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Barak : l'élection doit être «un référendum pour la paix»

Après seulement 18 mois au pouvoir, le premier ministre israélien démissionne pour être candidat à sa succession. Il revient sur son geste et explique au Figaro sa position sur les prochaines élections, l'intifada et la paix. Entretien
exclusif.

Propos recueillis à Jérusalem par Charles Lambroschini et Pierre Prier

Publié le 15 décembre 2000

LE FIGARO. – Monsieur le Premier Ministre, pourquoi avez-vous démissionné?


Ehud BARAK. – Israël vit une situation d'urgence. Mais la Knesset est en pleine confusion: elle ne parvient pas à décider si elle veut ou non aller aux élections. Notre nouveau système constitutionnel distingue, d'une part, le premier ministre, élu seul au suffrage universel direct, et d'autre part, les parlementaires, désignés à l'issue d'élections générales. Or, pour moi, le véritable enjeu politique est d'obtenir le renouvellement du mandat personnel que les électeurs m'avaient accordé il y a dix-huit mois. L'impasse actuelle a une explication très simple: j'ai été élu sur un programme de paix avec une majorité très importante, mais la paix n'a pas de majorité à la Knesset. Du coup, je me retrouve prisonnier d'un système politique bizarre, car il paralyse un premier ministre directement issu de la volonté du peuple. Pour sortir de cette impasse, il faut une solution radicale. J'ai démissionné pour que l'élection soit un référendum sur la paix.

Selon vos adversaires, cette démission n'est qu'un alibi pour empêcher Bibi Netanyahu de se présenter contre vous. N'étant plus député, il n'a pas le droit d'entrer dans la course. Il ne pourrait le faire que dans deux hypothèses: si la Knesset change la loi pour lui permettre de se présenter; si la Knesset se saborde et décide des élections générales. Que répondez-vous aux soupçons de vos adversaires?

Je vous dirai deux choses. D'abord, que la Knesset, comme vous le remarquez vous-même, est libre de déclencher des élections générales auxquelles Netanyahu pourrait participer sans violer la Constitution. Deuxièmement, je suis prêt à appuyer tout amendement à la loi qui autoriserait Netanyahu à se joindre à la compétition pour le poste de premier ministre.

Quelles différences fondamentales vous séparent de Netanyahu?

Nous avons en commun de vouloir, pour Israël, la paix dans la sécurité. Mais je préfère une stratégie qui pousse Israël à aller de l'avant, à prendre des initiatives avec détermination, au lieu de simplement attendre que quelque chose se passe. Je suis convaincu que la passivité, même camouflée en doctrine, ne peut que finir en désastre. C'est pourquoi je préconise l'activisme: je veux que les Israéliens parviennent à se «désengager» des Palestiniens. Pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien, nous devons changer totalement de perspective. Entre Netanyahu et moi, il y a aussi une grande différence de conception du leadership. Contrairement à lui, je veux m'attaquer aux problèmes de la société israélienne. Je crois à une approche différente des citoyens: je veux être franc et ouvert, je veux gouverner de façon propre.

Vos différences ne se ramènent-elles pas à une opposition gauche-droite que l'on croyait disparue de la vie politique israélienne?

A l'occasion de cette nouvelle intifada, Israël a été obligé d'ouvrir les yeux. Ce fut très pénible. Les gens de gauche ont soudain constaté que leurs partenaires, leurs voisins, leurs concurrents, en un mot les Palestiniens, ne correspondaient pas du tout à l'idéal que la gauche s'en faisait. Quelle découverte! Les Palestiniens ne sont pas comme la gauche veut qu'ils soient. Dans le même temps, la droite a été obligée de se résigner à l'idée que tout accord doit aussi être signé par l'adversaire, qu'il est donc inutile de s'entêter sur un objectif utopique. La droite a fait la même découverte que la gauche: la réalité est bien plus pénible que le rêve. Ces révélations ont plongé les deux principaux blocs politiques d'Israël dans une même déception, et je pense que cette expérience les a fait mûrir.

La réforme constitutionnelle, qui a permis l'élection directe du premier ministre, avait pour but de renforcer la légitimité du premier ministre vis-à-vis des partis et de faciliter la formation d'une majorité gouvernementale. Mais les premiers ministres ainsi désignés n'ont guère eu de raison de s'en féliciter: au lieu de durer quatre ans, Netanyahu n'a duré que trois ans, et vous démissionnez après seulement 18 mois au pouvoir. Ne faudrait-il pas profiter de la crise actuelle pour aller encore plus loin et supprimer le scrutin proportionnel intégral au profit de la règle majoritaire?

