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Albert Capino réagit ...


Pouce, on avait dit pouce !
L'Autorité palestinienne rend Israël responsable de la rupture de la trêve.
25.08.2003
Au lendemain de l’attentat suicide exécuté et revendiqué par le Hamas le 19 août dernier, qui a fait 20 morts parmi les civils israéliens dont 6 enfants et 3 nourrissons et 127 blessés dont 40 enfants, Israël avait décidé de laisser un « temps de latence » aux Palestiniens pour réagir et leur permettre de réprimer les auteurs de l’attentat.

Les médias, tels que les agences de presse Reuters ou le quotidien français « Le Monde » n’ont pas considéré toutefois que cet ignoble attentat marquait une rupture de la « trêve » de la part des factions radicales qui l’avaient décrétée le 29 juin dernier.

Il faut en effet attendre le jeudi 21 août pour que ces médias annoncent que la trêve est « définitivement morte » et que c’est Israël qui l’aurait tuée, en tirant plusieurs missiles depuis un hélicoptère entraînant la mort d'Ismaïl Abou Chanab, dirigeant du Hamas, présenté au public comme “ un père de famille, modéré et ingénieur diplômé d’une Université américaine”.

Cela le rendrait-il incapable de commanditer ou d’exécuter des massacres ? En quoi devrait-ce être antinomique avec une pulsion de mort ? Raed Abdel-Hamed Mesk, qui s’est fait sauter le 19 août au milieu de ces femmes enfants et bébés dans un bus à Jérusalem, était lui-même père de famille et imam dans une mosquée !

Singulière hémiplégie de la vision dont souffrent nos diffuseurs de l’information, détenteurs auto-proclamés de la vérité. Ils s’arrogent le droit de nous l’asséner de manière partiale et partielle, selon des critères qui leurs sont propres. Pour France 2 par exemple, les enfants israéliens victimes d’une indicible barbarie deviennent des « personnes ».

Reuters utilise la même désignation pour les assassins et, tout en s’interdisant de porter des jugements de valeur, stigmatise Israël sur la base des dépêches qui leur parviennent directement de source palestinienne, sans recoupement ou vérification ! Les commanditaires d’assassinats de masse n’en sont pas moins affublés de leur titre, comme les “Docteurs” (Rantissi) “Chefs spirituels” (Yassine), “Ingénieurs” ou encore “Pères de famille” (Chanab), quand ils ne sont pas “Président-légitimement-élu-du-peuple-palestinien” (Arafat).

Et Idi Amin Dada, le « Docteur-Maréchal-Président-à-vie », serait-il devenu un ange du paradis depuis son décès, le 16 août ?

Mais ça n’est pas tout.

On atteint le summum de l’absurde avec « Le Monde », où l’on peut lire que « L'Autorité palestinienne venait d'interdire tout acte hostile à Israël. », pour mieux dénoncer le raid israélien sur Gaza qui a fait 4 victimes parmi les « Brigades Ezzedine Al-Qassam », responsables de nombreux attentats meurtriers en Israël.

On avait dit pouce !

Non seulement Israël est qualifié d’assassin par ces médias, eux qui se sont fixés comme règle de ne jamais utiliser le terme “terroristes” pour désigner les « activistes » et pour lesquels des assassins en puissance sont des « personnes », mais encore l’Etat hébreu est-il accusé de « non-respect des règles », dans la mesure où il violerait la trêve !

Oui, bon, d’accord, les factions radicales palestiniennes ont rompu la trêve, ont commis des atrocités, tué et mutilé de jeunes civils, des vieillards, des femmes enceintes, des enfants, des bébés, rallumé la violence, mais... Elles avaient dit pouce !

Rantissi (le bon docteur du Hamas) a beau déclarer que « les rues de Tel-Aviv, de Haïfa et de Jérusalem se rempliront de sang » et utiliser les attentats comme argument de négociation: « Quand nous les contacterons (les Israéliens) par des opérations-suicides ils parleront différemment »: pour le Hamas et pour Arafat ce sont les Israéliens les responsables.
Rantissi persiste et signe: « Les sionistes ont tué le cessez-le-feu. Nous invitons toutes nos cellules de combattants en Palestine à frapper dans chaque coin de l'Etat juif ».

Les médias reprennent donc la rhétorique palestinienne, celle placée sous l’autorité d’Arafat, en inversant la réalité et la chronologie des faits, et en se faisant l’écho du rejet de la responsabilité des violences sur Israël.

Arafat tente de paralyser son Premier ministre et son Chef de la Sécurité, qui ont tous deux exprimé leur volonté de s’attaquer aux structures terroristes. Il est parfaitement conscient du fait que les Israéliens ne resteront pas les bras croisés, ce qui lui permet de les accuser d’escalade, en même temps qu’il bride Abbas et Dahlan qu’il désigne à leur tour comme collaborateurs et traîtres.

Accessoirement, Arafat a décidé d’une mesure d’urgence concernant une vingtaine de membres des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa qui avaient été mis aux arrêts le 2 août sous la pression des Etats Unis. L’Autorité palestinienne, qui s’était engagée à les transférer à Jéricho a fait marche arrière, sous la pression du Fatah, mouvement dont elles sont le “bras armé”.
La vingtaine de terroristes activement recherchés par Israël pour leur implication dans la préparation et l’exécution d’attentats contre des civils, à qui Arafat avait donné refuge dans ses propres locaux à Ramallah, ont donc quitté vendredi dernier – en catimini – son quartier général de la Muqata’a, dans la crainte d'un raid israélien. Arafat nous refait le coup des 13 exfiltrés vers Chypre après la crise de Bethléhem, mais plus ‘discretos’ cette fois.

Arafat, obsédé par ses lubies, ne parvient même plus à cacher sa duplicité: il ne poursuit ni même ne freine le Hamas, pas plus que le Jihad islamique. Au contraire: il met des bâtons dans les roues de ceux qui voudraient agir contre leurs infrastructures. Il tente aussi de diviser pour régner, en exigeant de son Premier ministre le départ du responsable de la Sécurité, Mohamed Dahlan, au profit de l’un de ses fidèles (on parle de Jibril Rajoub, après avoir évoqué Nasser Youssouf). Puis il en appelle à la médiation internationale en poussant des cris d’orfraie et accuse les Israéliens de ne « pas favoriser un climat propice à une retour au calme, alors que l’Autorité palestinienne ‘venait d’interdire’ tout acte hostile à Israël ».

À ce train, nul besoin de s’étonner si, dans le jeu de cartes qui circule depuis peu, représentant les principaux responsables du terrorisme palestinien à l’instar de celui qui est diffusé en Irak, Yassine le « Chef spirituel du Hamas » est l’as de cœur et Arafat apparaît sur la carte du « fou ».

