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Proche-Orient Lettre ouverte à MM. Chirac, Jospin et Védrine

Notre consulat à Jérusalem est partial !

Monsieur le Président de la République, monsieur le Premier ministre, monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance les réactions de l'Association France-Israël à la lecture du supplément culturel Ici & là au journal arabe AI-Quds, supplément bilingue franco-arabe édité par le consulat général de France à Jérusalem (n° 4, décembre 2000).

Sur un plan général, l'association constate que plusieurs articles de nature politique dépassent le cadre d'un supplément culturel et surtout que leur langage est souvent calqué sur celui des Palestiniens, aussi faux soit-il au niveau des réalités du Proche-Orient.

En voici trois exemples :

1°) L'article en page 11, " Les enfants dont on ne parle pas ", invite à compatir au sort des enfants palestiniens.

Ces enfants sont effectivement à plaindre, mais il ne paraît pas possible que les services du consulat ignorent l'instrumentalisation dont ils sont victimes de la part de l'Autorité palestinienne, ceux qui lancent des pierres et les autres, tous instruits dans leurs écoles dans la haine des juifs et d'Israël. Cette instrumentalisation révoltante devrait appeler avec au moins autant d'insistance - la compassion pour les enfants palestiniens, violés dans leur âme au point d'être condamnés à devenir des adolescents barbares.

Au chapitre des enfants dont on ne parle pas, l'organe du consulat pourrait aussi valablement traiter des enfants israéliens qui sont pris pour cibles par les Palestiniens dans leur car scolaire et dont les maîtres sont tués sous leurs yeux. Il y a aussi les enfants des écoles de Guilo (quartier de Jérusalem), qui ne peuvent voir sans angoisse les adultes obligés de les protéger par des murs.

France-Israël redoute par conséquent que, derrière un discours humaniste, s'exprime en réalité une politique de complaisance à tout prix à l'égard des Palestiniens.

2°) En page 16, il est question du " grand leader nationaliste Hajj Amil al-Husseini, mufti de Jérusalem ". Qu'un organe de presse sous cachet officiel français puisse valoriser ainsi, au motif qu'il est arabe, un homme qui fut un des plus fervents alliés de Hitler, voilà qui place la France à un haut niveau d'indignité.

Il est intolérable de voir resurgir les complicités suspectes ont eues les services français après 1945 avec ce personnage qui a insisté auprès des chefs nazis pour que les juifs soient exterminés jusqu'au dernier. Des photographies d'archives sont parfaitement expressives à cet égard.

3°) L'adresse indiquée en page 14 pour le consulat général de France se termine ainsi : Jérusalem, via Israël. Cet écart aux usages de l'Union postale internationale et aux pratiques du consulat lui-même délocalise Jérusalem hors de l'État d'Israël. Il n'a pas d'autre but que d'exprimer au public arabe que la France s'aligne sur les prétentions palestiniennes sur Jérusalem, ville qui n'a jamais été au long des siècles la capitale d'un pays arabe.

France-Israël constate que le consulat de France à Jérusalem anticipe ainsi sur l'issue des négociations en cours et s'écarte de la ligne d'impartialité que la diplomatie française prétend suivre en la matière, laissant aux parties le soin d'en décider.

Ce sont là des faits convergents qui révèlent une orientation politique dépassant certainement les fonctions administratives d'un consulat et émanant difficilement, semble-t-il, du seul ministère des Affaires étrangères. Il s'agit en outre de dérives qui portent atteinte à la dignité de la France et que les Français, tôt ou tard, ne pourront que condamner.

Il semble nécessaire que vous fassiez connaître aux Français les mesures que vous comptez prendre ou faire prendre à l'égard du consulat de France à Jérusalem.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, monsieur le Premier ministre, monsieur le Ministre, l'assurance de notre très haute considération.

Michel DARMON, ingénieur général du génie maritime (cr) ; Gilbert GANTIER. député de Paris ; William GOLDNADEL avocat à la cour; André ROSSINOT, ancien ministre, maire de Nancy; Paul SCHAFFER, industriel; président et vice-présidents de l'Association France-Israël; Alliance Général Kœnig.