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En réponse à plusieurs courriers, le Maire de Poitiers souhaite apporter des précisions quant au déroulement de la manifestation du 29 avril dernier visant à remettre la Médaille des Justes à deux familles poitevines.

"C'est avec plaisir que j'ai accueilli le 29 avril à la Mairie de Poitiers une manifestation à caractère privé. La famille CERF, m'avait personnellement sollicité pour que les familles poitevines des THIBAULT et des GAUTRON soient honorées de la Médaille des Justes, ce que j'ai bien évidemment accepté.

C'est la présence du Consul Général d'Israël en France, désireux de remettre lui-même cette médaille qui a provoqué la réaction d'un certain nombre d'organisations poitevines. Craignant pour la sécurité du Consul je l'ai informé du contexte poitevin le laissant libre de décider en connaissance de cause de sa venue.

La cérémonie du 29 avril s'est finalement fort bien déroulée, dans une atmosphère très émouvante, à la grande satisfaction de toutes les familles concernées. Les Salons de l'Hôtel de Ville ont en outre été mis à leur disposition pour le repas privé qu'ils ont ensuite organisé.

Je regrette vivement que le fait d'avoir informé le Consul du contexte poitevin ait été interprété comme un refus de l'accueillir. Je pense que l'information qui a été diffusée tant en France qu'en Israël a été tronquée puisqu'elle n'a pas relaté que la manifestation s'était bien déroulée et en ma présence.

Par ailleurs, je crains que Monsieur Norbert CERF, résidant à Jérusalem ne soit très ému de l'écho donné en Israël alors qu'il a lui-même ainsi que sa famille fort apprécié l'accueil qui leur a été réservé à Poitiers et à la Mairie. C'est avec plaisir que je renouvellerais ce type de cérémonie si la demande m'en était faite.

Je souhaite que cette réponse soit aussi largement diffusée que les informations mettant en cause mon humanisme et mon respect de la Communauté Juive.

Jacques Santrot


réaction au communiqué du Maire de Poitiers

9 mai 2001

À l'intention de M. le maire de Poitiers Jacques Santrot.
Monsieur le Maire,
j'ai pris acte de votre communiqué et l'ai diffuse a mes différents correspondants, sans commentaires de ma part afin de ne pas dénaturer vos propos.
P
ermettez-moi cependant de m'étonner que votre démarche ait consisté uniquement à "craindre pour la sécurité du Consul" et non pas d'avoir tout d'abord réagi aux intentions des organisations poitevines en leur communiquant votre désapprobation de l'exploitation qu'elles faisaient de cette cérémonie, en tentant de s'emparer du souvenir de la Shoa et le détourner au profit d'une cause qui est non seulement sans rapport avec la dite cérémonie, mais de plus partisane et mensongère quant a ses affirmations concernant l'Etat d'Israël.
L'un des partis politiques dont les représentants a votre municipalité font partie intégrante de votre coalition de la Gauche plurielle, en l'occurrence le parti communiste, a signe un tract dans lequel il est écrit (je cite): "L'état sioniste n'est pas un Etat comme les autres. Il est fondé sur le communautarisme religieux. Il pratique l'apartheid a l'égard de ses ressortissants non-juifs, etc, etc".
Ce type de langage est typique de l'antisémitisme qui se voile sous le couvert d'un sois disant antisionisme, mais se dévoile si l'on fait attention au texte et a son contenu. Faites juste quelques changements légers de mots, et vous trouverez exactement les paroles du journal nazi Der Sturmer ou des journaux collaborationnistes de la période de Vichy : "Le peuple juif n'est pas un peuple comme les autres. Il est fondé sur le communautarisme religieux. Il pratique le racisme a l'égards de ses concitoyens non-juifs, etc, etc".
En ne prenant pas position contre ce type de propos, quitte à dire votre désaccord avec la politique menée par l'Etat d'Israël, vous laissez planer un doute qui peut faire croire que vous y adhérez et que vous remettez en cause la légitimité de l'existence de l'Etat d'Israël, au même titre que vos associés du conseil municipal.
Souvenez-vous que c'est le même type de complicité qui a été dénoncé par votre propre parti politique dans le cas de l'affaire Millon et du Front National à Lyon.
Il y a des mots qui tuent. La preuve en a été faite six millions de fois pendant la Shoa. Ne vous rendez pas complice des mots de la haine qui, depuis le déclenchement de l'Intifada El Aktsa en octobre dernier, ont tué et continuent à tuer chaque jour des victimes innocentes tant israéliennes que palestiniennes.
Le maire de Poitiers, ville-symbole de l'affrontement entre occident chrétien et orient musulman il y a près de 1300 ans, a sûrement mieux a faire pour tenter de rétablir le dialogue entre Juifs et Musulmans que d'essayer de décourager la venue du représentant d'Israël, ne serait-ce que pour des questions de sécurité.
Étant un homme de religion, et non seulement un historien, je sais que seul Dieu peut sonder les cœurs et les ames, et j'accepte donc la sincérité de votre explication qui, encore une fois, ne me parait pas cependant excuser totalement votre attitude. J'appelle donc a une suspension de la campagne contre votre ville que j'avais déclenchée.
Salutations et vœux de Paix de Jérusalem Rabbin Alain Michel, docteur en histoire.

Lettre ouverte au Maire de Poitiers,
Le 3 mai 2001
Rabbin Alain Michel
Docteur en histoire
Jérusalem

Monsieur,

Je viens de prendre connaissance par la presse de votre comportement vis-à-vis de l'ambassade d'Israël, en tentant d'empêcher la venue d'un de ses représentants a la remise de médaille des justes qui doit avoir lieu dans votre ville. Cette attitude inqualifiable montre a quel point l'antisémitisme peut resurgir facilement sous couvert de défense d'un peuple soi-disant opprime. Loin de moi de penser que le peuple palestinien n'a pas des droits également, et la plus grande partie de sa population se trouve effectivement dans une situation difficile. Mais les responsables de cette situation se trouve avant tout parmi ses dirigeants, et notamment Yasser Arafat, qui ont choisi comme stratégie politique la violence. Comment pouvez vous, dans le contexte justement d'un événement lie a la Shoa, reprocher au peuple d'Israël de se défendre contre les agressions dont il est victime? En faisant cela, vous vous associez moralement a tous ceux qui n'ont rien fait pendant la seconde guerre mondiale, y compris d'ailleurs les autorités de votre propre ville, pour empêcher le massacre de près de 6 millions de Juifs. Plus que cela, en encourageant ainsi le terrorisme et l'intransigeance de l'OLP, vous condamnez le seul Etat démocratique de la région et vous vous rangez du cote des dictatures racistes et néo-fascistes telle qu'est, malheureusement, l'autorité palestinienne.
Puisque vous ne voulez pas de représentant de l'État d'Israël dans votre ville, je pense que les Juifs doivent en tirer les conséquences. J'appelle donc a un boycott du Futuroscope tant que la ville de Poitiers n'aura pas présenté publiquement ses excuses pour son attitude d'aujourd'hui, qui montre que le Vichysme n'a toujours pas disparu.
Cette lettre est adresse en plusieurs centaines d'exemplaires sur Internet, et reproduite ensuite a des milliers d'exemplaires. Elle sera également traduite en anglais afin que vos visiteurs américains sachent à qui ils donnent leur argent lorsqu'il viennent au Futuroscope. Bien entendu, si vous avez des explications ou des regrets quant a votre attitude, je les diffuserai par le même canal.
Sincères non salutations,

Rabbin Alain Michel, docteur en histoire.
Jérusalem