Qu’Arafat manœuvre ainsi en toute connaissance de cause, dans l’espoir de reprendre la main, on l’aura compris. Mais les médias...
Nos “journalistes présumés” chercheraient-ils également à figurer sur un “trombinoscope” à 52 cartes ? Succès assuré !

Albert Capino


Les neiges de Ramallah

24.08.2003 - Noël en plein mois d’août ? C’est ce que semble vouloir nous faire croire petit Paparafat. Est-ce la perspective du gel de ses comptes qui le pousse à nous concocter cette légende ? Toujours est-il qu’au Moyen Orient, les comptes et légendes vont bon train.

Oui, les “comptes” comme dans les banques, comme dans un calcul.

La stratégie d’Arafat est claire : relégué dans une position de repli depuis vingt mois, il souffle tour à tour le chaud et le froid.

Ayant nommé Mahmoud Abbas au poste de Premier ministre tout en gardant le contrôle en sous-main sur les négociations avec Israël, il lâche ses « shahids » comme des jetons sur une table de poker. Il pousse son avantage dans les périodes d'accalmie, certain que les Israéliens auront à cœur de faire des concessions, pourvu que les attentats cessent et que les Américains, soucieux de faire avancer leur « feuille de route », lui lâcheront un moment les baskets, le temps pour lui de tenter de reprendre la main.

Ses séjours passés à Bethléhem pour la messe de minuit retransmise par CNN l’auront vraisemblablement conforté dans l’idée qu’il peut nous faire croire aux miracles.

« Nous sommes prêts à désarmer les groupes palestiniens radicaux, à prévenir des attentats anti-israéliens, à fermer certaines institutions liées au Hamas et au Djihad islamique, à contrôler leurs comptes bancaires et à prendre d'autres mesures restrictives. »

Oui mais il y a un hic : cette déclaration apparemment constructive s’accompagne d’une exigence simultanée envers les Américains d’intervenir afin qu’Israël mette fin à ses opérations militaires, préalablement à toute répression des mouvements radicaux.

La manœuvre d’Arafat fait d’une pierre (pardonnez l’image) deux coups :
1- elle place son Premier ministre dans une situation où il doit faire le grand écart entre ses promesses aux Israéliens et sa crédibilité vis à vis des Palestiniens
2- elle cherche à faire admettre que cette répression ne pourra s’effectuer que « si Israël met fin à ses opérations dans les territoires palestiniens ».

Ceci après que son Premier ministre se soit engagé à réprimer les mouvements radicaux à la suite de l’attentat meurtrier contre des civils israéliens qui a fait 20 morts – dont six enfants et trois nourrissons – et 127 blessés dont une quarantaine d’enfants.

Tactique issue de l’OLP devenue classique, où Arafat envoie des commandos suicide, condamne les attentats, promet de sévir, ne fait rien, attend que l’armée israélienne vienne faire le “sale boulot”, condamne à nouveau, en appelle à la communauté internationale pour intervenir et paralyse ses collaborateurs en les discréditant, espérant ainsi rejaillir comme l’interlocuteur incontournable.

Cette stratégie est à présent étendue aux Américains pour tenter de les ébranler, à travers des groupes islamistes qui servent de relais.

Les points sensibles sont visés pour bien faire monter la pression. On appuie où ça fait mal : les soldats US, l’Ambassade de Jordanie, le siège de l’ONU en Irak, de manière à faire monter les enchères. La concomitance des événements ne doit rien au hasard. Le message est plus particulièrement destiné au Département d’Etat américain, pressé de montrer aux yeux du monde sa volonté de « stabiliser » la situation en Irak et de parvenir à un règlement global à travers la « feuille de route ». Il tient en ces mots: “je peux faire cesser tout cela si vous me faites confiance. En ce cas j’interviendrai mais avant tout, il vous faudra faire pression sur Israël afin qu’il cesse ses opérations, et se retire.”

Je ne veux pas préjuger des intentions de Mahmoud Abbas ou des Américains, mais je crois pouvoir dire que la mèche a fait long feu.

Si Abbas lâche le morceau, il est perdu. Ç’en serait fini de son avenir politique, de celui d’une société civile palestinienne appelée à prospérer dans un futur Etat en paix avec ses voisins. Sa dernière chance consiste à prendre le risque de démanteler les infrastructures terroristes sans conditions préalables. Il en a les moyens.

Quant aux Américains, les leçons du 11 septembre semblent avoir porté : l’Administration Bush a décidé vendredi dernier de geler les avoirs de six hauts responsables du Hamas et de cinq associations d'aide aux Palestiniens basées en Europe, accusées de récolter des fonds pour le mouvement extrémiste palestinien.

J’ai l’espoir qu’ils préféreront tenir bon et ne pas céder au bluff du « reclus de Ramallah » comme l’appellent ses supporters, ce pivot de la stratégie de « terreur globale » qui utilise le terrorisme comme monnaie d’échange à la table des négociations.

L’image de ce guérillero de pacotille s’effrite au rythme accéléré des transferts bancaires qu’il effectue pour préparer son exil doré.

Tel un vieux despote déchu, il n’est nullement à plaindre. Son plan de retraite est assuré : une somptueuse villa en Tunisie, des comptes en banque bien gras disséminés un peu partout et, même s’il n’a pas pu accomplir son rêve obsessionnel d’une « Palestine de la mer au Jourdain », il entrera dans l’histoire – aux côtés de Khomeyni – comme l’un des hommes qui aura sacrifié le plus de vies humaines de son propre peuple sur l’autel de sa mégalomanie.

Injuste ? Certes. Mais la mémoire humaine est bien courte et s'accommode de nombreuses injustices, à l’image d’un Idi Amin Dada mort en Arabie saoudite, 16 ans après avoir fui l’Ouganda qu’il avait mis à feu et à sang.

Alors, si c’est pour la bonne cause, pour aider un peuple à retrouver ses marques, une région à recouvrer la paix et le monde la tranquillité, ne serait-il pas temps que l’on éjecte « le fou » de cette gigantesque partie d’échecs ?

Celui qui voudrait nous faire croire qu’il neige au mois d’août ?

Albert Capino


3e volet des « Finances de l’AP »
Le « système » Fatah ou la mafia proche-orientale
18.08.2003

Pour bien comprendre les implications de la nomenclature du Fatah – le parti de Yasser Arafat – il faut en analyser les rouages.

Le parti fonctionne de manière très voisine aux « familles » de la mafia, avec ses cellules, ses subdivisions hiérarchiques et géographiques et sa distribution des rôles.