Je regarde vers l'avant, pas vers l'arrière. Les juristes sont partagés. Quant à moi, je pense qu'il vaut mieux corriger les défauts actuels que revenir à l'ancien système. Ainsi, j'entends dire qu'il faudrait relever la barre pour le nombre de voix autorisant l'entrée d'un parti à la Knesset. Aujourd'hui, le minimum requis est de 1,5%; certains experts préconisent 3%.

D'ici aux élections, avez-vous le temps de réussir ce que vous avez manqué, l'été dernier, à Camp David, c'est-à-dire lasignature d'un accord avec Yasser Arafat?

Honnêtement, je ne sais pas. Nous ne pouvons pas nous permettre de fixer une date limite à la signature d'un accord. Cela signifierait que nous voulons un accord à tout prix. Or, aujourd'hui, nous nous concentrons sur la nécessité de réduire la violence, et donc sur la mise en application des décisions qui avaient été annoncées cet été à Charm el-Sheikh. Toutefois, nous maintenons le contact avec les Palestiniens. Qu'une ouverture se produise, et les Israéliens seront immédiatement prêts à reprendre la négociation.

Aujourd'hui, avez-vous des contacts avec les Palestiniens?

Oui, puisque ces contacts ont lieu en permanence. Mais dans ces échanges, nous traitons surtout des moyens de réduire la violence et de rétablir la coopération contre le terrorisme. Nous attendons de Yasser Arafat qu'il exerce son influence pour arrêter la violence, et donc pour remettre derrière les barreaux les terroristes qu'il avait libérés ces dernières semaines.

Yasser Arafat fait-il des efforts pour réduire la violence?

Il essaie. Mais j'espère qu'on se dirige vers quelque chose de plus durable que les habituels coups d'accordéon.

Le président palestinien a-t-il toujours envie de négocier avec vous?

C'est à lui qu'il faut poser cette question. Mais j'espère qu'il reste intéressé. Si les Palestiniens sont prêts à parler, les Israéliens seront prêts à parler. Je suis convaincu que la négociation est la seule solution: même si, devant l'escalade de la violence, je me prends parfois à douter. C'est une erreur de croire qu'on pourrait résoudre le problème par une frappe militaire massive. Notre armée est puissante, et elle pourrait faire beaucoup plus. Mais nous devons adapter nos actions à l'intérêt national: notre objectif est de préserver Israël, pas de le démolir.

Fin novembre, vous avez proposé à Yasser Arafat un accord intérimaire qu'il a aussitôt refusé. Le président palestinien avait alors expliqué que l'accord d'Oslo était aussi un accord intérimaire, et que, datant pourtant de 1993, il n'a toujours pas été appliqué dans sa totalité. Par exemple, le troisième redéploiement, prévu, de l'armée israélienne n'a pas eu lieu. Pour répondre aux objections d'Arafat, ne feriez-vous pas mieux de lui offrir un accord global?

Notre objectif est d'arriver à un accord global. C'est bien ce que nous avions proposé à Camp David, et jamais un gouvernement israélien n'était allé aussi loin. Comme preuve de notre souplesse à Camp David, j'ajoute que nous étions également prêts à envisager des positions de repli. Nous pensions à un accord intérimaire. Nous pensions aussi à un arrangement par «phases»: on s'entend sur un cadre général, mais, pour les dossiers qui n'ont pas encore pu être réglés, on continue d'avancer à un rythme plus lent.

Qu'y avait-il dans l'accord intérimaire rejeté par le président palestinien?

Soyons précis. Je n'ai pas proposé à Arafat un accord intérimaire. J'ai évoqué l'hypothèse de «phases» qui interviendraient une fois conclu un accord-cadre sur le statut final de la Palestine. En clair: si un ou deux sujets fondamentaux n'ont pu être résolus, on signe quand même l'accord. Ensuite,on se donne un ou deux ans pour continuer à négocier sur les dossiers bloqués. C'est à cette proposition de «phases» que Yasser Arafat a dit non.

Mais un accord par «phases» n'est-il pas une façon de camoufler un simple accord partiel?

C'est une question de vocabulaire. Vous pouvez baptiser votre document «accord partiel» parce qu'il comprend certains éléments dont on traitera plus tard. Ou bien vous le qualifiez d'accord final tout en prévoyant des délais supplémentaires pour venir à bout de certains dossiers plus délicats. Chez les diplomates, la sémantique peut être la clé du succès.

Pourquoi les négociations de Camp David ont-elles échoué?

