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Le 8 janvier 2001.

Monsieur Claude Salomon LAGRANGE, psychosociologue,

A FRANCE INFO,

A Monsieur Frédéric BARRERE, correspondant de FRANCE INFO à GAZA,

 

Ecoutant la fréquence de FRANCE INFO, comme je le fais encore — mais pour combien de temps  — assez fréquemment, j’entends depuis ce lundi matin, " en boucle ", un reportage réalisé par vous pour votre radio, sur la bande de Gaza.

Je vous cite très précisément (l’intérêt de la boucle, c’est bien de pénétrer l’esprit), les caractères en gras sont de mon fait : " Gaza est coupée en trois, la population n’a plus le droit de se déplacer. Parfois, l’armée israélienne ouvre un barrage pendant deux heures le matin et l’après midi, c’est l’anarchie, la police palestinienne fait ce qu’elle peut pour contenir les voitures … " " Personne ne passe à pied, ni même les chiens, les soldats israéliens tirent aussi sur les chiens … " " L’armée israélienne paralyse Gaza par mesure de sécurité, pour protéger les colonies. Les maisons palestiniennes trop proches des barbelés sont rasées, les arbres arrachés par les bulldozers, sauf les palmiers "

Vous faites ensuite parler un habitant de Gaza qui affirme " qu’ils prennent (les palmiers) pour les planter dans les coloniesC’est une armée de barbares qui se trouvent dans la bande de Gaza. "

Puis, vous concluez : " l’armée israélienne est sans pitié, méprisante, cruelle, elle humilie la population. A Gaza, les soldats israéliens traitent mieux les palmiers que les chiens, ils traitent mieux les palmiers que les gens. "

Que l’armée israélienne recourre à des barrages pour des raisons de sécurité, c’est évident. Et légitime du point de vue de sa protection. Que pour ce faire, elle arrache des palmiers qui servent de paravent pour des terroristes en embuscade, c’est probable. Qu’elle détruise certaines des habitations servant de refuge à des tireurs embusqués, c’est aussi probable, mais vérifiez vos sources, les chiffres que vous avancez sont fantaisistes.

Tout cela est malheureux, évidemment, et doit imputé, pour l’essentiel, aux folles menées terroristes de l’Autorité palestinienne qui prend la population arabe en otage. Comme la population israélienne, aussi, par ailleurs.

Ainsi, pour mieux pénétrer les défenses de l’auditoire, à des éléments de réalité plausibles (l’armée israélienne ouvre un barrage), vous accolez un message falsifié : c’est de la technique de conditionnement. Vous " jouez " perversement de cette façon entre le mélange du vrai et du faux, l’un servant à valider l’autre. Et vous pouvez alors alléguer que :

- " Personne ne passe à pied, ni même les chiens, les soldats israéliens tirent aussi sur les chiens … " Vous quittez le registre de l’information pour manipuler l’excrément, M. F. BARRERE.

- " Ils les prennent pour les planter dans les colonies … C’est une armée de barbares qui se trouvent dans la bande de Gaza " : le procédé qui consiste à faire parler un témoin pour ne pas avoir, dans un premier temps, à assumer sa position, et l’utiliser comme appui est une technique grossière. Et vous avez oublié un qualificatif M. F. BARRERE : les Israéliens sont voleurs, " ils prennent les palmiers … "

- " L’armée israélienne est sans pitié, méprisante, cruelle, elle humilie la population. A Gaza, les soldats israéliens traitent mieux les palmiers que les chiens, ils traitent mieux les palmiers que les gens " : à défaut d’une parole honnête, vous sombrez dans la coprolalie, M. F. BARRERE.

L’invention de toutes pièces, du seul fait de ce mécanisme, peut créer un sentiment d’évidence chez l’auditeur qui ne disposerait pas de sources contradictoires. Cette technique crée l’impression que ce qui est dit, en faisant appel à l’indignation a, quelque part, un fondement pour provoquer comme une sorte d’abandon de la conscience critique de l’auditoire.

Votre reportage est construit. Il a un objectif qui n’est pas du tout celui d’informer. L’arrière-pensée n’est évidemment pas argumentée en tant que telle. Elle passe en fraude.

Pour qui connaît la réalité sur place, ce que vous rapportez, M. F. BARRERE, n’a pas grand chose à voir avec les faits.

Vous profitez de la tribune de FRANCE INFO pour avancer masqué, afin de mieux insinuer votre intox.

