dans les violences actuelles, fait de l'implantation une des causes du soulèvement palestinien. Un tel aveuglement laisse pour le moins perplexe, pour deux raisons.

En premier lieu, l'évacuation des implantations juives en Judée Samarie n'est pas sans rappeler le concept nazi de Judenfrei (territoire libéré de ses Juifs), au nom duquel la Solution finale a été perpétrée. Certes, il peut être contre-productif d'avancer perpétuellement la Shoah comme argument. Cependant, le génocide juif est pour le moins banalisé ces dernières années et même avancé pour justifier l'Intifada, ses victimes et leurs descendants étant par une étrange ruse de l'histoire honteusement assimilés à des nazis. C'est ce qu'a fort justement souligné Alexandre Del Valle, dans un article publié dans la rubrique "Débats et Opinions" du Figaro. Il semble par conséquent que les Israéliens aient le droit moral d'avancer l'argument tiré de la notion nazie de Judenfrei, les revendications palestiniennes y ressemblant incontestablement. Néanmoins; les Occidentaux restent muets et légitiment cette prétention arabe. Ils ont pourtant récemment anéanti la Serbie au nom de la lutte contre toute réminiscence du Judenfrei. Dès lors, il semble que l'indignation de la "communauté internationale" soit à géométrie variable. Les revendications palestiniennes sont approuvées sans réserves, la purification ethnique perpétrée contre les Serbes, les Tsiganes et les Juifs par les islamo-mafieux de l'UCK a été honteusement tue. Si Israël envisageait de purger sa société de ses éléments arabes, les bonnes consciences occidentales le voueraient aux gémonies, exigeant la comparution immédiate d'Ariel Sharon devant un tribunal pénal international.

En second lieu, ce n'est pas la poursuite des implantations juives en Judée Samarie et à Gaza qui est à l'origine des violences. Ehoud Barak avait accepté le principe de l'évacuation de la plupart des localités juives de Judée-Samarie et autour du couloir à créer la reliant à la Bande de Gaza. Certes, il est urgent qu'Israël cesse la politique d'expansion de ces implantations. Mais, il doit laisser se poursuivre l'expansion démographique de ces dernières - au demeurant faible - sous peine de se faire complice, par un sombre caprice du destin, d'une résurgence de la notion de Judenfrei. Quoiqu'il en soit, la concession faite par l'ancien Premier Ministre à cette revendication arabe n'a pas calmé la fureur et la haine des terroristes. Yasser Arafat avait d'ailleurs refusé cette proposition.

Les violences actuelles ont été causées par le refus israélien de céder sur le problème du retour des réfugiés arabes et de leurs descendants sur la Terre sainte. Israël, sauf à renoncer à son existence et à son identité, ne peut valablement accéder à cette demande. En effet, l'afflux de trois millions d'arabes provoquerait inéluctablement la création d'un Etat binational et à court terme, compte tenu de la démographie respective des juifs et des arabes, la destruction d'Israël. En d'autres termes, la seule paix désirée par l'autorité palestinienne semble être celle qui conduirait Israël au suicide. Ils ne sont animés que par le désir d'anéantir l'Etat hébreu et non par celui de cohabiter pacifiquement avec lui.

Cette volonté d'anéantissement a des racines religieuses profondes puisque le Coran fait obligation à tout musulman de désobéir à un pouvoir infidèle, juif ou chrétien, en terre d'Islam. Or, Yasser Arafat, formé au demeurant chez les Frères musulmans, s'il veut asseoir son pouvoir sur ses administrés, doit tenir compte de cette dimension civilisationnelle que présente désormais le conflit israélo-arabe.