Accueil   Les Infos Envoyez l'adresse du site à un ami   retour
Textes Courriers Liens Dérapages Emails rédactions Dates Presse Archives Metula News Agency

Ehoud Barak se confie à l'hebdomadaire « Newsweek »

 

Mis à jour le mercredi 3 janvier 2001

DANS un entretien accordé à l'hebdomadaire américain Newsweek daté du 8 janvier et dont le site internet donne l'intégralité (newsweek.msnbc.com), le premier ministre israélien démissionnaire, Ehoud Barak, revient longuement sur les propositions faites par le président américain Bill Clinton pour tenter de parvenir à un accord de paix définitif entre Israéliens et Palestiniens.

Interrogé sur le contexte dramatique qui prévaut en ce moment en Israël et dans les territoires palestiniens, M. Barak assure, tout en réaffirmant sa détermination à lutter contre «le terrorisme», que « nous nous efforçons de garder une fenêtre ouverte pour la reprise des négociations ».

Ehoud Barak rappelle aussi que son gouvernement a répondu « positivement » aux idées avancées par Bill Clinton. « Nous avons des réserves mais nous avons dit que si l'autre côté les accepte comme base de négociation, nous l'accepterons ». M. Barak ajoute cependant aussitôt : « je ne signerai aucun accord transférant aux Palestiniens la souveraineté sur le mont du Temple », l'Esplanade des mosquées pour les Arabes, comme le propose le président américain, et qui continue de constituer une pierre d'achoppement entre les deux parties.

Interrogé sur le point de savoir s'il dispose de la légitimité pour parvenir à un accord aussi délicat, alors qu'il est premier ministre démissionnaire, à la tête d'un gouvernement minoritaire et que les sondages le donnent en très mauvaise posture dans la course électorale qui se jouera dans un peu plus d'un mois, le 6 février, entre Ariel Sharon et lui-même, Ehoud Barak répond par l'affirmative.

« Je ne signerai aucun accord transférant aux Palestiniens la souveraineté sur le mont du Temple »

« Il est évident que nous avons un mandat. Si il y a un accord, et le “si” n'est pas moindre, il sera soumis au peuple et le peuple décidera. » Répondant aux critiques faites par Benyamin Nétanyahou selon lequel M. Barak ne veut conclure avec les Palestiniens que pour sauver sa carrière politique, le premier ministre explique qu'il pourrait choisir de « profiter pendant huit ans de l'atmosphère douce d'un gouvernement d'unité nationale » avec la droite nationaliste, « sans faire le moindre effort pour la paix » et qu'au lieu de cela il a fait le choix du « terrain miné » de la négociation, « parce que je pense que participer à un gouvernement d'unité reviendrait à croiser à bord du Titanic ». « Je reste persuadé que nous finirons par faire la paix avec les Palestiniens, avec ces jeunes qui nous jettent des pierres aujourd'hui », assure M. Barak, mais « je ne peux pas dire si ce sera avec l'actuelle direction palestinienne », « dans un sens, c'est à eux de choisir ». A propos du sort des réfugiés palestiniens qui constitue l'autre principale pomme de discorde entre les deux parties, M. Barak assure qu'il n'est pas hostile au retour des réfugiés dans un Etat palestinien mais à leur retour en Israël.

Dans l'hypothèse où il serait impossible de parvenir à un accord avec Yasser Arafat avant la date fatidique du 6 février, M. Barak assure qu'il pourra convaincre les électeurs en expliquant que la droite israélienne n'a « aucune alternative » à proposer, seulement « des clichés et des slogans », et qu'elle n'a pas non plus « d'alternative pour mieux lutter contre le terrorisme ».

Evoquant l'hypothèse d'un refus palestinien de reprendre les négociations sur la base des propositions américaines, M. Barak reprend une formule selon laquelle « les Palestiniens ne manquent jamais une opportunité de perdre une opportunité ». « Peut-être est-ce vrai, je ne sais pas », ajoute-t-il. « On ne choisi pas ses voisins », ajoute M. Barak et « les nations ont tendance à naître dans le sang et non au cours de cocktails ». « Je ne peux pas pénétrer dans la tête de Arafat mais il sera responsable de son choix. Il sera responsable aux yeux de son peuple comme à ceux de l'histoire ».

En cas d'échec, M. Barak s'attend « à beaucoup de souffrances pour les deux parties ». « Je crois qu'il y aura une détérioration vers des affrontements plus graves avec les Palestiniens. Mais nous montrerons la même détermination pour nous défendre que pour faire la paix ».

Interrogé sur les chances de parvenir malgré tout à un accord, M. Barak répond : « Je ne sais pas, les chances de parvenir à un accord sont de 50 % /50 %. Je ne sais pas, c'est la seule réponse raisonnable. »