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A la 1ère chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris: L’association HEVEL contre le journal LIBERATION

Le 29 octobre 2001, 16h, à la 1ère Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, procès de HEVEL contre le journal LIBERATION.

Rappel des faits : le 30 septembre 2000, un an plus tôt, LIBE publie sur toute sa première page, une photo, celle d’un soldat israélien, matraque a la main, l’air menaçant et, a ses pieds, un jeune homme, la tête ensanglantée. Un titre et une légende éclairent le lecteur : " JERUSALEM, LA PROVOCATION ". " Vendredi sur l’Esplanade des Mosquées, un soldat israélien et un manifestant palestinien blessé ".

La réalité est bien différente. Pour la première fois depuis longtemps, LIBE vient de publier la photo d’une victime juive de l’intifada. Car le "manifestant palestinien " est en réalité un jeune juif américain, Tuvia GROSMANN, sorti de force d’une voiture et frappe à coups de pierre par des palestiniens " en colère ". Et le policier ne fait que lui porter secours. Maître A. M. de Beaurepaire, l’avocate de HEVEL, explique que la photo est un faux. Ce que le journal confirme par deux fois (éditions du 6 octobre, page 13 et du 7 octobre, page 8). Le recadrage, en masquant une station service, contribue a rendre crédible le fait que la photo aurait pu être prise sur l'Esplanade sainte.

HEVEL, association d’aide aux victimes de la violence, regroupant Noirs, Juifs, Arméniens a porté plainte. La photo est violente, elle contribue fortement à générer de la violence (des dizaines de synagogues et de Juifs attaqués en France dans les semaines qui suivent). Les adhérents de HEVEL ressentent cette violence : la violence de la photo, et la violence du mensonge. La violence est décuplée quand on se trompe de victime. Me A. M. de Beaurepaire centre sa plaidoirie sur cette violence, de nature volontaire.

L’avocate de LIBERATION objecte que HEVEL n’avait pas vraiment subi de préjudice, car il n’y a pas eu faute, tout juste une erreur. Que le même jour, il y a eu une autre violence : 7 Palestiniens tués, et que cela aussi aurait dû émouvoir les adhérents de HEVEL.

L’avocate de LIBERATION amalgame ainsi la violence de l’actualité, contre laquelle on ne peut malheureusement rien, et la violence du mensonge de la presse, contre laquelle il appartient aux citoyens de s’insurger, comme l’a fait HEVEL dans cette affaire.

Une phrase de Serge JULY, lue a la barre par Me A. M. de Beaurepaire, éclaire et justifie a posteriori la démarche de HEVEL, et montre bien , l’intentionnalité de LIBERATION : " En tout cas, les responsabilités d’Israël et sa qualité " d’agresseur " des palestiniens ne résultent pas d’un fait divers isolé, qui se serait révélé inexact (un palestinien blessé qui est en réalité un juif américain), mais d’un ensemble de causes et de faits bien plus complexes. "

En d’autres termes, la presse peut mentir, puisque même si ce qu’elle relate est faux, au fond, ce qu’elle dit est quand même vrai. Tout s’explique : quelle étrange vision du rôle de la presse. Le coupable n’est pas désigné par la réalité sur le terrain, mais par le choix idéologique du rédacteur en chef, qui décide souverainement quelle violence est légitime, et laquelle est inacceptable. Et si le mensonge en devenait tellement violent que la perception de la réalité etait complètement altérée ?

Jugement mis en délibèré au 3 décembre. hevel@wanadoo.fr

Voir le dossier et l'annonce du procès