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Les juifs français trouvent leur expression
Joshua Schuster ( Le 8 août) Jerusalem Post

En parlant de défense d'Israël, pour une fois la communauté Juive française prudente se forge une identité plus affirmée pour elle. Joshua Schuster l'annonce de Paris

Pour les Juifs français, les 10 mois passés de violence Israélo-palestinienne ont eu un effet secondaire positif : la communauté Juive française a trouvé son expression.

Le mois dernier, la communauté a rassemblé plus de 7.000 personnes pour protester contre la visite du Président syrien Bashar Assad à Paris et a tenu plus tard une série de réunions avec le Premier Ministre Ariel Sharon.

Finalement, les Juifs français ont lancé un assaut pro-Israël sur les médias français et ont publiquement protesté de l'impact souvent non équilibré de l'Europe - en faveur des Arabes - sur le processus de paix du Moyen-Orient.

Tant bien que Sharon a été enclin à décrire la communauté Juive de la France comme "la plus militante" en Europe.

En étant face au contraste dramatique de leur réputation de génération souvent fracturée et timide, le titre "de la plus militante" est pour les Juifs français une fierté de le revendiquer.

"Nous sommes maintenant les mieux organisés et la plus active" des communautés Juives en Europe, dit Jean Kahn, le président du Consistoire, l'association de tutelle des organisations Juives françaises religieuses. "Cela a donné une autre dimension à la communauté Juive française."

La réponse de la communauté française à la désinformation et aux menaces de boycottage en Europe depuis que la violence Israélo-palestinienne a commencé l'automne dernier, a marqué la fin de la timidité de la communauté - une réticence qui s'étendait depuis la Deuxième Guerre mondiale ou même plus tôt, quand les Juifs français n'ont pas osé se prononcer de crainte d'apparaître comme déloyaux au gouvernement.

La communauté Juive française a été organisée depuis des siècles, ayant établi le Consistoire pendant le régne de Napoléon. Mais cela maintenant commence seulement à montrer sa promesse.

"Nous sommes beaucoup mieux placés maintenant qu'il y a quelques décennies," dit Haim Musicant, le directeur de CRIF, l'association de tutelle des organisations Juives françaises laïques. Quoique le CRIF traite des questions politiques et le Consistoire traitant des questions religieuses, les deux groupes travaillent souvent en tandem.

Musicant rattache la modernisation de la communauté à la vague d'immigration Sepharade d'Afrique du Nord qui a commencé dans les années 1960, la majorité ont quitté leur pays en raison de l'animosité de l'anti-Israël. Avant cela, la communauté Juive française ne comptait que 300.000 personnes. Aujourd'hui elle en compte au moins 600.000, la plus grande communauté de Diaspora après celle des Etats-Unis et de l'ancienne Union soviétique.

Mais Musicant note que le changement démographique a eu besoin d'une génération pour être entièrement resenti. Les soucis initiaux les plus urgents des immigrants étaient économiques, ils sont arrivés en France après la perte de presque tous leurs biens - plus une charge obligatoire qu'ils ont dû payer pour "la permission" de quitter leur pays.

Cependant, après des générations comme citoyens de deuxième classe dans le monde Musulman, les communautés Sepharades qui sont arrivées en France désiraient vivre leur Judaïsme ouvertement. Ils en ont d'abord eu l'occasion en 1967, quand la Guerre de Six Jours a éclaté. Environ 100.000 Juifs se sont rassemblés pour appuyer Israël dans le coeur de Paris, tout de même dans la plus grande manifestation Juive jamais tenue en Europe.

C'est la première fois que la communauté Juive de la France a défié son gouvernement - quoique cela se soit avéré êtreun événement isolé. Le Président d'alors Charles de Gaulle avait déjà démontré l'appui français à la ligue arabe contre Israël, une politique que beaucoup de Juifs français pensentt avoir encore une lourde influence sur le gouvernement même aujourd'hui.

"C'était le commencement de notre développement politique conscient," dit Musicant. " nous étions alors capables d'affirmer" notre "attachement à Israël même si cela va contre la politique de la France."

Kahn ajoute que le gouvernement français a aussi eu quelque chose à voir dans le changement d'orientation et il se trouve maintenant qu'il fait appel au Président Jacques Chirac pour s'exprimer dans les forum où on diffame les Juifs.

Chirac a demandé à Kahn - de la part de la France, non pas juste au nom de la communauté Juive - de suivre la conférence de l'ONU sur le racisme en Afrique du Sud que l'on sait durement critiqué en Israël.

