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S'attaquer aux terroristes: analyse-bilan,
Biographies de 7 terroristes recherchés (ici)
par Boaz Ganor, Directeur exécutif de ICT
traduit spécialement pour Reponses-Israel par Nathan Dubinski


1. S'attaquer aux terroristes : une analyse des coûts et bénéfices

Lorsque l'on fait le point sur les attaques dirigées contre des terroristes, conçues comme mesures de contre-terrorisme, deux aspects doivent être envisagés : la question des implications morales et légales et celle de l'efficacité d'une telle stratégie. Pour ce qui a trait à l'aspect moral, l'on peut argumenter que, dès lors que les Palestiniens ont imposé une guerre d'usure à Israël en octobre 2000, Israël - confronté à une offensive de terreur et de guérilla - est moralement en droit d'utiliser la force au titre d'autodéfense, et ce directement contre les terroristes engagés dans des attentats.

Il convient cependant de distinguer entre les actions menées à l'encontre de terroristes effectifs, directement impliqués dans l'exécution d'attentats contre des civils, et celles visant des membres de la branche politique d'une organisation terroriste. Si les dirigeants et activistes de la branche politique de l'organisation ne constituent pas des cibles légitimes d'attaques, il est admis - au regard des règles du droit international - de recourir à la violence contre le personnel militaire ennemi, particulièrement en temps de guerre. De surcroît, comparées à la plupart des autres mesures offensives de contre-terrorisme, les attaques ciblées contre des terroristes spécifiques sont plus sélectives, moins susceptibles d'entraîner des dommages collatéraux et dès lors plus humaines.

Ceci nous conduit à nous demander si les attaques ciblées peuvent être considérées comme un moyen efficace pour combattre le terrorisme. Cette interrogation ne peut trouver de réponse que dans une analyse des coûts et bénéfices.

Dans la colonne des bénéfices, nous pouvons aligner deux éléments : aussi longtemps que les cibles de ces attaques sont des terroristes appartenant à la branche armée d'une organisation, personnellement impliqués dans la préparation ou l'exécution d'attentats terroristes de grande envergure, la neutralisation de ces individus peut avoir un impact décisif sur la capacité de l'organisation terroriste à mener à bien ces attentats. En tout état de cause, l'opération va désorganiser les attentats auxquels les individus visés mettaient la dernière main. Dans le même temps, le coup porté aux terroristes pourra également influer sur la capacité à long terme de l'organisation à monter des attentats.

Le second élément du volet «bénéfices» de l'équation tient à ce que les membres de l'aile militaire de l'organisation devront consacrer du temps et des ressources à se protéger eux-mêmes. Dans le passé, les terroristes du Hamas étaient connus pour demander à l'Autorité palestinienne d'être placés en détention à titre de protection. D'autres seront contraints de se déplacer continuellement pour leur propre sécurité. Naturellement, tout cela perturbe le fonctionnement courant d'une organisation terroriste et par conséquent, le processus de préparation et d'exécution des attentats.

Du côté «coûts» de l'équation, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. Le premier est le coût matériel de l'opération de contre-terrorisme (les coûts financiers et technologiques), habituellement négligeable.

Le second, plus significatif, est le dommage occasionné à la filière de renseignement. Etant donné que ce type d'opération requiert une information concrète et précise, dans la foulée de l'opération l'Autorité palestinienne fera tout son possible pour localiser les sources de renseignement israéliennes. Dès lors, une intervention ciblée contre des terroristes peut conduire à devoir renoncer à des sources de renseignement ou à les dévoiler.

En troisième lieu vient la question du coût de l'opération en termes d'image internationale d'Israël. La majorité des pays occidentaux ne voit pas l'attaque délibérée de terroristes comme une opération légitime, à moins que les terroristes en question n'aient agi contre leur propre pays. C'est pourquoi, la mise sur pied de telles opérations aboutit inévitablement à une condamnation internationale. Ceci demeure d'application même si Israël a la prudence de circonscrire l'emploi de telles méthodes aux seuls objectifs militaires. Bien entendu, les terroristes quant à eux ne sont pas tenus de se conformer à ces normes exigeantes et se concentrent sur des attentats résolument dirigés contre des civils.

