La capture du navire d'armements palestinien (Communiqués officiels)
 
    
"Karine A", le bateau ayant transporté les armes,     Armes et munitions sur le pont du "Karine A" (photo Raanan Cohen, Tsahal)
ammaré à Eilat (photo: Yehouda Ben-Ittah, Maariv)
 
 

Remarques sur l’interception du cargo d’armements palestinien

Communique du ministère israélien des Affaires étrangères

04.01.02

Faits :

1. Jeudi 3 janvier 2002 au petit matin, les forces du commando marin en coopération avec l’armée de l’air et la marine ont capturé, lors d’une délicate opération militaire, un bateau  contenant 50 tonnes d’armes. Les armes qui ont été extraites jusqu’à présent sont des roquettes "Katyoucha" 107 mm. à courte portée (8 km.), des "Katyoucha" 120 mm.  à longue portée ( 20 km), des mortiers et obus de mortiers (81 mm. et 120 mm.), des missiles anti-chars de type RPG, LAW et SAGGER, des mines anti-chars et anti-personnel et des explosifs avancés (RDX, C4), des fusils d’assaut AK47 (Kalachnikov) et des fusils de tireurs d'élite SVD, ainsi qu’une grande quantité de munitions.
 
2. Le cargo qui a été capturé a été acquis par l’Autorité palestinienne et lui appartient. Le commandant du navire est un lieutenant-colonel de la marine palestinienne et la plupart des membres de l’équipage appartiennent également à ce corps d’armée. Lors du premier interrogatoire, le commandant de bord a avoué que le navire se dirigeait vers l’Autorité palestinienne.
3. Presque tout l’armement est d’origine iranienne. Le navire a été intercepté en mer Rouge, à environ 500 km au sud d’Eilat en eaux internationales.
 
 

Remarques :     La capture du cargo d’armements fait partie intégrante de l’effort incessant   d’Israël d’empêcher le terrorisme palestinien- une mission attribuée à l’Autorité palestinienne, mais non appliquée par elle, au contraire, comme l’atteste la cargaison d’armes qui lui était destiné. Parallèlement à cette opération importante, sont réalisées des dizaines d’opérations de prévention telle que celle qui a été réalisée aujourd’hui dans le village de Tel et qui a empêché des attentats suicide. Il faut souligner que malgré cela, Israël poursuit sa politique d’allègements sur la population civile, dans certaines limites sécuritaires bien évidemment. Un certain nombre de mesures ont été prises même après la capture du navire, et ceci dans le cadre de la politique consistant à établir une distinction entre la guerre menée contre les terrorist leurs commanditaires et leurs partisans et la population innocente.

  1. L’Autorité palestinienne utilise les fonds qu’elle reçoit de l’étranger à des fins terroristes. L’acquisition du navire ($400,000) et de son chargement (15 millions de dollars) a été largement financée par les caisses de l’Autorité palestinienne au détriment de la population vivant sous son contrôle.

  2. Si les armes transportées sur le navire étaient arrivées à destination, la situation dans notre région se serait terriblement aggravée et aurait exposé la majorité des habitants d’Israël à des attaques de missiles, d’obus de mortier et de matériel de sabotage avancé, ceci sans que des terroristes suicidaires se rendent en territoire israélien, comme cela a eu lieu les derniers mois.

  3. Il est clair qu’une entité qui achète et importe ce genre d’armes aspire plus à l’escalade de la violence qu’au calme. Cette tentative de contrebande témoigne des intentions de l’Autorité palestinienne de poursuivre et d’amplifier sa politique de terreur et de violence.

  4. Le fait que l’Autorité palestinienne s’équipe d’un tel armement est contraire aux accords qu’elle a signé avec Israël. Une fois encore, on constate que l’Autorité palestinienne ne respecte pas ses engagements.

  5. Il est évident que l’armement qui a été intercepté n’est pas nécessaire à l’Autorité palestinienne pour faire respecter la loi dans son territoire. Aucun gouvernement au monde n’utilise des roquettes, des mortiers et des missiles anti-missiles. L’acquisition d’un tel armement témoigne d’intentions offensives de la part de l’Autorité palestinienne contre les soldats et les civils israéliens.

  6. En achetant ce navire et cet armement et en tentant de se les faire parvenir, Arafat et l’Autorité palestinienne ont prouvé qu’ils ne faisaient rien  pour éliminer le terrorisme et qu’ils désiraient se réserver cette option. Autrement dit, ce qu’Arafat et l’Autorité palestinienne ne parviennent pas à atteindre par le biais des négociations, ils essaient de l’obtenir par le terrorisme.