Je ne sais pas. Je ne peux pas pénétrer l'âme de Yasser Arafat, et je ne suis pas en position de le juger. Mais j'ai du mal à comprendre quelle raison nous a empêchés de nous entendre sur ce qui aurait dû être un accord raisonnable. Tout ce que je puis dire, c'est que nous avions pour objectif un accord cadre sur le statut final de la Palestine. Entre les 11 et 24 juillet, nous avons donc abordé les dossiers les plus sensibles: Jérusalem, les réfugiés, les frontières, les questions de sécurité. Ces sujets étaient très délicats parce qu'ils concernaient la nation, la religion et même la psychologie. J'étais prêt à prendre des décisions historiques et à les présenter ensuite au peuple israélien. Nous avons travaillé jour et nuit, nous avons montré notre souplesse, nous avons retourné chaque pierre. Pour en finir avec le conflit israélo-palestinien, nous étions prêts à proposer aux Palestiniens un Etat assuré de la continuité territoriale et vivant en bon voisinage avec Israël. Nous étions prêts à payer un prix qui, pour Israël, aurait été très dur. Malheureusement, les Palestiniens, eux, n'étaient pas prêts à prendre des décisions historiques.

Les Palestiniens affirment que c'est votre intransigeance qui a fait échouer Camp David...

La négociation ne pouvait être que difficile. Mais dans l'espoir de nous arracher des concessions supplémentaires, les Palestiniens ont choisi de préparer un nouveau conflit avec Israël. La vérité est aveuglante: les Palestiniens ont pensé qu'ils pourraient atteindre leurs buts politiques en utilisant la force.

A en croire la gauche israélienne, ce sont les colons, en augmentation constante, qui expliquent la réticence des Palestiniens à signer un accord de paix. Dans les neuf premiers mois de l'année 2000, il y aurait eu 13 000 colons de plus dans les territoires occupés, et depuis l'accord d'Oslo, en 1993, leur total aurait doublé: de 100 000 à 200 000. La gauche dit qu'il faudrait les rapatrier; pourquoi les laissez-vous venir toujours plus nombreux?

Je n'ai pas créé une seule colonie de peuplement. Pour la première fois, j'en ai même démantelé quelques-unes, les plus isolées. Nous ne laissons la construction se poursuivre que dans les villes déjà très peuplées, qui, quel que soit l'accord de paix, resteront sur le territoire d'Israël. Je ne crois pas que ce sont les colons qui représentent un obstacle. Il y a quinze ans, dix ans ou cinq ans, la solution semblait si lointaine que les Palestiniens pouvaient effectivement dire que la poursuite de ce mouvement de peuplement fermerait des portes. Aujourd'hui, il est clair que, si les deux camps y sont disposés, nous pouvons conclure un accord assez rapidement. Le fait que nous ayons construit un peu plus ici ou là n'aura donc aucune conséquence sur le résultat final.

Combien de temps les Israéliens pourront-ils résister à cette deuxième intifada? Combien de temps accepteront-ils des pertes qui augmentent chaque jour?

Nous pouvons supporter ces affrontements très longtemps. Les Palestiniens aussi, bien que leurs pertes soient beaucoup plus élevées. Les faits sont têtus: il est impossible de trouver une autre solution que la négociation, mais il est tout aussi impossible de négocier pendant que la violence continue.

Certains spécialistes s'inquiètent d'un risque de guerre régionale qui pourrait être déclenchée par des affrontements avec la Syrie. En effet, Damas est accusé par Israël d'encourager les agressions du Hezbollah libanais. Partagez-vous ce pessimisme?

Israël ne veut pas de nouvelle guerre. Mais si la guerre nous est imposée, Israël se battra, et Israël sera assez fort pour gagner. Nous sommes déterminés à défendre notre droit à vivre sur cette terre libres et en sécurité. Mais, comme ancien général, je peux vous le dire: une guerre, ce n'est jamais un pique-nique. Il est donc exclu qu'Israël prenne l'initiative d'un conflit de plus.

Il ne reste qu'un mois de présidence à Bill Clinton. Une ultime médiation de sa part vous intéresse-t-elle encore?

Oui, une intervention du président américain peut encore être utile. Mais à condition que la négociation reprenne. Si les Israéliens et les Palestiniens se retrouvent autour d'une table de conférence, Bill Clinton pourra nous aider. Et je crois qu'alors son intervention sera importante.

Selon la presse israélienne, vous avez pourtant déploré l'absence d'un plan de paix américain...

Je n'ai rien dit de tel. Mais le fait d'être cité dans la presse israélienne n'a jamais signifié que vous avez effectivement dit quelque chose. Je pense, au contraire, que les Américains ont un plan. C'est une évidence que, dans l'interrègne qu'ils vivent depuis leur élection présidentielle du 7 novembre, les Américains sont moins efficaces. Il reste que Bill Clinton est personnellement engagé dans notre affaire, et qu'il est apprécié par toutes les parties. Si l'occasion d'une percée se présente, Clinton aura donc un grand impact.

Qu'attendez-vous de la visite de M. Védrine, qui, venu du sommet européen de Nice, représente à la fois la France et la présidence européenne?