Musicant reconnaît aussi que la communauté Juive a finalement atteint un statut privilégié dans ses relations avec beaucoup de politiciens français. Il y a quelques décennies, la communauté était considérée avec un intérêt politique marginal par les leaders français. Mais "maintenant je peux appeler Chirac, fixer un rendez-vous et ce n'est pas un problème," dit Musicant.

Le changement le plus significatif du rapport de la communauté avec le gouvernement est venu quand Chirac est allé au devant de la communauté en 1995 pour reconnaître, pour la première fois, la culpabilité de la France dans la Shoah.

Comme l'identité politique Juive française se fortifie, l'infrastructure organisationnelle de la communauté vient sous la pression se perfectionner. Jusqu'ici il semble être soutenue, malgré le fait, que la participation financière de la communauté rencontre une pâle adhésion en comparaison de celle de la communauté Juive américaine .

Les communautés Juives de beaucoup de villes américaines de taille moyenne ont des budgets plus grands et plus de personnels que la communauté française entière.

"Quand nous comparons la puissance, l'adhésion et le budget de nos institutions avec nos homologues en Amérique, c'est fou," dit Musicant. "Nous ne sommes pas même près de subir la comparaison,"

LA communauté a vu une explosion de construction des institutions Juives - un musée Juif, un foyer municipal central et une fondation pour le Shoah ont été construits dans deux ans passés. Mais beaucoup estiment que les nouvelles opérations sont à court de personnel, avec des budgets maigres et les plus déhérités pour les départements de relations publiques.

En effet, la plupart des institutions Juives françaises apprennent juste à faire la cour les médias. Cependant, les efforts débutants en face des médias représentent un changement spectaculaire pour la communauté. Musicant note qu'aussi dans le début des années 1980, CRIF attendait trois jours pour dénoncer une attaque violente sur une synagogue Parisienne, craignant d'attirer l'attention de médias.

"Maintenant nous le dénoncerions dans deux minutes," a-t-il dit.

Chacun reconnaît que la communauté Juive a fait assez de progrès vers l'organisation d'elle-même.

"Il y a vingt ans, il y n'y avait plus de possibilité de nous exprimer," dit Serge Benattar, le rédacteur en chef du journal hebdomadaire Actualite Juive.

"Il est vrai que nous pouvons mobiliser beaucoup plus rapidement, mais nous ne mobilisons pas probablement comme nous devons. Chacun agit tout seul, mais nous n'avons pas de grande organisation. Il y a tant de petits événements que les gens deviennent fatigués. La communauté elle-même est en pièces."

Musicant reconnaît aussi que la communauté fait face à plusieurs défis s'il doit se développer avec un potentiel plus grand. Le plus important,c'est "le besoin de plus de leaders, plus de membres et plus d'argent." C'est un grand programme, mais pas impossible, si les leaders de communauté insistent. Tandis que quelques familles légendaires dominent dans la communauté comme le Rothschild, l'Appel Juif Uni en France a réussi il y a quelques années dans une campagne pour aider les pauvres familles Juives et les membres en chômage de la communauté. Cependant, Musicant admet que "la famille Juive moyenne donne peu à la communauté générale."

Parmi les premiers projets du CRIF c'est de patronner des voyages en Israël pour des journalistes non-juifs, pour aider avec bon espoir à diminuer ce que beaucoup voient comme le déplacementanti-Israël des médias français.

D'autres plans incluent une réunion principale avec des Juifs francophones en Belgique, que Musicant dit qu'il doivent se rencontrer une ou deux fois par an.

Finalement, il veut fonder des projets liant des communautés Juives en France et les Etats-Unis. Les touristes juifs à Paris visitent généralement seulement les quartiers historiques de la communauté, que des Juifs français eux-mêmes fréquentent à peine . La majorité de la vie de communauté et des travaux sont à l'extérieur de ces quartiers et Musicant veut que des touristes soient présents dans tout le monde Juif de Paris.

"La communauté est en expansion, mais en même temps elle doit réfléchir sur elle," dit Musicant. "elle a besoin une vision sur toutes ces choses - le CRIF, le Consistoire, les stations de radio, les musées, le foyer municipal, etc - doit le transmettre à nos enfants.

"Pour un temps, tout a tourné autour d'Israël. Les communautés doivent maintenant discuter entre elles pour découvrir où elles vont."