Le courrier des lecteurs du Monde, censuré !

Monsieur,
j'ai adressé dernièrement un courrier au Monde,dont vous trouverez copie dans le document joint.Le Monde m'a fait l'honneur (?) de publier mes réflexions dans le "Courrier des Lecteurs" de ce jour,7 octobre, mais en le tronquant de manière à en transformer l'esprit, en le dénaturant.Vous constaterez par vous même en comparant les textes.Cela fait partie aussi de la désinformation,même si ma contribution à la défense d'Israël ne représente pas grand'chose.Merci en tout cas de votre site,très intéressant.Amicalement
Jean-Louis BRANCHEREAU
Texte original envoyé à "Le Monde" (en rouge la censure)
Le titre est complétement détourné et récupéré
Texte pubilé par "Le Monde"
(édition Dimanche 7 - Lundi 8 octobre 2001)
D’ une pierre…deux coups, ou de l’anti-américanisme à l’anti-sionisme.

En publiant son supplément de 10 pages consacré spécialement aux réactions suscitées , chez ses lecteurs et chez des intellectuels renommés, par les attentats du 11 septembre à New York, "Le Monde "(27/09) manifeste incontestablement son esprit d’ouverture. Mais quand on lit attentivement tous ces textes, on se rend compte que la très grande majorité de ces articles ajoute à la condamnation du "terrorisme islamique fanatique impardonnable" un flot de critiques acerbes contre les Etats-Unis et le fleuron de civilisation occidentale qu’ils représentent. De telles critiques nuancent fortement cette condamnation du terrorisme affiché d'emblée, et peuvent apparaître comme autant de circonstances atténuantes, voire d’excuses, à ces actes terroristes "inqualifiables".

D’où l’impression d’ambiguïté troublante qui ressort de cette lecture.Certes chacun a exprimé librement son opinion, mais c’est quand même la Rédaction du Journal "Le Monde" qui a de la même façon, librement, sélectionné les articles qui lui paraissaient, sinon les plus intéressants, du moins les plus conformes à sa ligne rédactionnelle. D’où le malaise que je ressens en tant que fidèle lecteur, depuis tant d’années, de ce "Quotidien français de référence".

Sous la plume de vos chroniqueurs d’un jour, reviennent constamment les termes "d’arrogance", "d’insolence",  "d’impérialisme" pour qualifier et stigmatiser la politique américaine, de "misère", "d‘humiliation", "d’injustice" pour évoquer certains pays musulmans "tenus sous le joug" et par conséquent voués à "la haine des oppresseurs".Parce que le "melting pot" américain permet l’épanouissement de l’individu et l’enrichissement matériel, voilà l’Amérique coupable, aux yeux de ses détracteurs, de tous les crimes et de tous les vices qui offensent l’humanité aujourd’hui.

Mais à ces critiques ouvertes à l’Oncle Sam devenu " Le Grand Satan " se superpose sournoisement, presque symétriquement, la condamnation sans appel d’Israël :les attentats du 11 septembre trouvent de toute évidence, chez ces détracteurs des Etats-Unis, leur source et leur explication dans le conflit au Proche-Orient: les Palestiniens opprimés ,chassés de leur terre par les Israéliens en 1948,et plus récemment par les "colons",sont victimes des Juifs devenus "bourreaux" qui les tiennent sous leur joug.

Israël est un état terroriste qui élimine des innocents. Les Israéliens se comportent avec arrogance, insolence, mépris. Autant de termes qui rappellent le jugement lapidaire exprimé par le Général De Gaulle en son temps: "Peuple fier, sûr de lui, et dominateur".

En d’autres termes, et en résumé, les Américains ont été la cible des terroristes islamistes car ils se comportent envers les pays du monde comme les Israéliens envers les Palestiniens. Ils ont donc droit à la même réprobation, à la même vindicte. antiaméricanisme, antisionisme, même combat. Les Américains sont les Juifs de l’Occident, ils ne valent guère mieux.

"Le Monde" semble se faire complice de cette double ignominie. Et c’est inadmissible.

Jean-Louis BRANCHEREAU

06700 St Laurent-du-Var