M. Védrine milite pour la cause de la paix, et les deux camps lui portent une égale estime. Le ministre français connaît parfaitement les détails du dossier, et chacune de ses visites en Israël permet d'effectuer un tour d'horizon politique mutuellement bénéfique. Le fait que, cette fois, il représente aussi l'Europe est un atout supplémentaire. Nous tenons au soutien de l'Union européenne pour faire avancer le processus de paix. Après tout, l'Amérique se trouve à l'autre bout du monde. L'Europe est notre arrière-cour, et Chypre, candidate à l'entrée dans l'UE, se trouve à 150 kilomètres des côtes d'Israël.

Êtes-vous toujours en colère contre Jacques Chirac, que les Israéliens ont accusé d'avoir saboté le sommet de Paris? Lors de ce sommet, en octobre, le président français aurait conseillé à Yasser Arafat de ne pas signer les documents qui avaient été préparés pour l'occasion...

Je ne suis en colère contre personne. Mais, lors de ce séjour, j'ai été témoin d'un certain nombre de choses qui n'ont pas vraiment contribué au succès du sommet de Paris. Désormais, tout cela appartient au passé. Depuis, j'ai reparlé à Jacques Chirac. La France occupe une place centrale en Europe, et ses relations avec le Proche-Orient sont anciennes. A ce titre, elle peut contribuer à la relance du processus de paix.

Israël se trouve dans une situation paradoxale. Grâce à la haute technologie, le pays connaît un véritable boom économique, tandis que l'arrivée massive des juifs russes, qui a porté sa population à six millions d'habitants, lui a permis de corriger un peu son équilibre démographique vis-à-vis des Arabes. Pourtant, Israël est divisé. Êtes-vous inquiet?

Je vois un grand avenir pour Israël. Dans notre courte histoire, nous avons surmonté bien des difficultés. Aujourd'hui, nous nous trouvons pris dans un conflit armé avec les Palestiniens, mais j'espère qu'il sera bientôt derrière nous, et qu'Israël pourra alors se lancer sur la voie de la croissance intensive. Nous pourrons accélérer l'intégration des juifs de Russie. Nous pourrons transformer le pays en un centre technologique dont les retombées positives se feront sentir à travers tout le Moyen-Orient. Nous pourrons travailler à réparer les accrocs dans le tissu de la société israélienne. Enfin, en investissant dans l'éducation, Israël atteindra un niveau de vie et une qualité de vie qui hisseront notre pays au premier rang des nations les plus développées du monde.

Il reste quand même beaucoup de points noirs. Un exemple: le problème des Arabes israéliens. Ils sont un million, un habitant sur six, et dans trente ans, ils pourraient bien constituer la majorité de la population. Lors de la deuxième intifada, ils se sont ralliés à la cause palestinienne, au point que certains Israéliens les traitent de «cinquième colonne». Croyez-vous possible de réconcilier Israël avec ses Arabes israéliens?

Cette analyse négative est fausse. Bien sûr qu'il sera possible de combler le fossé entre nos deux communautés. La plupart des Arabes israéliens mènent une vie parfaitement équilibrée entre leurs deux identités: 99,5% d'entre eux n'ont pas participé aux violences. Grâce à cette double identité, ils ont un rôle unique à jouer: citoyens israéliens à part entière, ils peuvent créer des liens avec l'ensemble du monde arabe.

Les Palestiniens semblent convaincus qu'il leur suffit d'être patients pour gagner. Ils calculent que dans vingt ou trente ans ils auront fait tellement d'enfants qu'ils noieront Israël sous le flot de leur population. Ils auront alors répété l'exploit de Saladin, qui détruisit le royaume chrétien de Jérusalem. Vous arrive-t-il de penser à ce scénario catastrophe?

Je crois que les Israéliens doivent se désengager des Palestiniens. De préférence, sur la base d'un accord signé. Mais si les choses tournent au pire, il faudra prévoir un désengagement unilatéral. Et si l'initiative vient des Palestiniens, nous devrons répondre de la même façon. Mais je ne crois pas que nous en arriverons à de telles extrémités. Le désengagement avec consentement mutuel est la meilleure solution. Il permettra à deux Etats de vivre côte à côte en bons voisins. Les Palestiniens seront libres d'aller et de venir. Mais ils ne seront jamais capables de nous noyer.

Ce désengagement ne risque-t-il pas de ramener Israël à son point de départ? Celui de la forteresse encerclée qui se referme sur son «syndrome de Massada»?

Pas du tout. Nous pouvons vivre en paix avec nos voisins. Cette région ne deviendra pas un paradis du jour au lendemain, car il faudra longtemps pour que le Moyen-Orient ressemble à l'Europe ou aux Etats-Unis. Mais nous finirons par faire la paix avec les Palestiniens, même avec les jeunes qui aujourd'hui nous lancent des pierres. Il n'y a pas d'autre choix: il faut être deux pour danser le tango.