A chacun son boulot, depuis le nervi chargé d’intimider les récalcitrants jusqu’au « capo » régnant en maître sur toute une famille et une région. Même s’ils bénéficient d’une certaine autonomie, tous « en répondent » devant leur supérieur, jusqu’au « capo dei tutti capi », j’ai nommé Yasser Arafat.

Je dois à la vérité de préciser qu’Arafat, de son vrai nom Mohammed Yasser Abdul-Ra'ouf Qudwa Al-Husseini, n’est Palestinien que d’adoption, puisqu’Egyptien né à Gaza (alors en territoire égyptien) le 24 août 1929. Ce n’est qu’en 1958, lorsqu’il quitte l’Egypte pour le Koweït qu’il envisage de créer les fondements d’une organisation politique à vocation criminelle, le Fatah, qui aboutira à maturation en 1964 pour aboutir à l’OLP l’année suivante.

Les « Brigades des martyrs Al-Aqsa » sont les plus virulents parmi les 11 sections de “garde rapprochée” sur les 17 qui constituaient anciennement les « services de sécurité » du « Raïs » palestinien.

Yasser a nommé son frère, le Dr. Fathi Arafat à la tête du Croissant Rouge Palestinien, chargé de “verouiller” tout le secteur “humanitaire” et collecter ainsi l’aide internationale qui lui est destinée.

Les « Brigades » bénéficient de super-privilèges. Ils se promènent partout armés, peuvent à tout moment rançonner, enlever, séquestrer et exécuter sans autre forme de procès toute personne qu’ils soupçonneraient de « collaboration » avec Israël.

Chaque grande ville palestinienne a son chef local des « brigades », comme Saed Fayed qui règne en « Don » sur la ville de Kalkilya, entouré de ses « militants » armés et masqués.

Le Fatah possède aussi des ramifications a l’extérieur. Nombreuses sont les opérations qui ont nécessité la participation – active ou passive – de groupes à l’étranger: IRA irlandaise, Armée Rouge japonaise (Rengo Sekigun), ETA basque (Euzkadi Ta Askatasuna), services Syriens, Libyens, Irakiens, Iraniens, mais aussi plus récemment le Hezbollah et le réseau Al-Qaïda.
Même si les opérations terroristes en Europe ont été provisoirement délaissées au profit d’actions “sur le terrain” jugées plus productives, les réseaux étrangers n’en restent pas moins dormants et rendent de nombreux services. On procède à des échanges de bons procédés, planques, fourniture de logistique sur place, camps d’entraînement, bases arrière.


Racket, extorsion de fonds

Pratiquement tous les commerces dans les territoires sous contrôle de l’AP, des plus petits jusqu’aux industries, sont soumis à la « redevance » d’1,5% du Fatah. Pour les fortes têtes, on envoie les « encaisseurs » qui ôtent toute envie de recommencer.

Terreur

Les mêmes recettes que dans la mafia sont utilisées aux fins d’intimidation : destruction du matériel, incendie des locaux, pressions sur les membres de la famille, enlèvements et exécutions.

Exploitation des enfants

Les enfants sont conditionnés dès leur plus jeune âge. Des vidéos extraites de la télévision palestinienne nous montrent comment des enfants de 3 à 10 ans sont encouragés dans des jeux de rôle visant à leur inculquer la haine de leurs voisins et les inciter à « mourir en martyrs ». A défaut, ils seront récupérés pour de basses besognes.
Des rafles, par exemple, ont lieu régulièrement, à l’issue desquelles des enfants de 10 à 15 ans sont déposés devant les lignes de Tanzim qui harcèlent les soldats de Tsahal pour leur jeter des pierres. Les enfants servent ainsi de boucliers et sont systématiquement exploités devant les médias dès lors qu’ils sont blessés ou tués pour choquer l’opinion publique et jeter l’opprobre sur la partie adverse.

Trafics : Drogue

C’est une des sources de revenus importantes du Fatah. La matière première vient essentiellement du Liban et alimente les circuits internes mais surtout l’exportation qui finance –entre autres - l’achat d’armes.

Voitures volées

C’est un trafic important : la police palestinienne a récemment saisi et détruit 200 voitures volées, appartenant... aux cadres du Fatah et de l’Autorité palestinienne !

Corruption

C’est la plus vielle méthode et la plus efficace. En trois phases, comment réduire à l’esclavage moral n’importe quel fonctionnaire :

  1. compromission
  2. demande de “services”
  3. chantage, menaces et soumission

Bien souvent, c’est le moyen utilisé pour accéder à des biens ou des services impossibles à obtenir autrement, tels que des armes en provenance de pays ennemis sur le terrain.

Armes

De provenance très diverses, aussi variées que l’Iran (épisode du Karine A), l’Egypte (à travers les tunnels de Rafah), d’Europe (Herstal/Belgique, SIG/Suisse), mais aussi d’Israël !

Fraude-escroquerie

La forme la plus répandue de fraude au Fatah est le détournement de fonds. Issus des aides internationales destinées aux populations, mais aussi des taxes, des monopoles tels que les carburants, de la manipulation de marchés publics sans oublier le blanchiment d’argent à travers les hôtels, les restaurants et les casinos (Jéricho). La fausse monnaie est également utilisée, ainsi que l’attestent les saisies opérées par l’armée israélienne lors de raids, en particulier celui à la Muqata’a – le quartier général d’Arafat - en avril 2002.

Elle a été abondamment utilisée dans “l’achat” en espèces de voitures d’occasion, mais elle a également servi à l’achat de fertilisants, détournés de leur usage initial pour être employés comme explosifs retrouvés sur les « bombes humaines » qui se sont faites sauter dans la foule de civils israéliens.

Environnement

Des programmes conçus par des compagnies françaises d’assainissement des eaux, il ne reste que les études. Les fonds destinés à les financer ont depuis belle lurette disparu dans les caisses du Fatah, qui préfère laisser les égouts à ciel ouvert, les décharges sauvages et les eaux usées se déverser directement dans les fleuves.


Mais enfin, n’y a-t-il personne pour résister, s’insurger ?

Si, il y en a. Un petit noyau dont la témérité n’égale souvent que l’inconscience, tant leur courage mérite d’être souligné. Ils risquent à tout moment une exécution sommaire en pleine rue, après avoir été traînés dans toute la ville attachés à l’arrière d’un 4x4 avec un écriteau « collaborateur » autour du cou et suspendus en place publique à un croc de boucher avant d’être achevés d’une balle dans la nuque.



D’autres questions ?

Albert Capino

Note : voici la liste extraite des « 40 recommandations » du GAFI (Groupe d’Action Financière sur le blanchiment des capitaux), organisme basé à Paris, chargé de la lutte contre “l’argent sale”. Il s’agit de la section « catégories désignées d’infractions ».

