Jeu 27 mars 2003 18:53

Communiqué de presse - Alliance Internationale pour la Justice condamne, à l’intérieur de l’Irak, les exactions des escadrons de la mort du régime de Saddam Hussein,  
Les informations parvenues de l’intérieur : exécutions, arrestations et bombardements de villages
 
De nombreux officiers de l’armée régulière irakienne, composée de 350 000 soldats, ont été éliminés. Ainsi, le corps de Salih Daoud Moutlak a été rendu à sa famille dans le quartier Al Thwara, secteur 46 à Bagdad. Il aurait été exécuté après avoir refusé d’obéir au régime.

Les miliciens irakiens ont droit de vie et de mort sur les populations : ce constat a été retrouvé à chaque enquête effectuée par Alliance Internationale pour la Justice. Ils sont disséminés dans la population et sèment la terreur. Leur implication dans les crimes du régime irakien les condamne à se battre. La population déjà tant martyrisée ne se soulèvera que lorsqu’elle sera certaine que les forces spéciales du régime seront proches de l’effondrement.

Elle ne peut actuellement que chercher à éviter les exactions et tenter de survivre. Plusieurs informations qui nous sont parvenues font état d’une manifestation à Karbala, le vendredi 14 mars, après une cérémonie religieuse aussitôt réprimée avec 300 personnes tuées.

Dans le sud de l’Irak, la répression et les forces sont dirigées par Ali Hassan Madjid, connu comme Ali le chimique. Responsable de l’utilisation des armes chimiques au Kurdistan irakien lors des opérations d’Anfal dans les années 80, Ali Hassan Madjid aurait personnellement exécuté le fils du chef de la tribu Al Bazoun située dans la sous préfecture de Al Meimouna (province de Missan). Aucune explication n’a été donnée à la famille concernant les raisons de ce meurtre. A Al Diwanyia (Al Qadisiyah), les miliciens ont exécuté le Cheikh Mouhammed Al Shami, accusé de diriger une organisation islamique opposée au régime et à Bassora, Ali le chimiste a donné l’ordre d’exécuter 7 membres du parti Baas en les accusant de ne pas obéir aux instructions.
 
Certaines sources rapportent les arrestations et exécutions à Bagdad d’officiers de l’armée régulière par des escadrons de la mort. Ainsi le major Fawaz Khalaf al Jarjari, le colonel Ismail Dara Abush, le major Jalal Aïd Knatab de l’unité 221 appartenant au secteur de Ninawa à Bagdad ont été arrêtés et transférés à Abu Greb sous prétexte de complicité avec l’ennemi. Ces arrestations constituent un avertissement afin de contrôler les forces chargées de la défense aérienne. Plusieurs vagues d’arrestations ont eu lieu dans les quartiers chiites de Al Schorta al Khamessa, Al’Amil ainsi qu’à Al Beya’ où 30 personnes ont été accusées d’avoir tenté d’organiser des opérations contre des bâtiments appartenant au pouvoir. Trois autres officiers de la base aérienne de la caserne de Al Rachid à Bagdad, qui refusaient de mener des opérations suicides au moment du déclenchement de la guerre (Hashim Abdulreza Abid, Zamil Zabun Al Daraji et le lieutenant Majid Ali Kamar Al Roubey’i), ont également été exécutés.
 
A Kirkuk durant la semaine du 17 mars, 16 Kurdes ont été exécutés et de nombreux Kurdes et Turkmènes arrêtés. L’interdiction faite aux médias d’entrer dans la ville et la propagande du régime empêchent toute couverture de ces évènements.

Les 21 et 24 mars, plusieurs villages de la région de Kirkuk à Shwan et Sheikhbizeni ainsi que les zones près des villages déjà détruits par l’armée comme Hadji Jerjis, Maroudja et Neybassara puis Duradj dans le district de Newdjul, Ban Asyaw et les alentours, Omar Mandan et Turkmanbakh de la plaine de Khalkhalan, Naw Shwan, la région de Shwan et Qara Hassan ont été pilonnées par les forces irakiennes.

Dans cette même région de Kirkuk, le régime irakien utilise les forces des Moudjahiddins du peuple (milices opposées au gouvernement de Téhéran), placées sur la route entre Qader Karem et Kirkuk. Connues pour de violentes exactions à l’égard de la population kurde en 1991, les Moudjahiddins restent une des forces dédiées au régime de Saddam Hussein.
 
D’autres informations rapportent, dans la ville de Souq Al Shuyukh située dans la province de Nassiyryah, les instructions données aux directions des miliciens baassistes pour obtenir des parents que certains de leurs enfants soient désignés pour des opérations suicidaires à l’encontre des forces armées étrangères. Ainsi, Abbas Hassan de la tribu de Al Jouebr a été appelé au siège des Feddayins de Saddam du district de Souq Al Shuyukh pour son quatrième et dernier fils appelé Mohammed. Ce citoyen, qui avait déjà perdu 3 de ces fils dans les deux premières guerres du Golfe, a protesté auprès des responsables locaux des Feddayins en soulignant que les fils des responsables ne participaient pas aux combats depuis 1980. Il a été immédiatement, ainsi que son fils, exécuté par des miliciens devant la mairie de la ville.

Les escadrons de la mort sont dispersés dans chaque province et à l’intérieur des centres villes et dans les villages. A l’arrière des unités régulières, les milices appartenant au pouvoir en terrorisant la population. Ceux qui refusent d’obéir aux Feddayins de Saddam sont immédiatement exécutés.

L’utilisation de la population comme boucliers humains sera probablement l’une des défenses utilisées par ces escadrons de la mort dans les prochains jours. Beaucoup d’Irakiens sont également empêchés de fuir les villes.

Fermer la fenêtre