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La lettre ouverte de Michel Rocard n’est pas le jugement de Salomon…..
Jean-Louis Branchereau, Professeur Agrégé
19 avril 2002


Arafat et Sharon sont dans un bateau. Arafat tombe à l’eau. Qui est-ce qui reste ? ..Sharon. La longue lettre de Monsieur Rocard à celui qu’il appelle " Mon Général ", au lieu de s’adresser au Premier Ministre élu démocratiquement dans la seule véritable démocratie du Proche-Orient, me rappelle la petite devinette naïve des enfants : " Pince-mi et Pince-moi sont dans un bateau…

Monsieur Rocard revêt la toge du Procureur Général et joint sa voix au concert de tous ceux qui en France, en Europe, à l’O.N.U et même aux Etats-Unis (pour ne pas citer les Etats Arabes) hurlent avec les loups. Le procès à charge contre Sharon et à travers lui contre Israël (car Monsieur Sharon ,à la tête d’un gouvernement d’union nationale, jouit à ce jour d’une popularité que n’aura jamais le futur président de la République Française) est d’autant plus facile qu’il choisit d’emblée de taire les " erreurs " d’Arafat(le terme est un euphémisme, car Yasser Arafat n’a jamais perdu une occasion de perdre une occasion, selon le mot de Monsieur Pérès) et surtout ses torts, à savoir sa responsabilité directe dans les attentats terroristes qu’il finance, comme le prouvent les documents saisis à Ramallah par l’armée israélienne(Les médias français ne sont guère diserts à ce sujet..).

Monsieur Sharon est coupable aux yeux de Michel Rocard et de tant d’autres hommes politiques avant lui, d’humilier le Chef de l’Autorité Palestinienne, encerclé (mais aussi protégé..) par les chars israéliens dans son Q.G de Ramallah, entouré, pour le moment, de pacifistes européens en mal de notoriété. Mais si l’humiliation véritable, celle du peuple palestinien, était de n’avoir pas su se trouver d’autre chef, d’autre héros que le Général Arafat ?

Force est de constater en tout cas que ce procès à Sharon est déséquilibré :l ‘ " asymétrie " des forces en présence sur le terrain en faveur d’Israël est compensée, sous la plume de Mr Rocard, par l’unilatéralité de l’acte d’accusation :Monsieur Rocard passe sous silence les exactions de la " partie civile " (le massacre des innocents commis par des Palestiniens fanatisés)et dénonce seulement " la raison du plus fort ".Il tait les gestes de bonne volonté et la " retenue " de l’armée d’Israël :car malgré les combats acharnés, combien de vies sauvées parmi les civils palestiniens, combien d’ " ennemis " soignés dans les hôpitaux d’Israël, combien de distributions de vivres ! Il est vrai que les médias français ne sont guère disposés à mettre en valeur ces gestes d’humanité. Mais on aimerait pouvoir citer des gestes identiques de la part d’Arafat et de ses acolytes.

Comme beaucoup d’autres, Monsieur Rocard accuse Ariel Sharon des carnages et des exactions irresponsables de l’Autorité Palestinienne qu’il se refuse de dénoncer. Et ce procès injuste a pour effet de les encourager en renforçant la haine envers Israël et envers ceux qui se sentent solidaires de l’Etat Juif, seul contre tous.

Heureusement que Michel Rocard se proclame plusieurs fois l’ami des Juifs ! Ouf !…