Question : ont-ils fait un copier-coller sur les activités du Fatah pour constituer leur liste ?
Sinon, c’est un sans-faute: elles y sont TOUTES ! Une véritable qualification ISO 9002...


On entend par « catégories désignées d’infractions » :
la participation à un groupe criminel organisé et à un racket ;
le terrorisme, y compris son financement ;
la traite d’êtres humains et le trafic illicite de migrants ;
l’exploitation sexuelle, y compris celle des enfants ;
le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes ;
le trafic d’armes ;
le trafic illicite de biens volés et autres biens;
la corruption ;
la fraude et escroquerie;
la contrefaçon de monnaie ;
la contrefaçon et le piratage de produits ;
les crimes contre l’environnement ;
les meurtres et les blessures corporelles graves ;
l’enlèvement, la séquestration et la prise d’otages ;
le vol ;
la contrebande ;
l’extorsion ;
le faux ;
la piraterie ;
les délits d’initiés et la manipulation de marchés.


Les finances de l’Autorité palestinienne
17.08.2003

2ème partie: la “pompe à fric” compromet la paix

Aucune mafia, aucun souverain corrompu, aucun tyran n’a jamais bénéficié dans l’histoire d’une impunité comparable à celle d’Arafat.

Pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des personnes ou organisations nommées jusqu’à présent pour enquêter sur les finances de l’OLP puis de l’AP ont une pierre dans leur jardin et ne sont pas vraiment pressées de voir leurs petits trafics déballés sur la place publique. Le seul souvenir qui subsiste d’Elliott Ness et de ses « Incorruptibles » semble être un feuilleton poussiéreux tourné en noir et blanc dans les années 60 à Hollywood...

"L'argent n'est pas la question", a affirmé, dégoûté, un avocat palestinien; "ce sont nos leaders qui se croient au-dessus de la loi, en bafouant le système". (3)

Mais alors, quid de « L’occupation ? l’humiliation ? les ‘camps de réfugiés’ ? la pauvreté... » ? On nous aurait menti ?

Soyons sérieux : tous ces éléments quotidiennement médiatisés ne font que servir de prétexte à l’état d’indigence et de cruelle misère dans lesquelles une caste de privilégiés, créée à l’aide de fonds détournés, maintient tout un peuple depuis tant d’années. Une partie de ces sommes sert à “dédommager” les familles de ceux qui se font sauter parmi les civils israéliens, ou encore à organiser des manifestations de rue, telles que celles qu’on nous montre régulièrement dans les médias (4). Quand on a faim et une nombreuse familleà nourrir, les dollars distribués pour sacrifier un fils ou crier sa haine l’Israël et des Etats-Unis devant les caméras sont les bienvenus...

L’Union Européenne doit remettre les conclusions de son enquête en décembre prochain. Arafat a plus à craindre des résultats de la commission que des chars de Tsahal. Une course contre la montre est désormais engagée.

« Mieux vaut une mule qui boîte qu’un cheval mort » dit un proverbe indien. Mahmoud Abbas a jusqu’à la fin de l’année pour faire ses preuves et reprendre les rênes. Difficile quand on sait que le principal « conseiller » et porteur de valises d’Arafat, Nabil Abou Rdainah, veille au grain et guigne la succession du « Raïs » vieillissant.

Il est omniprésent, depuis la déclaration qui faisait suite aux attentats du 11 septembre. Membre du comité exécutif de l’OLP, proche conseiller d’Arafat, Nabil Abou Rdainah est devenu, imperceptiblement, inéluctablement, une des figures de proue de l’Autorité palestinienne. Il participe à toutes les réunions importantes, révise tous les discours, définit la ligne et rattrape Arafat à chaque fois que celui-ci trébuche verbalement. Mieux : on a l’impression qu’il susurre à l’oreille du leader à moitié gâteux ce qu’il a à dire.

Récemment, c’est lui qui a annoncé les “réserves” du “vieux” à quitter Ramallah, autorisé à aller se recueillir sur la tombe de sa sœur enterrée à Gaza, mais préférant y renoncer tant que la communauté internationale ne garantirait pas son retour. Un malin Rdainah. Il tente de cette façon d’exploiter le “quaretette” pour obtenir un retour d’influence de la sphère Arafat dont il fait partie sur la scène internationale et affaiblir ainsi Mahmoud Abbas...

Une lutte sans merci a commencé pour le pouvoir, avec des sommes colossales à la clef.

Salaam Fayyad, Ministre des Finances palestinien et proche d’Arafat, a consolidé les finances de l’AP de manière à ce qu’elles soient entièrement sous son contrôle. En février dernier, il a fait établir un premier rapport annuel, sous la supervision de Standard & Poors, sur dix des affaires que possède l’AP, alors contrôlées par Arafat. Fayyad a réuni celles-ci et d’autres intérêts dans un FCP (fonds commun de placement), intitulé « Palestine Investment Fund », dont il est le Président et Mohammed Rashid – « conseiller financier » d’Arafat - le gestionnaire. (5)

Le fonds comprend une participation de 23% dans le casino de Jéricho (évalué à 28,5 millions de dollars), 20% d’une compagnie de télécoms tunisienne (50 millions de dollars), 13 comptes affichant un crédit estimé à 73 millions de dollars, ainsi qu’une firme valant 55 millions de dollars, contrôlant les achats de la plupart du ciment importé dans les territoires: l’Intifada fait ainsi gagner de l’argent grâce à la reconstruction... Il n’y a décidément pas de petits profits !

À la demande de Fayyad, Standard & Poors évalue à présent la cinquantaine d’autres avoirs faisant partie du fonds, comprenant aussi un monopole sur les carburants, réputé produire un bénéfice net d’un million de dollars par mois. Pour avoir une idée de la valeur des revenus issus du pétrole, les taxes à elles seules on rapporté 500 millions de dollars entre 1996 et 2000, toutes versées sur un compte particulier géré par Arafat et Rashid.

Tout cela a donné à Arafat par le passé la latitude de créer un secteur public pour son usage privé, constitué de 125.000 personnes, consommant pour 660 millions de dollars, soit la moitié du budget annuel de l’AP. Cela comprend 240 millions pour financer une force de sécurité forte de 53.000 agents, membres du Fatah pour la plupart, parti d’Arafat qui recevait aussi une « redevance » de 1,5%.

Du passé, tout cela ? Voire: Fayyad déclare faire tout son possible pour remplacer les paiements en espèces et créer des pièces comptables de manière à gêner les cadres qui se sucreraient un peu trop. Mais les chefs de la Sécurité s’y opposent vigoureusement et freinent ces réformes des quatre fers.

