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Ce qui se passe vraiment en Israël.
par Alex Safian, The Wall Street Journal.- 12 juillet 2001

Pourquoi le processus de paix au Moyen-Orient a-t-il dégénéré en une guerre non-déclarée et les bombardiers suicides palestiniens visant les Israéliens, tandis qu'Israël, apparemment, se complait dans des représailles sans précédant ?

Il est certain que le Leader palestinien, Yasser Arafat, porte une partie du blâme pour une telle situation, lui qui a sans cesse violé les accords avec Israël, ignorant ses obligations face à ces accords concernant le démantèlement des "ailes militaires" terroristes du Hamas et du Jihad islamique, conduisant à des effusions de sang qui n'ont de cesse depuis des mois.

Cependant, ces faits, vous ne pouvez en être informés si ne recevez vos informations que par les média de l'Ouest. Pendant les huit années qu'ont duré les procédure d'Oslo, la BBC, CNN, le New York Times et d'autres sources d'informations médiatiques "prestigieuses" ont régulièrement minimisé, même ignoré à la fois les graves violations des Accords d'Oslo par M. Arafat, reportant ces obligations sur Israël, seulement. Rarement, en ont-ils tenu M. Arafat tout autant responsable vis-à-vis l'application de ces accords.

Cette vision unilatérale est particulièrement remarquable à la BBC. On retrouve un exemple de cette attitude lors d'un interview de Claire Bolderson, du 12 décembre, avec le militant palestinien pour les Droits de la Personne, Bassem Eid, Elle a paru indignée lorsque M. Eid a soutenu que les Palestiniens devaient cesser leurs attaques armées contre Israël.

"Le peuple palestinien se dresse contre l'Occupation israélienne, contre la brutalité des Israéliens, dit-elle. Soutenez-vous que les Palestiniens ne devraient pas réagir ? Qu'ils devraient rester complètement calme et se tenir tranquilles ?

M Eid répliqua que les attaques palestiniennes vont à l'encontre des solutions recherchées et ne réussissent qu'à provoquer des représailles de la part D'Israël. Il fit aussi remarquer que les Palestiniens avaient signé une entente avec Israël destinée à mettre fin au conflit.., (par) des pourparlers de paix et de processus de paix plutôt que par des attaques armées.

Mme Bolderson continua dans sa lancée, allant jusqu'à sermonner M Eid : N'y voyez-vous pas là une insurrection spontanée de la part d'un peuple frustré par ces procédures, frustrée du fait de leur stagnation ? Soutenez-vous qu'il devrait ignorer cette frustration et de ne pas la manifester ouvertement dans la rue ?

Comme Mme Bolderson et ses collègues habituellement ignorent que le recours de Palestiniens à la violence est une grave violation aux Accords d'Oslo, rien ne les retient, lorsque l'occasion se présente, d'accuser Israël de violation des Accords.

Ainsi, le 23 mai dernier, après un cessez-le-feu unilatéral d'Israël, Tom Hagler de la BBC, lors d'un interview avec un diplomate israélien qui soutenant l'importance d'un arrêt de la violence palestinienne, M. Hagler lui répondit que le cessez-le-feu israélien n'était certainement pas un geste de bonne volonté parce que les " les 17 incursions israéliennes dans les régions autonomes palestiniennes, pendant une dizaine de jours &Mac183; étaient une violation des Accords d'Oslo de 1993".

En fait, les incursions israéliennes ne sont pas en violation avec les ententes d'Oslo II, parce que même en territoire autonome palestinien, Israël conserve "la responsabilité&Mac183; en ce qui concerne l'ensemble de la sécurité israélienne quant à leur sécurité interne et la paix publique.

Mais il n'y a pas que les journalistes britanniques qui ont rejoint la brigade journalistique de M. Arafat. Ricardo Christiano, chef de la Radio d'État italienne (RAI) l'exprime clairement dans une lettre aux autorités palestiniennes, en octobre dernier. Lorsque deux réservistes israéliens furent lynchés par une foule palestinienne pendant Ramallah, la plupart des journalistes présents virent leur équipement photographique et leurs films confisqués. Mais une équipe d'une station privée italienne purent s'en sortir avec une cassette vidéo dont les images firent le tour du monde.

M. Christiano tint à informer les autorités palestiniennes que, contrairement à la rumeur, son réseau n'était pas impliqué dans la diffusion de ces images. Mais, malheureusement pour lui, cette lettre se retrouva dans les journaux palestiniens. En voici le texte :

"Mes chers amis de Palestine, Nous vous félicitons et nous pensons qu'il est de notre devoir de vous expliquer ce qu'il arriva, le 12 octobre, pendant Ramallah. Une chaîne privée italienne, en compétition avec la nôtre, a filmé l'événement. Peu après, les images furent diffusées à la télévision israélienne, donnant l'impression au public que ces images avaient été prises par nous. Nous insistons sur le fait que ce n'est ainsi que cela s'est passé. Parce que nous respectons toujours les règles journalistiques établies par les autorités palestiniennes, concernant les travail des journalistes en Palestine. Nous vous remercions de votre confiance et vous pouvez-être assurés que ce n'est pas notre façon de procéder et que ça ne le sera jamais. S"il vous plait, acceptez notre soutien."

