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LE MONDE / MERCREDI 14 NOVEMBRE 2001

 LA STAMPA

 

Paidoyer pour la repentance juive

 

Dans le quotidien italien " La Stampa ", Barbara Spinelli affirme que les Israéliens ne pourront continuer à vivre dans leur Etat que s'ils reconnaissent leurs torts envers les Palestiniens

UNE GRANDE DAME du journalisme italien, Barbara Spinelli, vient de déclencher une polémique en écrivant dans La Stampa Lin article intitulé " Le judaïsme sans "mea culpa" ". Elle y explique que, contrairement à lEglise catholique " qui a demandé pardon pour ses péchés par omission, indifférence ou violence ""   , les juifs ne sont pas prêts à reconnaître leur responsabilité dans l'exode des Palestiniens après 1948. Sans cette repentance, que l'on exige aujourd'hui de tous les autres peuples, la paix au Proche-Orient n'est pas possible, ajoute-t-elle. Dans un deuxième article, publié dans le même journal en réponse à un autre éditorialiste, Mario Pirani de La Repubblica, Barbara Spinelli explique qu'elle ne méconnaît pas le travail d'historiens israéliens, " hétérodoxes et d'ailleurs mal vus par l'establishment académique ", mais " ce sont les classes dirigeantes (hommes politiques, rabbins) qui, me semble-t-il, pourraient utilement aider Israël à sortir de l'âge des mythes et à entrer dans l'histoire nue des faits ".

Le temps presse d'autant plus, ajoute-t-elle, que, depuis les attentats du 11 septembre, les EtatsUnis ont d'autres priorités que la défense d'Israël. " Le temps ne travaille pas pour la nation israélienne "" , écrît-elle, et c'est pourquoi une initiative forte " y compris " sur le plan symbolique " est indispensable. Bien sûr, admet-elle, le devoir d'introspection revient d'abord à l'islam, mais " s'il y a une chose dont on ressent l'absence, dans le judaïsme, c'est justement ceci : un "mea culpa" envers les populations et les individus qui ont dû payer le prix du sang ou de l'exil pour permettre à Israël d'exister ". Et si l'initiative ne vient pas de Jérusalem, " qu'au moins elle porte de la diaspora où tant de juifs vivent une loyauté double et contradictoire, envers Israël et envers l'Etat auquel ils appartientient et dans lequel ils votent ".

L'Amérique, poursuit Barbara Spinelli, a découvert le 11 septembre qu'elle était une civilisation mortelle - " Israël pas encore " - et, d'un seul coup, le sens de la toute-puissance arnéricaine a disparu. La nation israélienne et Ia diaspora n'ont pas traversé cette épreuve. " C'est comme s'il avait éte donné à un seul peuple, par la volonté divine, de vivre une condition de liberté absolue, pendant que le reste des mortels continueraient dans le dur règne de la nécessité"