En dépit de tous ces efforts, Arafat continue à tenir des cordons de la bourse. Le budget de son Cabinet pour cette année est de 74 millions de dollars, bien que Fayyad soit prompt à ajouter qu’il sera étroitement surveillé par un officiel du Ministère des finances et des comptables engagés à cet effet.

De récents mouvements indiquent toutefois qu’Arafat accélère les transferts bancaires à l’étranger. Serait-ce en vue de préparer un exil prochain dont il ferait porter la responsabilité aux Israéliens ? Fort possible...

Pour ceux qui s’étonnent à quel point Arafat a la « baraka » et des moyens engagés de toutes parts pour le garder en vie, un membre du Conseil Législatif Palestinien, Azmi Shuaibi, apporte une explication, limpide: "Nous craignons que si quelque chose devait arriver à Arafat, nous risquerions de perdre la trace d’où l’argent se trouve."

Fayyad, diplômé de l’Université du Texas, manie en expert la « pompe à fric » servant à alimenter les fonds de l’Autorité palestinienne. Une pompe qui aspire par un tuyau ce qu’elle injecte dans un autre grâce aux nombreux programmes, aides, associations, contributions et dons, censés soutenir les Palestiniens. Le système des vases communicants en quelque sorte.

Oui mais voilà : manque de pot pour « la Palestine d’en bas », les vases ne communiquent pas en dehors des apparatchiks de l’Autorité palestinienne. Jusqu’à présent, on n’y applique qu’une seule règle : le vase clos.


Albert Capino
Avec Forbes Magazine©, Jerusalem Post© et Miami Herald©


(3) source Jerusalem Post©

(4) Show time : des personnes aussi différentes que Fidel Castro, « Carlos » Illitch Ramirez Sanchez, Arafat ou encore José Bové ont su s’inspirer à merveille d’enseignements dispensés jadis à l’Université marxiste Patrice Lumumba à Moscou. Ils se sont tous bâti une « légende » sur mesure, fabriquée de toutes pièces, basée sur la manipulation du public par les médias à la recherche constante d’images fortes. Arafat, lui, l’a fait pour son plus grand profit personnel.

(5) C’est Mohammed Rashid qui a acquis sous le nom de Khaled Salam, sur ordre d’Arafat, 14 % des actions d’une société de ciment jordanienne, pour le compte de la PSCS (société palestinienne de commerce extérieur), en vue d'accroître le bénéfice des investissements d'Arafat à l'étranger, compte tenu de l'augmentation du prix du ciment suite à la demande croissante pour la reconstruction dans les territoires, notamment en raison de l’Intifada. La transaction – dont le modèle fut largement utilisé au Liban - a été réalisée par l’intermédiaire de son directeur de cabinet au Caire, Ramzi Khouri et du frère de Rashid, homme d’affaires influent dans le Golfe, en mai 2002 (selon un rapport publié au Koweït en juin 2002).
Une procédure de surveillance de “L’Office Of Foreign Assets Control”, spécialement créée pour bloquer les avoirs suspects est actuellement en cours aux Etats Unis.

Je remercie en particulier Nathan Vardi de Forbes Magazine© et Ike Seamans du Miami Herald© pour le précieux éclairage qu’ils apportent sur la recette des confitures et autres vases communicants...


Les finances de l’Autorité palestinienne
16.08.2003
1ère partie: comment on fait les meilleures confitures dans les vieux pots.

D’un côté, Yasser Arafat. 6e fortune mondiale des têtes couronnées (1), gérant une fortune personnelle évaluée à 1,4 milliards de dollars, bâtie sur des détournements allant depuis le racket de pays pétroliers, ponctions sur les taxes reversées par les autorités israéliennes (30 millions de $/mois), jusqu’aux fonds d’aide internationaux :
375 millions de dollars versés par le gouvernement américain au cours de ces deux dernières années, destinés aux associations des Nations Unies et aux organismes d'aide sociale pour les Palestiniens ;
1 milliard de dollars versés par la Ligue Arabe depuis 2000 ;
1.3 milliards de dollars de dons privés l'an dernier ;
1.5 milliards de dollars de l'Union Européenne depuis 1993.

Ces fonds totalisent la plus grosse contribution per capita pour une même destination depuis la Seconde Guerre Mondiale, selon la Banque Mondiale (2).

De l’autre côté, un rapport constate que l’Autorité palestinienne fait face à des problèmes environnementaux qui risquent de se muer en catastrophe écologique, bien au-delà de ses frontières : « Pas de traitement des eaux usées, pas de ramassage des détritus, rien n’est fait pour sauvegarder l’environnement. Les usines de traitement des eaux usées construites sur le territoire de l’AP sont mal conçues et incapables de traiter la quantité d’eau nécessaire. Les égouts se déversent directement dans les fleuves, les nappes phréatiques sont mises en danger pas l’infiltration des eaux polluées et des ordures ménagères qui ne sont pas ramassées. »

La pollution risque de s’accroître très rapidement si rien n est fait a l’intérieur des territoires placés sous la gestion de l’AP. Avant même la seconde Intifada (bientôt trois ans), « seulement un quart de la population palestinienne était desservie par un système de ramassage d’ordures, le reste de la population utilisait des décharges sauvages » indique une étude de l’Université de Haïfa.

« À l’intérieur des territoires , la situation est encore plus préoccupante, mais comme personne n’ose vraiment s’introduire dans les camps et dans les retranchements, cela laisse à penser que ce n’est que la partie visible de l’iceberg. »

L’élaboration d’un système d’épuration ne reviendrait pourtant qu’à environ 300 millions de dollars sur 5 ans, soit même pas un quart des dons privés l’année dernière.

Manque de moyens ? Faute à « l’occupation » ? Pot de terre contre pot de fer ? Plutôt pots-de-vin !

En réalité, le financement n’est pas le problème. C’est une question d’assainissement de la « classe politique ». Elle seule pourrait aboutir à un assainissement écologique, indispensable et urgent.

Une belle occasion pour nos députés « Verts » d’éteindre un incendie écologique qui menace sous leurs yeux. Mais plutôt que de jouer les pompiers, nos écologistes-pyromanes préfèrent la polémique idéologique et « mettre le feu » devant les médias en exigeant la « libre circulation du “leader palestinien démocratiquement élu” confiné dans sa résidence de Ramallah ».

L’Union Européenne, que le député François Zimeray a convaincu de constituer une commission d’enquête, a dépêché sur place un audit, dont les inspecteurs ont découvert que « 20 millions de dollars destinés aux logements sociaux de Gaza ont été détournés vers la construction d'un complexe d'appartements luxueux destinés aux membres du gouvernement ».

