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La manfestation vue par la presse israélienne

- traduit par le service de presse de l'Ambassade de France en Israël.

Les Juifs de France ont pris la Bastille / Séfi Hendler, Paris (Maariv).

Entre 50.000 et 200.000 Juifs (tout dépend qui fait les estimations) ont défilé hier dans les rues de Paris, pour dire leur soutien à Israël et protester contre les phénomènes d’antisémitisme dans leur pays.
Mais ils étaient presque seuls, un très petit nombre de non-juifs étant venus apporter leur soutien.
« Nous n’avons jamais été aussi isolés », a dit l’un des participants.

° Les manifestations des Juifs de France, hier dimanche, ont été un grand succès et un grand échec. La foule qui est descendue hier dans les rues de Paris – 50.000 personnes selon la police, 200.000 selon les organisateurs (de toute façon, davantage que le nombre des manifestants pro-palestiniens de la veille) – représentait une démonstration de force impressionnante de la communauté juive. On voyait des activistes de Loubavitch à côté de jeunes filles avec des sacs Louis Vuitton, des Juifs communistes et des gens du « Beitar ». Presque sans exception, les Juifs de France ont demandé à s’exprimer dans les termes mêmes du Président Bush : « Enough is enough ». Ils en ont assez de voir leurs synagogues incendiées. Ils en ont assez de voir la haine anti-israélienne s’insinuer partout en France.
L’échec réside dans le fait que les Juifs ont manifesté dans un splendide isolement. Les Français non-juifs sont restés chez eux, ce qui constitue un point noir pour la France et un avertissement à la communauté juive, plongée dans l’isolement à cause de son soutien à Israël.
Les Juifs ont défilé jusqu’à la Place de la Bastille, avec pour slogan « Non à l’antisémitisme et non au terrorisme ». Une minorité de partisans de « La Paix maintenant » a choisi de défiler parallèlement au courant central des manifestants, pour ne pas s’associer expressément au soutien à Ariel Sharon. Les médias français ont tout de suite mis la chose en exergue : les divergences de vues entre les Juifs ont fait la Une du journal « Le Monde ». Sur le terrain, la réalité était tout autre que dans les comptes rendus des journalistes. Les Juifs de France ont montré qu’ils forment une communauté bariolée et démocratique, où tous élèvent la voix contre l’antisémitisme, une minorité prend ses distances vis-à-vis de Sharon, et la grande majorité soutient Israël. Par malchance, des extrémistes juifs ont pris à partie le défilé de « La Paix maintenant » et frappé d’un coup de couteau un officier de police qui tentait de s’interposer. Un incident embarrassant et laid qui a jeté une ombre sur une manifestation en majeure partie ordonnée et calme.
Les Juifs qui ont manifesté à Paris – comme à Marseille, Lyon, Nice, Toulouse et Strasbourg – l’ont fait avec 2 drapeaux. Les drapeaux tricolores n’étaient pas moins nombreux que ceux d’Israël. Le public a chanté la Marseillaise avec autant de ferveur que l’hymne israélien Hatikva. Il y avait là un cri des Juifs de France, adressé aux autres citoyens de la République : « Nous voulons être des Français partisans d’Israël, sans être punis pour cela par l’incendie de nos synagogues. C’est notre droit ! », m’a dit l’un des jeunes manifestants.
Mais la France non-juive a choisi de garder ses distances avec ses citoyens juifs partisans d’Israël. A l’exception de 2 candidats à la Présidence, Alain Madelin et François Bayrou (centre-droit), il ne s’est trouvé à peu près personne en vue pour défiler aux côtés des Juifs. Les absences les plus remarquées étaient celles des dirigeants de gauche socialistes et du Premier ministre-candidat Lionel Jospin. La manifestation a convergé Place de la Bastille, la place mythologique de la Gauche française, mais la gauche en était absente. « Ils n’ont pas hésité à défiler avant-hier avec les Palestiniens, avec les drapeaux du Hezbollah et du Hamas, mais ils n’osent pas venir à une manifestation contre le terrorisme palestinien », a dit le journaliste juif Clément Weill-Reynal. Selon lui, « les Juifs de France n’ont jamais été si seuls ».