Mais le coût potentiel le plus significatif lorsque l'on mène ce type d'opération est son effet boomerang. Comme toute autre offensive efficace contre une organisation terroriste, les attaques ciblées augmentent immédiatement la détermination de l'organisation à riposter. L'issue de cette riposte dépend de la motivation antérieure et des moyens de l'organisation prise pour cible. Si la capacité de l'organisation à monter des attentats terroristes n'est bridée que par ses moyens opérationnels, alors même une détermination renforcée par la mort des opérationnels de l'organisation ne pourra se traduire en représailles effectives.

Par contre, dès lors que le frein à l'activité terroriste tient à la motivation et aux intérêts de l'organisation plutôt qu'à sa capacité opérationnelle, il faut s'attendre à une réaction violente. En ce qui concerne le Hamas, qui s'appuie lourdement sur les attentats suicides, l'on peut penser qu'il n'est pas limité par sa capacité à lancer des attaques. Les opérations suicides à la bombe constituent la forme la plus primitive d'attentat, nécessitant peu de compétences ou de ressources matérielles. Grâce à l'étendue de son réseau d'endoctrinement, le Hamas n'a aucune difficulté à trouver des volontaires pour ce type d'action. Et puisque l'Autorité palestinienne n'a même pas amorcé le démantèlement de l'infrastructure militaire du Hamas, l'organisation peut aisément assembler un engin explosif simple, fait de quelques kilos de matière. Dès lors, la résolution du Hamas se trouvera indubitablement renforcée par les actions antiterroristes d'Israël et entraînera plus que vraisemblablement des attentats en guise de représailles.

In fine, la mesure de l'efficacité d'une quelconque attaque ciblée dépend de la somme nette de tous ces coûts et bénéfices. On peut supposer que le renseignement israélien est en possession d'informations concrètes sur les activités auxquelles s'adonnaient ces terroristes «de haut vol» avant qu'ils ne soient tués. L'appareil sécuritaire est donc la seule institution à même d'évaluer concrètement si une opération justifiait le risque d'un ou plusieurs attentats «boomerang».

© The International Policy Institute for Counter-Terrorism, 2001.

http://www.ict.org.il/spotlight/comment.cfm?id=648


2. Des terroristes continuent à planifier et à commettre des attentats après qu'Israël a réclamé leur arrestation.

(communiqué du chargé d'information du Ministère de la Défense)

Israël a demandé à plusieurs reprises à l'Autorité palestinienne d'arrêter les terroristes palestiniens qui ont planifié ou commis des attentats. Ci-après figure la liste partielle des Palestiniens qui poursuivent la préparation et l'exécution d'attentats après qu'Israël a réclamé leur arrestation :

Raed Mahmed Raef Karami :
Tanzim de Tulkarem, activiste du Fatah, né en 1974. A pris part à l'assassinat à Tulkarem de deux restaurateurs israéliens en janvier 2001. Des demandes pour son arrestation ont été adressées à l'Autorité palestinienne à maintes reprises depuis le 14/6/2001, accompagnées d'informations sur sa participation à des fusillades dans la région. Les Palestiniens affirment l'avoir arrêté mais selon des sources israéliennes, il continue à se déplacer librement et à commettre des attentats, en ce compris deux attaques au cours desquelles deux Israéliens ont été tués le 18/6/2001.

Tabet Azmi Suliman Merdawi :
Activiste de Arabeh Islamic Jihad, né en 1976. Impliqué dans la préparation de l'attentat suicide à la bombe de Hadera le 25/5/2001, au cours duquel 45 personnes ont été blessées. Des demandes pour son arrestation ont été adressées à l'Autorité palestinienne à maintes reprises depuis le 14/6/2001. Il doit encore être appréhendé par les Palestiniens et poursuit ses activités, en ce compris la planification de l'attentat suicide à la bombe à Binyamina, dans lequel deux personnes ont péri et huit ont été blessées.