Avec un total évalué aujourd’hui à 30 milliards de dollars répartis à l’étranger sur des comptes bancaires, investis dans l’immobilier ou dans l’achat d’armes destinées aux milices privées, jusqu’aux fermes modèles en Grande Bretagne ou des industries électroniques en Amérique du Nord, sans parler des luxueuses villas sur place destinées aux « membres du gouvernement », l’Autorité palestinienne ne manque certes pas de ressources.

Une enquête du Financial World datant de 1989 avait déjà mis en évidence cette fuite crapuleuse de capitaux, chiffrant à 18 milliards de dollars le total des investissements – intérêts cumulés – de l’OLP à l’étranger depuis sa création, en 1964.

Il existe bien sûr un « plan B », prévu de longue date pour le cas où le pot aux roses serait découvert: plutôt que d’admettre qu’ils géraient ces avoirs pour leur propre compte, Yasser Arafat et son frère, le Dr. Fathi Arafat, Président d’honneur du Croissant Rouge palestinien et co-signataire sur les comptes privés à l’étranger, mettraient une partie de leur pactole à disposition de la population, des grands projets, de la santé, de l’éducation, des infrastructures civiles.

Ils balaieraient ainsi les accusations de détournements criminels. Cela leur permettrait même d’obtenir bonne presse auprès de la communauté internationale et de couper l’herbe sous les pieds de leurs détracteurs, en déclarant que tous ces investissements n’auraient été en réalité effectués que pour sauvegarder l’avenir du futur Etat palestinien et servir à la construction de sa société civile.

On se prendrait presque à y rêver. Seulement, cela fait 39 ans que cette monstrueuse gabegie arrose la suite d’Arafat et fait grossir chaque jour son enrichissement personnel sans qu’on ne voie le “plan B” venir...

Plus encore, l’application de ce “plan B” aboutirait à la paix. Ceux des cadres palestiniens qui bénéficient des largesses issues de l’argent détourné verraient alors leurs ressources illicites supprimées. Nombreux sont ceux parmi eux qui voudraient donc faire capoter les négociations en cours et balancent dans ce but des pavés dans la mare absents de la “feuille de route”, comme Nabil Chaath qui remettait hier sur le tapis la “question des réfugiés”.

Demain, 2ème partie.


Albert Capino
Avec Forbes Magazine©, Jerusalem Post© et Miami Herald©


(1) source : le très officiel palmarès du magazine « Forbes©» à la rubrique : « rois, reines et despotes »

(2) source : The Miami Herald©, enquête sur les finances palestiniennes, 25 juillet 2003


Des « journalistes présumés » construisent des murs en tous genres
14.08.2003 – Cette semaine, on aura tout lu... ou presque : du « mur de la honte » au « mur de l’apartheid », en passant par l’AFP qui, dans une dépêche qui ne craint pas le ridicule, préfère fustiger l’aviation israélienne qui « crève le mur du son au dessus des villes libanaises » plutôt que le Hezbollah, activement soutenu par la Syrie et l’Iran, qui tue des civils israéliens – au sens propre cette fois-ci - en bombardant unilatéralement et sans préavis des localités à l’intérieur des frontières du Nord d’Israël.

Les murs défraient décidément la chronique, depuis celle des philosophes communistes dont la cécité a empêché de critiquer celui de Berlin, jusqu’aux Juifs honteux qui préfèrent édifier un mur de mauvaise foi, pour le cas où l’on viendrait leur reprocher leur judéité dans les salons parisiens.

Et c’est Eric Marty, qui est venu remettre les pendules à l’heure, dans une tribune du « Monde » (1). Le même quotidien qui a fait paraître le monument de tartufferie de Balibar et Korn (2). Marty sert ainsi indirectement de caution au journal que dirige JM Colombani, lui permettant d’affirmer qu’il publie – aussi – des points de vue favorables à Israël. Son « bon Juif » en quelque sorte...

Seulement voilà : Juif, Marty ne l’est pas. Pas plus que Guy Milière n’est d’extrême-droite ou que le MRAP ne pratique « l’amitié des peuples » qu’il est censé préconiser. Ainsi que le soulignait un confrère de « Guysen » taxé également de « site extrémiste juif d’extrême droite », le mouvement « contre le racisme » de Mouloud Alounit a brillé par son absence aux 12 heures pour Israël ainsi qu’après le saccage de la synagogue de St Denis (93).

Aux pays des aveugles, les borgnes sont rois, tant il est vrai que le MRAP, à défaut de ne rien voir, choisit de ne distinguer que le racisme anti-arabe (3).

Et il fait apparemment des émules, puisque le magazine « Marianne » affiche cette semaine à la une son dossier sur "Les nouveaux racistes". On lit par curiosité, s’efforçant de trouver où le « Magazine qui se cherche » traite des « Beurs antisémites » annoncés en première de couverture ?

Martine Gozlan y dénonce dix fois dans son article le « racisme » des « extrémistes, nouveaux fachos juifs » mais choisit de survoler superbement les racines d’un phénomène au sujet duquel elle procède à des amalgames des plus douteux.

A toute réaction, il y a une action et si quelques-uns – rarissimes - ont choisi de verser dans l’excès, Mme Gozlan fait de l’analyse bon marché et de la politique de café du commerce. Comme beaucoup de ses « prétendus » confrères, elle lit les titres, copie les plus croustillants et se targue de procéder à une analyse politique en les collant hors de leur contexte. C’est fou comme le traitement de texte a donné des ailes aux paresseux. Martine Gozlan apporte ainsi sa pierre à ce mur... d’incohérence.

La méthode est la même que dans les livres de Meyssan ou d’Éric Laurent – qui écrivait récemment une fiction intitulée « La Guerre des Bush ». Dans leurs livres, ou sur leurs sites, ces mystificateurs prennent des événements réels et en extirpent des indices soigneusement sélectionnés, destinés à être « convaincants ». On apprend ainsi que la tragédie du 11 septembre ne serait en fait qu’une « conspiration sioniste », que le Président américain subirait l’influence « des théoriciens néoconservateurs sur l'élaboration de la politique étrangère » ou encore « de la conspiration de l'extrême droite chrétienne fondamentaliste et sioniste ».

Pour un esprit simple, qui lirait tout cela au premier degré, on fabrique l’image fantasmagorique d'un réseau mondial organisé, échappant à tout contrôle et voulant dominer le monde. Le Centre de Commandement Stratégique du Pentagone prendrait alors l’allure d’une annexe de l’église scientologique et le Président des Etats-Unis celle d’une marionnette des « faucons de Sharon». Quand on connaît le mode de fonctionnement des institutions américaines, cela prête à rire même si, dans un élan sans doute dû à une surconsommation des médias français, l’Elysée et le Quai d’Orsay se risquent parfois à abonder imprudemment dans le sens de ces divagations.