A moins qu’il faille admettre que, dorénavant, et de manière accentuée depuis le début du déclenchement de la " spontanéité calculée de l’Intifada ", FRANCE INFO, en tant qu’institution, a renoncé à sa mission d’informer honnêtement ses auditeurs en cautionnant de telles dérives, perdant ainsi tout crédit. Faut-il vous nommer désormais " France INTOX " 

Je pourrais aller plus loin dans l’analyse du style, des faits d’accumulation, et autres procédés enchevêtrés. Mais à quoi bon 

Les mots choisis par vous dans votre reportage, je vous le concède, ne le sont pas au hasard. Ils relèvent d’une stratégie du mensonge et d’une intention de nuire.

Vous avez bien sûr le droit d’être partisan, et non objectif dans vos reportages, tout comme un chacun. Mais pour autant, pouvez-vous vous laisser aller à régresser à un tel stade, sur une radio du service public de surcroît, en mentant de manière aussi vulgaire. En étant aussi malhonnête. En procédant de manière aussi perverse.

Je constate que vous avez des références, donc votre discours ne peut être, totalement, attribué à l’ignorance. Mais quoi de plus redoutables que des sots savants quand leur pseudo savoir est mis au service du mal.

A défaut de pratiquer un journalisme intègre visant à instruire l’auditoire de FRANCE INFO, vous semblez connaître les subtils procédés de la manipulation que vous mettez en pratique, délibérément, mais grossièrement. Certes, souvent, plus " c’est gros, plus ça passe ", mais là vous forcez la mesure, M. F. BARRERE, ça coince.

Pour vous, apparemment, la fin justifie les moyens les plus abjects pour faire passer pour une information sûre et vérifiée, des informations fausses et manipulées.

Ainsi, le système de " pensée " qui semble prévaloir à votre commentaire, peut-être qualifié d’une certaine manière de pervers au sens où il utilise la plupart des processus que l’on retrouve en psychopathologie comme spécifiques de la perversion : absence d’Ethique, refus, déni ou réinterprétation quasi hallucinatoire de la réalité en mobilisant toute l’énergie négative pour contraindre le plus grand monde — le public — à être complice de votre vision des choses, afin de leur faire adopter un type de délire selon soi, et de transformer les conséquences de votre méfait en un véritable objet de satisfaction.

Pour ne pas dire de jouissance. Car il semble bien que l’anti Judaïsme … Non, excusez-moi, vous n’êtes probablement pas anti Juif. Mais " simplement " anti israélien ...

Il y a quelque chose qui suinte dans votre reportage qui n’est pas que le simple effet qu’une déformation d’une information.

La manipulation que vous pratiquez est une forme de (dé) négationnisme, furtif, continué par d’autres moyens, inavoués et dissimulés sous une parole manipulée aux effets dévastateurs. Je ne vous apprends rien, n’est-ce pas  Vous prétendez à l’expertise en la matière.

Par manipulation, j’entends une action violente et contraignante qui paralyse le jugement et prive de liberté de conscience les auditeurs qui y sont soumis. Votre pratique corrompt la cause de ceux (les Palestiniens) que vous prétendez défendre, car s’ils ont, eux aussi, besoin de compassion et de justice, jamais l’ignominie de votre méthode ne se justifie. Car, entre nous, les Palestiniens, vous n’en avez cure. Votre soutien simulé dans vos propos équivaut à la potence qui retient la corde qui soutien le pendu. Les rôles étant par vous déjà attribués, n’est-ce pas 

Votre pratique est déshonorante et disqualifiante. Mais pour recourir à de telles pratiques, sans doute ne faut-il pas être doué d’un grand sens de l’honneur.

Vous dire que cette façon de faire qui est comme une deuxième nature chez certains journalistes, dont vous êtes, et qu’elle est ruineuse pour la démocratie est sans doute le dernier de vos soucis.

La nature de votre commentaire manipulé est non seulement une violence faite au public, mais aussi sur la fonction de la Parole en tant que telle qui constitue le pilier central de la démocratie. Une démocratie bien malmenée ces temps-ci et qui laisse en son sein se développer autre chose qu’une parole démocratique : une parole totalitaire. Vous en savez quelque chose, aussi, puisque vous en abusez à travers le type de jouranalisme que vous pratiquez.

 

Veuillez croire, Monsieur, en l’expression de toute la considération que m’inspire votre pratique.

NB : je vous informe de mon intention de faire paraître mon courrier sur des sites de lutte contre la désinformation.