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Les aventures d'Arafat

Odded Granot (MAARIV) - 26 Octobre 2001

Aux Américains, Arafat a tenté de dire qu'Israël avait déjà mis la main sur les assassins de Rehavam Zeevi; aux Européens, il a raconté qu'il s'agissait en fait d'un "complot israélien", visant à fournir un prétexte pour envahir les territoires de l'Autonomie.

° Cette semaine, alors que Tsahal entrait à Beit Rima et que les Américains exigeaient brutalement d'Israël qu'il quitte immédiatement les territoires de l'Autorité palestinienne, le Consul général des Etats-Unis à Jérusalem est allé voir Yasser Arafat pour lui dire, sur un ton non moins péremptoire que celui du Président Bush : "Allez-y, commencez vous aussi à agir, et immédiatement !"

Ce message américain impliquait entre autre l'exigence qu'Arafat fasse arrêter les assassins de Rehavam Zeevi, qui se cachent toujours sur le territoire de l'Autonomie. Les Américains se sont entêtés à réclamer non seulement leur arrestation, mais également leur extradition vers Israël - tout en sachant qu'Arafat ne les extradera pas.

Arafat a fait semblant de ne pas comprendre. Pourquoi se fatiguer, a-t-il dit aux Américains, "de toute façon les Israéliens les ont déjà arrêtés", brodant ensuite tout un récit imaginaire... Les Américains, qui connaissent très bien les faits, ne s'en sont pas laissé compter...

(...) Quand les Européens sont arrivés à leur tour à Gaza, pour exiger d'Arafat qu'il fasse arrêter les meurtriers et procède à des arrestations dans les rangs du Hamas et du Djihad islamique, il avait déjà une autre histoire à leur raconter. Avec les Européens, Arafat est allé très loin, en leur disant : "Ce sont les Israéliens qui ont assassiné le ministre Zeevi, pour avoir un prétexte et nous envahir... C'est absolument évident. Cet hôtel (Hyatt) est le plus hautement protégé (…) à Jérusalem, et toutes les conversations sécuritaires y ont eu lieu [totalement faux / O. Granot]. On ne peut d'ailleurs pas y entrer sans subir des fouilles systématiques"...

° Pas besoin d'un gros effort pour comprendre pourquoi Arafat se raccroche désespérément à des fables de cette sorte. Les raisons : il ne veut pas, ou peut-être ne peut-il pas agir contre l'opposition palestinienne. Il espérait qu'il suffirait d'un communiqué assez vague, annonçant que toutes les milices et organisations non-politiques (c'est-à-dire militaires) qui agissent dans les territoires sont hors la loi... Mais que vaut un communiqué qui n'a aucune suite concrète ?

(...) Ceux qui ressortent du bureau d'Arafat ces jours-ci racontent qu'il affiche des traits abattus et un moral bas, en dépit de ce qui apparaissait comme une fissure dans les rapports israélo-américains. Le monde arabe ne se presse pas de lui venir en aide, et Moubarak a déclaré ces jours-ci qu'il ne se soucie pas d'Arafat... Les applaudissements qu'il a reçus de George Bush, sur sa soi-disant contribution à la lutte contre le terrorisme, sont retombés depuis. Et les Européens sont en colère parce qu'il les a trompés 2 fois : la première fois, quand il leur a dit qu'Aatef Abayat était emprisonné - jusqu'au moment où ils découvrirent qu'Abayat était libre, jusqu'à ce qu'il explose avec sa jeep ; la deuxième fois, quand il les a assurés qu'il avait fait arrêter Eiman Halawa, un des chefs d'Azzedine el-Kassam en Samarie - mais plus tard, il s'avéra qu'il déambulait librement au dehors, jusqu'à ce qu'il saute avec sa voiture près de l'Université A-Nadjakh.

Arafat sait aussi que dans son entourage immédiat il y a des dirigeants qui pensent - et vont jusqu'à le dire à des interlocuteurs étrangers - que par son refus d'agir contre les éléments extrémistes et quand il s'entête à poursuivre l'Intifada, il mène son peuple à la catastrophe. Il le sait, bien que personne d'entre eux n'ait le courage d'entrer dans son bureau pour le lui dire.

Il sait même qu'une partie des chefs de ses services de sécurité est persuadée que s'il leur donne l'ordre de lancer des arrestations et de rétablir le calme sur le terrain - ils sont capables de le faire et de reprendre la situation en main. Mais l'ordre venu du bureau du Raïs se fait toujours attendre...

(...)