On ne traite pas de la « Question juive » - pour rappeler de mauvais souvenirs – comme on joue avec les mots pour faire vendre un magazine qui a décidément du mal à se trouver. Ce n’est pas en mettant en exergue certains débordements, tout en choisissant d’en ignorer d’autres, qu’on donne une image fidèle de la situation, propice à réveiller les consciences et proposer des solutions. Dans son article, Gozlan mélange tout : les sites qui œuvrent contre la désinformation et ceux qui se défoulent. Elle fustige la violence verbale des « anti-musulmans de sites immondes », tout en minorant la violence physique – bien réelle – des actes à vocation ouvertement antisémite.

Elle préfère un mimétisme coupable à la réalité des faits, pour mieux dénoncer le « bricolage identitaire » de ceux qui « fantasment mais ne supporteraient pas de vivre à Tel-Aviv ».

À la lire, on se demande toutefois qui fantasme le plus. Le credo commun des Oumma.com, CAJPO et autres « Solidarité Palestine » en passant par des ONG et syndicats jusqu’à certains partis politiques, semble en effet être devenu : « Allez tous vivre à Tel-Aviv ! »

N’en déplaise à Martine Gozlan, elle aurait eu beau prendre la défense des cheminots de la SNCF en 1942 et conspuer l’anti-communisme qui régnait alors à leur égard, je ne pense pas pour autant qu’il se serait trouvé la moindre voix pour la traiter « d’extrémiste juive d’extrême-gauche ». Selon les critère nazis, elle n’en aurait pas moins été bonne pour un aller simple vers Auschwitz dans un wagon à bestiaux gracieusement mis à disposition par la Société Nationale des Chemins de Fer.

Que ces juifs “de salon” n’aient pas encore digéré toute la haine d’eux-mêmes ou bien qu’ils la re-dirigent contre leur propre communauté afin de se rendre plus “intégrables” et se dédouaner de tout « communautarisme », cela ne constitue pas pour autant des excuses à leur comportement. Défendre les siens n’est pas forcément un « repli communautaire » et mettre l’accent sur les dérives de la gauche ne signifie pas nécessairement qu’une communauté toute entière choisirait de se rapprocher des idées de l’extrême-droite.

L’antisémitisme n’est, hélas, plus un fantasme en Europe aujourd’hui et si nous avons heureusement le choix, sinon l’envie, d’aller à Tel Aviv dernièrement, c’est peut-être aussi parce que - plus encore que la canicule - des articles comme celui de Martine Gozlan contribuent à rendre l’air particulièrement irrespirable en France.

Toujours est-il que si je décidais d’aller vivre en Israël, ce serait de manière librement consentie. Avec la certitude que je ne choisis pas entre « la valise et le cercueil » mais entre l’avenir – avec un grand A – et la décadence d’un continent vieillissant qui aura préféré se lier à l’obscurantisme pour se prouver qu’il existe, face à « l’Amérique triomphante ».

Des propos comme ceux que je lis ou que j’entends à l’heure actuelle me donnent plutôt envie de m’incruster... mais pas pour les mêmes raisons. Car l’Alyah ne doit pas être interprétée comme un abandon. Il s’agit d’une aspiration à un autre mode de vie qui, même s’il revêt provisoirement la forme d’un mur, se construit aujourd’hui sur un mélange douloureux fait de courage et de sacrifice plus que de lait et de miel.

L’Alyah n’est pas une fuite survenant à un moment devenu intolérable, mais l’aboutissement d’une réflexion, qu’elle soit historique, philosophique, ou religieuse : celle qui lie de façon indissociable le peuple juif à sa terre ancestrale. Elle constitue et doit demeurer un choix, pas un “fantasme”. À la différence de celui, éphémère, des « Juifs de salon ». À la première rumeur du moindre danger, ils courent se planquer derrière un mur illusoire: celui dont ils pensent qu’il leur apporte une protection.

Le mur du con.


Albert Capino


(1) : http://www.lemonde.fr/imprimer_article_ref/0,5987,3209--330361,00.html
(2) : http://www.lemonde.fr/imprimer_article_ref/0,5987,3209--330066,00.html
(3) : http://www.mrap.asso.fr/article.php3?id_article=536


« Supercherie » ?

07.08.2003 - Libération des prisonniers palestiniens : la “supercherie” n’émane pas de la part de ceux dont on voudrait bien nous le faire croire...

Tout d’abord, une précision : la liste des prisonniers libérables ne comportait pas au départ de membres du Hamas ou du Jihad islamique. Mais devant l’insistance des Etats-Unis pour « asseoir » l’autorité de Mahmoud Abbas et du Premier ministre palestinien qui faisait état des risques d’une guerre civile menaçant les négociations de paix, Israël a révisé sa liste.

Une centaine de prisonniers faisant partie des mouvements radicaux y ont été incorporés. Pas ceux qui avaient du sang sur les mains, soit, mais tout de même ceux qui avaient fait serment d'allégeance à des organisations dont le but avoué est la destruction de l’Etat d’Israël.

Pas étonnant dès lors qu’on leur ait demandé de s'engager par écrit à "s'abstenir d'activités hostiles" à Israël.

Supercherie 1 : la déclaration aux médias d’un officier de la Force 17 palestinienne, remis en liberté au barrage de Tulkarem, précisant qu'il avait signé un document dans lequel il « s'engagerait à renoncer au terrorisme », tout en soulignant que « la lutte contre l'occupation était un droit légitime et non une forme de terreur ».

Ceci laisse déjà augurer du sérieux avec lequel les prisonniers libérés entendent respecter leur engagement...

Supercherie 2 :Pendant ce temps, les infrastructures terroristes se renforcent. Entraînement à ciel ouvert dans des camps à Bureij (bande de Gaza) sous les drapeaux du Jihad islamique, importation d’armes en contrebande depuis la frontière égyptienne, perfectionnement et fabrication de roquettes Qassam par le Hamas.

Supercherie 3 :Le Fatah, quant à lui, fait pression pour lancer à nouveau des opérations meurtrières (deux attentats revendiqués depuis le cessez-le feu par les « brigades des martyrs d’Al Aqsa », bras armé du Fatah, dont un contre une femme et ses enfants) et s’oppose au transfert à Jéricho des 18 terroristes hébergés à la Muqata’a et protégés par Arafat depuis le mois d’avril 2002.
L’un d’entre eux, Kamal Ghamen, a notamment tenté d’organiser DEPUIS L’ENCEINTE DE LA MUQATA’A un attentat en Israël APRÈS le cessez-le-feu en planifiant une attaque-suicide par deux femmes dans une discothèque de Tel-Aviv.