En langage clair, respecter ces règles signifie ignorer tout ce qui pourrait irriter M. Arafat et ne rapporter que ce qui pourrait lui faire plaisir.

À divers degrés et à quelques exceptions près, c'est exactement ce que M. Christiano et ses collègues ont fait. Cet endoctrinement dans la haine et la violence contre Israël est chose courante dans les média palestiniens et en général ignoré à l'Ouest. Cette situation n'est pas seulement réservée aux Européens, les Américains n'en sont nullement exempts.

Peu de temps après le lynchage durant Ramallah, par exemple, le Times rapporta les allégations d'Israël concernant l'incitation à la violence faite par les Palestiniens. Mais plutôt que faire état des propos haineux diffusés par la radio palestinienne, le Times préféra les ignorer. Cependant, en tant que reporter, William Orme rapporta les événements du 24 octobre : "les Israéliens considèrent comme un exemple manifeste d'un sermon télévisé, soutenant l'assassinat des deux soldats. Soit le Likud ou soit le parti Travailliste, les Juifs sont Juifs !, proclament le Sheik Ahmad Abu Halabaya lors d'un émission en direct d'une mosquée de Gaza, le lendemain de l'assassinat "

Le Times cache à ses lecteurs le point majeur du sermon : un appel à la destruction de tous les juifs : Il faut être sans merci pour les Juifs, où qu'ils soient, dans n'importe quel pays. Combattez-les, où que vous soyez. Tuez les Juifs et ces Américains qui les appuient.

Cette tendance à voiler la violence et l'hostilité arabe est souvent accompagnée d'un semblable effort trompeur pour dépeindre Israël comme une superpuissance impérialiste, fixée sur la domination sur les calmes régimes arabes qui ne recherchent qu'une juste paix. Il est évident qu'il ne s'agit pas seulement d'un camouflage médiatique des procédures d'Oslo, mais aussi généralement, d'un camouflage du conflit israélo-arabe.

Le 19 mai, lors d'un interview avec un fonctionnaire israélien, par exemple, un présentateur de CNN-International, Jim Clancy, affirma : Un des point les plus frappants, et ce que les Palestiniens soutiendraient, est que, lorsque vous considérez les réfugiés à l"extérieur des frontières, Israël se forma à partir d'un nettoyage ethnique.

Cette charge est évidemment marquée au sceau de la propagande palestinienne. Cela voulait dire, en réalité, que les Arabes s'étaient débarrassés éthiquement de leurs Juifs durant les années 40 et 50 et avaient, aussi à plusieurs reprises, essayé de rayer Israël de la surface du monde et pas l'inverse. Ceci est ignoré dans ce que CNN conçoit comme le miroir du monde.

Tonnerre et bombardement.

Même avant ces récentes violences, l'accusation de "nettoyage ethnique" devenait monnaie courante dans d'autres salles de rédaction. À titre d'exemple. Lors du cinquantième anniversaire d'Israël, Charles Sennot du Boston Globe écrivit qu'une réfugiée palestiniennes avait été chassée de son village, le 15 mai, 1948, le premier jour de la guerre. Elle décrivit sa fuite en état de panique lorsqu'elle vit les tanks israéliens s'approcher. Enceinte de 9 mois, ses cris, couverts par le bruit des bombardements, elle accoucha d'un bébé en plein champs.

Une histoire à vous fendre le c&Mac254;ur, s'il n'était que ce jour là, et pour des semaines à venir, Israël n'avait ni tanks ni la plus petite et précieuse artillerie à son actif.

En effet, sur le territoire en question, c'est l'armée égyptienne qui attaquai, soutenu par l'artillerie et les tanks Crusaders, made in England. Plusieurs communautés israéliennes furent envahies après de futiles tentatives de résistance aux attaques avec un armement léger et des cocktails Molotov.

Pour M. Sennott et ses collègues de la BBC, de la CNN et d'ailleurs, partageant les mêmes opinions, l'idée que les Palestiniens soient les victimes et que les Israéliens, les bourreaux, est une idée préconçue. En ignorant l'histoire, en ignorant le contenu des Accords d'Oslo, en ignorant beaucoup de ce qui se passe juste devant leurs yeux, ils nourrissent l'intransigeance de M. Arafat. N'admettront-il jamais combien ils ont contribué au actuels bains de sang ?

© Alex Safian, The Wall Street Journal, Europe, July 12, 2001.

Traduction française: Claude Salvaille