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Arafat menace la sécurité de l'Etat. Les dégâts que pourrait causer sa disparition sont nettement inférieurs à ceux que causent sa présence.

Ben Caspit (Maariv, supplément hebdomadaire,vendredi 6 juillet 2001)

° Ce sont les conclusions d'un rapport du Shabak intitulé "Arafat est-il utile ou nuisible ?" classé top secret et qui avait été rédigé sous le gouvernement Barak. Le rapport est aujourd'hui sur le bureau du Premier ministre.
"Arafat fait-il avancer ou bloque-t-il le règlement du conflit historique entre Israël et le peuple palestinien ?" Telle fut donc la problématique des enquêteurs du Shabak qui ont rédigé ce document.
Le premier chapitre du document, "En quoi Arafat est-il utile ?", fait valoir 5 arguments majeurs:
1.Arafat a reconnu Israël.
2.Il a accepté de s'engager avec elle dans un processus de négociation.
3.Arafat représente l'autorité suprême aux yeux du peuple palestinien et est le seul à être capable de prendre des décisions importantes.
4.Arafat fait obstacle aux Islamistes extrémistes ainsi qu'à l'influence syro-iranienne dans les territoires.
5.Sans Arafat, les territoires pourraient devenir une véritable poudrière et le terrorisme s'intensifierait inévitablement.

Le deuxième volet du rapport, "En quoi Arafat est-il nuisible ?" relève quelques points essentiels :
Arafat entraîne la région à la confrontation entre Israël et les pays arabes.
Il menace de porter atteinte aux accords de paix qu'Israël a signé avec l'Egypte et la Jordanie.
Il menace la stabilité des régimes voisins.
Il continue à légitimer les actes de terrorisme.
Il n'a pas vraiment accepté l'existence de l'Etat d'Israël.
Il ne peut ou ne veut pas faire de compromis sur des points essentiels tels que Jérusalem, le retour des réfugiés et, à long terme, la Palestine tout entière.
Il mène avec brio un double jeu en incitant les pays arabes à l'hostilité à l'égard d'Israël tout en essayant de convaincre l'opinion internationale de la pureté de ses intentions.
Arafat est resté le même combattant capable de prendre des décisions irrationnelles.
Arafat souhaite être vu comme le père de la Nation palestinienne et ne peut donc se permettre de déraciner le fondamentalisme musulman présent au sein de la population palestinienne.
Arafat n'est pas un partenaire fiable. C'est un traître, un menteur pathologique, un magicien qui réussit à transformer tout échec en une incroyable réussite médiatique soutenue par l'opinion internationale.
Le troisième chapitre traite de l'éventuel "après Arafat". Il avance qu'une lutte intestine aurait lieu et que c'est finalement la coalition des laïcs et des militaires qui l'emporterait étant donné que leur puissance est largement supérieure à celle du Hamas. Durant une longue période, les palestiniens s'occuperaient d'asseoir le nouveau pouvoir en place. Arafat n'ayant pas de successeur particulier, l'influence palestinienne sur l'opinion internationale risquerait de s'affaiblir et serait donc directement dépendant du bon vouloir d'un dirigeant arabe ou international. Dans un tel cas de figure, l'influence de l'Egypte et de la Jordanie se renforcerait. La nouvelle classe dirigeante palestinienne serait plus jeune, plus pragmatique, moins religieuse et plus encline aux compromis. Elle serait susceptible de combattre plus efficacement l'opposition islamiste. Le risque d'une guerre civile dans les territoires s'amplifierait, le soutien de l'opinion internationale ainsi que l'influence sur les arabes israéliens diminueraient.
(...)
Les conclusions du Rapport sont claires. Mais que faire maintenant ? Pour se débarrasser d'Arafat, Sharon devra d'abord éliminer Péres. Mais voilà, Sharon ne veut pas se séparer de Péres. Pis, s'il pouvait l'épouser, il le ferait, car Péres détient la clé de la survie du gouvernement d'union nationale.
(..) Pourtant, la tension entre les deux hommes semble s'intensifier. "Il faut dire toute la vérité" dit Péres à Sharon au cours de la dernière réunion du cabinet. "Euh, Shimon, est ce que tu insinues que je ne dis pas la vérité ?" lui rétorqua Sharon. Et Péres de reprendre : "Il faut décider une fois pour toutes. Si Arafat est un terroriste, alors expulsez-le immédiatement"