Près de 200.000 Juifs en France ont participé à des manifestations de soutien à Israël
Yaïr Ettinger, envoyé spécial du journal à Paris (Haaretz)

(…) Près de 200.000 personnes ont participé hier à des manifestations de masse dans les villes de France, pour témoigner de leur soutien à Israël et à son gouvernement. Les manifestants ont appelé à mettre fin au terrorisme, aux attaques anti-juives en France, et ont protesté contre la presse française. (…)
La manifestation à Paris était la plus grande de l’histoire des organisations juives de France. Suite à une série d’attaques contre des institutions juives, qui se sont poursuivies hier, (…) près de 1500 policiers étaient chargés de la protection des manifestants, ainsi que plus de 1000 agents de sécurité des organisations juives. (…)
En raison des désaccords concernant le message principal de la manifestation à Paris, il n’y a pas eu de discours. Malgré le double message arrêté à l’avance : solidarité avec le peuple d’Israël et parallèlement, protestations contre les actes antisémites en France , il ne faisait aucun doute lequel des deux messages avait poussé des milliers de personnes à manifester dans les rues. “ Sharon, on t’aime ”, “ Arafat terroriste ”, “ Arafat, tu massacres deux peuples ”, “ France : ton silence est une collaboration ” . Tout cela n’était qu’une partie des banderoles brandies sur la place de la République. Sur des dizaines d’autres, on pouvait lire : “ Aujourd’hui les Juifs, demain les autres ” , ou “ Non au racisme en France ”. Entre deux appels de soutien à Israël, les manifestants ont scandé : “ Synagogue brûlée, République en danger ”.
Sur les panneaux, on pouvait également voir des signes de protestation contre la couverture du conflit israélo-palestinien par les médias français. (…)
Malgré la lourde protection policière, quelques bagarres ont éclaté tout au long du défilé, et un policier a été légèrement blessé d’un coup de couteau par un inconnu qui s’est enfui.(…)
Suite à la décision de maintenir le message de solidarité à Israël, de nombreux participants non-juifs ont annulé leur participation aux manifestations. Cependant, à la veille des élections présidentielles, plusieurs politiciens ont participé aux manifestations à Paris et Marseille. Parmi les manifestants, on pouvait voir aussi des personnalités juives connues, comme le comique Michel Boujenah ou le chanteur Patrick Bruel.
Certains courants au sein de la communauté juive, qui refusent de soutenir Israël, ont manifesté dans des rues adjacentes contre l’antisémitisme et contre la politique israélienne. Les participants de ces manifestations ont rejoint plus tard les grands rassemblements.
Parallèlement, la vague d’attaques contre des institutions juives se poursuit. Avant-hier soir à Marseille, des cocktails Molotov ont été jetés sur des policiers chargés d’assurer la protection des synagogues au sud de la ville.

? Les Juifs ont pris la Bastille
Boaz Bismut (Yediot Aharonot)

Hier, à Paris, 50.000 Juifs ont exprimé leur solidarité avec d’Israël, et ont protesté contre l’antisémitisme.
Alors que de nombreuses manifestations anti-israéliennes avaient été organisées ces derniers jours à Paris, la capitale française revêtait hier les couleurs du drapeau israélien, en bleu et en blanc. “ La révolution juive a commencé ”, scandait la foule en accrochant le drapeau israélien sur le monument de la Bastille. Au terme de la manifestation, plusieurs dizaines de Juifs de droite ont dû être dispersés par gaz lacrymogène.


? Les dirigeants de la communauté juive sont divisés dans leur soutien au gouvernement israélien / Yaïr Ettinger , envoyé spécial du journal à Paris ( Haaretz)

…) Les organisations juives de France, regroupées sous l’égide du CRIF ( Conseil représentatif des organisations juives de France) avaient prévu de grandes manifestations de soutien à Israël depuis début décembre, suite à l’attentat-suicide contre l’autobus de Haïfa. Ces manifestations avaient été gelées, puis relancées suite aux développements dans le conflit au Proche-Orient. Mais au cours des deux dernières semaines, un nouveau problème est apparu : la vague de violences contre des cibles juives. Comme partout en France, personne au sein de la communauté juive ne remet en question le fait que l’explosion de violence anti-juive actuelle soit liée au conflit israélo-palestinien.
A la direction du CRIF, on parlait la semaine dernière de manifestations dans toutes les grandes villes pour protester contre l’antisémitisme et contre le terrorisme. Des politiciens de haut rang, des représentants des Eglises catholique et protestante, ainsi que des dirigeants de la communauté musulmane, avaient annoncé leur participation. Mais parallèlement, la direction du CRIF a décidé de manifester avec un double message : l’un contre l’antisémitisme et l’autre , en faveur d’Israël. Quasiment tous les représentants non-juifs ont annulé leur participation.
Lors d’une réunion à la direction des institutions juives mardi, le président du CRIF, Roger Cukierman, a menacé de démissionner au cours d’un débat houleux. Il avait été pris à partie par les dirigeants de la communauté, dont les anciens présidents du CRIF Théo Klein et Henri Hajdenberg, qui lui reprochaient de ne pas les avoir fait participer à la décision concernant le caractère de la manifestation.
Finalement, un compromis a été adopté, mettant d’accord la plupart des participants : aux côtés des condamnations de l’antisémitisme, les Juifs soutiendront le peuple d’Israël et non le gouvernement israélien.(…)