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Israël en avant-poste

Par Alain Griotteray

Figaro Magazine de Samedi 3 mars 2000

Le triomphe de la droite israélienne marque la fin du temps des illusions. Au Proche-Orient le processus de paix engagé il y a huit ans à Oslo a échoué. Car il ne tenait pas compte des réalités. La réalité du " bon père de famille " palestinien, même pas islamiste, qui, à Tel-Aviv, jette son autobus sur de jeunes soldats israéliens. Par haine. La réalité, des milliers de musulmans, même pas palestiniens qui, après la visite d'Ariel Sharon au Mont du Temple, crient " mort aux juifs " à Lille, à Strasbourg ou à Paris. Les gauches, israélienne, américaine et européenne ont perdu : les frères ennemis ne se réconcilieront pas dans un commun essor économique.

Le fanatisme islamique anti-occidental est le péril majeur du XXIe siècle. Alexandre del Valle a raison de le souligner dans son livre, Guerres contre l'Europe : Bosnie, Kosovo, Tchétchénie (1). Contre les juifs ou contre les chrétiens orthodoxes, dans les banlieues françaises ou les faubourgs de New York partout les islamistes exploitent les faiblesses de l'Occident lis ne respectent que la force. Barak a signé son arrêt de mort politique en mai 2000 quand il a ordonné que Tsahal se retire sans conditions du Liban-Sud quelle occupait depuis 1978.Le hezbollah s'est aussitôt proclamé vainqueur de la guerre qu'il mène contre Israël depuis la révolution iranienne. Cette victoire du hezbollah, parfaitement imaginaire, a été ressentie comme réelle par le monde arabe. Les Palestiniens surtout y ont vu la démonstration de l'efficacité des armes. Cela a incité les radicaux à intensifier la lutte année.

Les nationalistes palestiniens " laïques " comme l'ex-communiste Marwan Barghuti, chef du Tanzim, ont rejoint la guérilla islamiste. Avec le concours du Hamas, responsable de la majeure partie des attentats anti-israéliens depuis 1997, l'autorité palestinienne et le Fatah ont sabordé les accords de paix et relancé l'intifada. Les islamistes prêchent la destruction d'Israël et fondent leur légitimité sur l'évolution du conflit israélo-palestinien vers un conflit judéo-islamique s'inscrivant dans le cadre du choc Occident / Islam. Le grand mufti de La Mecque, Ben Abdallah Khayat, appelle au jihad contre les sionistes, coupables de refuser leur condition de " dhimmis " (statut d'infériorité des non-musulmans en terre d'islam). " Le sacrifice de soi est le plus noble des sacrifices pour la défense de l'islam ", répètent les imams aux gamins fanatisés. On leur garantit l'accès au paradis. L'argent est fourni par les princes saoudiens fondamentalistes. Dans tout le monde musulman, de université égyptienne dAl-Azhar à l'Afghanistan des taliban, en passant par l'Irak de Saddam, on édicte des fatwas transformant les fedayin en " martyrs de l'islam " et on relaie les appels au jihad,

Il n'est que temps de comprendre qu'Israël est l'avant-poste des démocraties occidentales en Orient. Ariel Sharon n'est pas un " provocateur de droite " mais un homme réaliste et courageux confronté à la situation catastrophique que lui ont laissée les " utopistes de gauche ". Plutôt que de le brocarder, nous ferions mieux de l'aider.

(1)?2001, Ed. des Syrtes.