Mahmoud Ahmad Muhammed Tualbeh :
Camp de réfugiés de Jenin, activiste du Jihad Islamique, né en 1979. Impliqué dans la préparation de l'attentat suicide à la bombe à Hadera le 25/5/2001, au cours duquel 45 personnes furent blessées. Responsable de l'envoi d'un kamikaze porteur de bombe à Afula et arrêté avant de pouvoir actionner la bombe (le porteur a admis au cours de l'interrogatoire avoir été envoyé par Tualbeh). Des demandes pour son arrestation ont été adressées à l'Autorité palestinienne à maintes reprises depuis le 11/7/2001. Il doit encore être appréhendé par les Palestiniens et poursuit ses activités, en ce compris la planification de l'attentat suicide à la bombe à Binyamina, dans lequel deux personnes ont péri et huit ont été blessées. Le frère de Tualbeh, Morad, a été arrêté à Haïfa le 22/7/2001, au moment où il s'apprêtait à commettre un attentat. Au cours de son interrogatoire, il a confessé avoir reçu la ceinture piégée de Tualbeh et avoir été envoyé par lui. Tualbeh a été placé sous garde par les Palestiniens pour assurer sa protection, mais selon des sources israéliennes, il continue à prendre part à la planification d'attentats.

Kamal Najeb Amin Abu Waeer :
Force 17 Camp de réfugiés de Balata, Tanzim, activiste du Fatah, né en 1974. Impliqué dans des tirs d'armes à feu depuis le début de la violence palestinienne, en ce compris le meurtre d'un civil israélien à Itamar le 8/5/2001. Des demandes pour son arrestation ont été adressées à l'Autorité palestinienne à maintes reprises depuis le 14/6/2001. Il doit encore être appréhendé par les Palestiniens et continue de participer à des attaques terroristes.

Aahed Yussif Mussa Olmeh :
Originaire de Ramallah, un des membres dirigeants du Front Populaire en Judée-Samarie. Né en 1968. Impliqué dans la planification et la préparation de la plupart des attentats du Front Populaire au cours des derniers mois, en ce compris deux attentats à la voiture piégée à Jérusalem (au cours desquels cinq personnes ont été blessées) les 8/2/2001 et 21/3/2001. Des demandes pour son arrestation ont été adressées à l'Autorité palestinienne à maintes reprises depuis le 14/6/2001. Il doit encore être appréhendé par les Palestiniens et reste impliqué dans la planification d'attentats.

Musa Muhammed Hussein Kulab :
Khan Yunis, activiste du Hamas, né en 1971. Impliqué dans la planification et l'exécution d'attentats dans la bande de Gaza depuis le début de la violence palestinienne, avec l'accent mis sur des attaques au mortier. Des demandes pour son arrestation ont été adressées à l'Autorité palestinienne à maintes reprises depuis le 14/6/2001. Il doit encore être appréhendé par les Palestiniens et poursuit sa participation dans des attaques terroristes.

Nabil Hassan Salem Shrihi :
Nussirat, activiste du Jihad Islamique, né en 1975. Impliqué depuis le début de la violence palestinienne dans l'envoi de terroristes au départ de la bande de Gaza, pour commettre des attentats à l'intérieur d'Israël, en ce compris un kamikaze porteur de bombe arrêté à la frontière par la FDI le 3/2/2001 ainsi qu'un autre qui a attaqué une unité israélienne près de Dahaniyeh le 22/6/2001 (le porteur de bombe a confessé au cours de l'interrogatoire avoir été envoyé par Shrihi). Des demandes pour son arrestation ont été adressées à l'Autorité palestinienne à maintes reprises depuis le 22/6/2001. Il doit encore être appréhendé par les Palestiniens et reste impliqué dans des attaques terroristes.