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Folie au Moyen-Orient
(Original à http://www.libertarian.to/news/index.html)

par Thomas Sowell (http://www.tsowell.com/)

Tout le monde semble réclamer que les Etats-Unis "fassent quelque chose" contre le carnage au Moyen-Orient. On entend résonner des appels à l'action aussi bien de la part des "pacifistes" de la gauche qu'à droite chez les partisans néo-conservateurs de la "grandeur nationale". Que ce soit en politique intérieure ou extérieures, peu de choses ont amené autant de désastres que l'idée suivant laquelle il nous faudrait "faire quelque chose". Aucun pays, aucun individu ne peut "faire" simplement quelque chose" Toute action que vous entreprenez doit être spécifique — et ce qui compte est précisément cela : ce que vous faites et quelles en sont les conséquences.

Le fait que l'intervention américaine a toujours plané à l'arrière-plan des relations entre Israël et les ennemis qui l'entourent, a en lui-même rendu l'agression contre Israël moins dangereuse qu'elle ne l'aurait autrement été. Sans l'éventualité d'une intervention extérieure, quiconque envisagerait une vague d'attentats-suicide contre des civils israéliens devrait à la furie déchaînée de l'armée d'Israël, que des pressions étrangères ne restreindraient ni dans sa durée ni dans son étendue.

Les mouvements pacifistes, l'"opinion mondiale" et la possibilité d'une intervention soit des Etats-Unis soit de l'ONU sont un atout maître pour un agresseur. La force nécessaire pour dissuader l'agression dépasse souvent ce que des esprits délicats peuvent supporter de regarder tous les jours sur leurs écrans de télévision. Lorsqu'ils envisagent des attaques terroristes, Arafat et les Palestiniens savent qu'il s'agit le plus souvent d'une situation où "pile je gagne, face l'opinion mondiale' vient à mon secours".

Que veut dire "gagner" dans ces conditions ? Cela veut dire obtenir concession après concession à coups d'attaques successives contre la population israélienne, sans jamais devoir livrer ni paix ni relations normales. Cela signifie détruire Israël à tempérament. Si tout ce que cela exige est de parler de paix en anglais et d'appeler à la guerre en arabe, pourquoi se priver ?

Pendant que nous menons, nous, une guerre totale au terrorisme, à la manière dont nous avons fait la Seconde guerre mondiale, on dirait que nous insistions pour qu'Israël mène sa guerre à lui contre le terrorisme à la manière dont nous l'avons faite au Viêt-nam — entravés par des considérations politiques et retenant nos coups pour complaire à ceux qui, au bord du terrain, se permettaient de donner des conseils qu'on ne leur avait pas demandés sur des questions de vie et de mort qu'ils n'avaient pas pris la peine d'étudier sérieusement.

Des personnages nichés bien à l'abri dans les cafés de Paris, ou de Beverley Hills, peuvent se donner d'élégantes poses morales sur les problèmes du Moyen Orient, sans avoir à se soucier des conséquences. Sur ces gens-là, des formules pieuses telles que le "processus de paix" ou "les territoires contre la paix" exercent une grande séduction. Trop souvent, on a mené des politiques étrangères pour répondre à ces slogans pour ignorants qui refusent de voir la brutalité de certains faits

Pire encore, la politique étrangère a trop souvent été dominée par le besoin de prendre des photos devant la Maison blanche pour exhiber des dirigeants israéliens et palestiniens se serrant la main face à un Président américain souriant. La dernière vague d'attentats-suicide contre des hommes, des femmes et des enfants en Israël est une séquelle tragique des illusions entourant ces séances de photos, et de la notion suivant laquelle Israël pourrait échanger "les territoires contre la paix".

Dans la pratique, "lest territoires contre la paix", cela veut dire "les territoires contre des promesses". A cette formule trompeuse, Israël aurait peut-être dû répondre en disant : "Vous voulez de la terre en échange de la paix ? D'accord ! Donnez-nous six mois de paix et nous vous donnerons tant d'hectares de terre.

Faites-en une année entière et nous livrerons tant de kilomètres carrés. et si vous vous conduisez comme des êtres humains normaux pendant cinq années de suite, nous vous en donnerons assez pour avoir votre propre pays.

"Mais si vous recommencez à foutre la merde après cela, on vous enverra l'armée et les chars, et on vous reprendra la terre que vous avez eue par fraude"

Au lieu de cela, c'est Israël qui a dû faire les premières concessions en abandonnant le terrain pour de bon en échange de promesses de paix. Toute espèce de proposition qui viendra des tentatives actuelles pour négocier un règlement au Moyen-Orient s'attendra certainement à ce qu'Israël commence par faire des concessions, dans l'espoir d'obtenir plus tard la paix et la sécurité qu'il recherche en vain depuis plus d'un demi-siècle.