Pour ceux qui se demandent encore à quoi servent les « incursions » de l’armée israélienne et les arrestations de suspects, le drame a été évité grâce aux déclarations d’Issam Faroukh, membre de l'équipe de « préparation » arrêtée il y a une dizaine de jours.

Supercherie 4 : Le Hamas déclare aux médias – qui relaient volontiers cette contre-vérité, sans y apporter le moindre démenti – « la feuille de route requiert l'application d'un plan précédent qui prévoyait la libération de ‘tous les Palestiniens arrêtés lors d'opérations de sécurité sans liens avec des activités terroriste’ ».
La feuille de route ne fait AUCUNE MENTION de la libération de ces prisonniers. (lire le texte intégrale)

Une fois de plus, on le voit, l’Autorité palestinienne tente de tirer profit de la libération de prisonniers en donnant un maximum de portée médiatique dans plusieurs buts :

1- minorer l’importance du geste de bonne volonté israélien
2- inculquer des contre-vérités quant au contenu de la « feuille de route »
3- fragiliser le pouvoir de Mahmoud Abbas
4- tenter de replacer Arafat aux commandes
5- renforcer les infrastructures terroristes
6- motiver à l’avance la reprise d’attaques et d’attentats

Intifada III, le retour ? Pour les factions radicales, il n’a jamais été question de « trêve » au sens étymologique du terme. La « Hudna » n’est qu’un prétexte, une tactique pour rafraîchir les troupes, leur redonner des forces et les préparer à un nouvel assaut.

Il y a la forme et le fond. Confondre ces paramètres équivaut à tenter d’apprivoiser un serpent venimeux. De Jakarta à Bilbao, d’Ajaccio à Hambourg PERSONNE n’est à l’abri. Il serait temps que nos dirigeants s’aperçoivent que la menace déborde très largement du microcosme proche-oriental. Tant que les instances qui participent à l’application de la « feuille de route » et les grandes puissances se laisseront berner par les apparences sans s’attaquer simultanément au fond du problème – c’est à dire le démantèlement des infrastructures du terrorisme international – le monde restera exposé aux tentatives d’organisations telles qu’Al Qaïda d’imposer leur loi, par tous les moyens : depuis les cutters utilisés dans les avions du 11 septembre, jusqu’aux ogives non-conventionnelles que l’Iran se prépare à obtenir de la Corée du Nord.


Albert Capino


« Loi ségrégationniste » ?
02.08.2003 - Le Monde, Libé, L’Est Républicain, le Nouvel Obs, s’accordent pour fustiger la « loi ségrégationniste » votée par la Knesset, empêchant des Palestiniens épousant des arabes israéliens d’acquérir la nationalité israélienne.

Comparons la procédure pour un cas similaire en France. Un Algérien souhaiterait épouser une Française, puis acquérir par extension la nationalité française.

Dans un premier temps, il lui faudrait obtenir la validation d’un visa pour un séjour prolongé en France. Puis, faire une demande pour détenir une carte de séjour. Des garanties à la fois morales et financières seraient exigées à ces fins de la part de la partie française qui devrait se porter caution. En aucun cas, la nationalité ne serait accordée au postulant de manière automatique du seul fait de son mariage.

Les médias cités plus haut, qui poussent des cris d’orfraie à la seule mention d’Israël taxé « d’apartheid » et de « ségrégationnisme », savent-ils seulement que le « service des étrangers » de la Préfecture de Police demande à tous les détenteurs d’une carte de séjour de pointer régulièrement, même pour ceux mariés à des Français, y compris pour ceux qui ont des enfants ?

J’ai eu personnellement le dossier de plusieurs couples dans ce cas entre les mains. En attente d’obtention de la nationalité française, ils s’entendent inlassablement répéter : « Repassez dans 3 mois, votre dossier est toujours en instance ». Et cela dure depuis dix ans pour certains d’entre eux « de peur qu’ils aient fait un mariage blanc pour obtenir la nationalité » argumente la Préfecture. Blanc ? Avec un travail régulier, des fiches de paie, un loyer et des impôts payés rubis sur l’ongle, une vie sans problèmes depuis dix ans et des enfants scolarisés ? Il est vrai que leur peau à eux n’est pas blanche... Vous avez dit « loi ségrégationniste, apartheid » ? Allô, le MRAP ? Comment appelle-t-on ça, en France ?

Voici ce que Jacques Tarnero écrivait déjà en 1995 :
« Le racisme » / Les questions de l’immigration © Editions Milan 1995

... Dès 1982, le chômage croissant et les crises urbaines mettent en relief la précarité de la cohésion sociale et la marginalisation des jeunes issus de l'émigration.

La crise sociale qui frappe les pays développés, dont la France, ne fait qu'alimenter une xénophobie transformée en machine de guerre politique.

L'affaire du voile islamique (...) a mis en lumière la complexité de ces questions, où se mêlent des éléments contradictoires: rétraction sur l'identité religieuse du côté immigré/musulman, manipulation par les mouvements islamistes, toile de fond xénophobe anti-arabe, exclusion sociale.

http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/enfrance-2.html

Or, en Israël, la situation est bien différente. Il ne s’agit ni d’exclusion liée à des motifs politiques, ni de ségrégation.

Le ministre chargé des relations avec le Parlement, Gidéon Ezra, a donné un éclairage particulièrement clair à la nouvelle loi à la radio publique israélienne : "trente Israéliens ont été tués par des Palestiniens ayant obtenu par mariage la citoyenneté israélienne".

La crainte d’extension du phénomène du « Cheval de Troie » s’intensifie donc ces derniers temps, dans un contexte singulièrement dangereux. Ainsi, les animateurs d’une « colonie de vacances » en territoire israélien incitant des enfants arabes israéliens à la haine et au suicide ont été arrêtés [voir « Vacances pour tueurs »].

"Le phénomène a pris des allures incontrôlables, avec plus de 100 000 Palestiniens de Judée-Samarie (Cisjordanie) et de la bande de Gaza qui ont obtenu une carte d'identité israélienne depuis les accords d'Oslo en 1993", a ajouté M. Ezra.

Dans le même temps, le député arabe israélien Ahmed Tibi siégeant à la Knesset recommande aux Palestiniens d'exiger un Etat binational occupant tout le territoire de l’Etat d’Israël.

Ce à quoi nos médias ne trouvent rien à redire... Et c’est la France qui se veut donneuse de leçons ?


Albert Capino

N.B: Israël compte aujourd’hui 1,5 million d’habitants arabes possédant la nationalité israélienne. Soit 25% d’une population de 6 millions d’habitants.
Par comparaison, cela équivaudrait en France à doter 15 millions d’habitants - par exemple d’origine maghrébine - de la nationalité française pratiquement sans la moindre formalité.


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