  7. Les Palestiniens ne peuvent continuer à jouer double jeu et ils doivent décider de façon univoque s’ils soutiennent ou utilisent le terrorisme ou bien s’ils le combattent.

  8. L’opération de capture prouve que le Premier ministre israélien avait raison dans son entêtement concernant le respect de sept jours de calme et la destruction des réseaux terroristes, étant donné que les promesses qu’Arafat a faites aux dirigeants du monde concernant l’élimination du terrorisme sont restées lettre morte.

  9. L’opération de capture par Israël n’est pas une simple opération de légitime défense, mais c’est une opération qui s’inscrit dans l’effort mondial de la guerre contre le terrorisme et son anéantissement.

  10. Il faut souligner le lien iranien dans cette affaire, Etat qui exporte le terrorisme, le soutient et profère publiquement des menaces contre Israël, comme l’a fait Rafsandjani les jours derniers jours au sujet de l’arme nucléaire

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Les armes et les munitions étaient entreposés       Missiles SAGGER et mortiers saisis sur le "Karine A" 
dans 83 tubes métalliques imperméables à l'eau.    (photo: Sven Nackstrand, A.P.)
(photo: Arik Sultan, Maariv)                                 
   


La réaction du ministre des Affaires étrangères Peres à la capture du navire Karine A

Communiqué par le porte-parole du ministre des Affaires étrangères

Jérusalem, le 4 janvier 2002

Le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres a déclaré que l’interception du navire était un événement décisif pour l’Autorité palestinienne qui devrait effectuer un choix. « Ils ne peuvent pas jouer à ce jeu indéfiniment. Ils doivent décider s’ils soutiennent le terrorisme ou s’ils le combattent. » Etant donné que le cargo transportait des armes en provenance de l’Iran, le ministre des Affaires étrangères s’adressera la semaine prochaine aux dirigeants de la communauté internationale pour que l’Iran soit désigné officiellement comme un Etat soutenant le terrorisme.


Déclarations du ministre des Affaires étrangères Shimon Peres et de l’émissaire américain Anthony Zinni après leur rencontre

Jérusalem, le 6 janvier 2002

Shimon Peres : J’ai rencontré ce matin le général Zinni. Nous avons passé en revue les détails, que vous connaissez déjà plus ou moins. Notre position reste inchangée, c’est-à-dire combattre le terrorisme de toutes les façons possibles et agir en faveur d’un cessez-le-feu et de la paix dans les circonstances actuelles. Laissons la parole au général Zinni.

Général Zinni : J’aimerais tout d’abord vous dire que notre rencontre a été fructueuse et j’ai apprécié que le ministre me consacre du temps pour me livrer ses pensées. Comme il l’a dit, il faut se concentrer sur la sécurité et sur la construction des liens de confiance, tout en s’assurant que nous créons une situation et un environnement qui éliminera le terrorisme, que nous commençons un processus qui nous mènera au-delà d’un cessez-le-feu et vers une paix globale et durable pour que les peuples israélien et palestinien puissent vivre normalement. C’est un chemin pavé d’embûches et ma mission est d’emprunter ce chemin. Il faut commencer avec la sécurité, les mesures antiterroristes et la coopération dans le domaine de la sécurité. Je suppose que vous savez qu’une rencontre trilatérale est prévue pour aujourd’huNous exposerons les mesures que nous jugeons bonnes pour l’application d’un plan qui devrait nous amener à nos objectifs.

Question : Qu’avez-vous à dire sur l’interception du cargo d’armements ?

 Shimon Peres : Le cargo crée un vrai problème concernant la crédibilité du camp palestinien. Notre position est très claire. Nous n’acceptons pas et n’accepterons jamais de tels événements. C’est un incident très grave qui affectera leur crédibilité et notre confiance. Une enquête poussée doit être effectuée, mais nous n’avons pas cessé nos efforts pour obtenir un cessez-le-feu qui devra être suivi de négociations. Nous devons tirer les conclusions nécessaires de cet incident, pourtant nous avons décidé de ne pas interrompre nos efforts pour parvenir à un cessez-le-feu et de continuer à travailler sur la base du document Tenet et du rapport Mitchell.

Question : Qu’en est-il du rôle de l’Iran dans cette affaire ?

Shimon Peres : Nous invoquerons cette affaire d’implication de l’Iran dans la fourniture d’armes devant toutes les instances internationales possibles.